Juan Martin Del Potro va mieux. Son poignet droit opéré, il peut envisager son retour à la compétition. Mais pour cela, il faut être au calme. JMDP a donc décidé d'acheter sa rue, à Tandil. Erreur. Pour être au calme, il y a mieux. Toute la municipalité, qui avait accueilli en héros le vainqueur de l'US Open 2009, en est chamboulée. Elle lui avait symboliquement donné les clefs lors d'une cérémonie en grandes pompes. Elle se déchire aujourd'hui sur le droit du champion à modifier le cadastre.

Juan Martin Del Potro en fait-il trop pour sa sécurité ? Pour l'instant, l'Argentin n'en fait surtout pas assez sur les courts. Perturbé, blessé, celui que l'on surnomme la "Tour de Tandil" a fixé un objectif pour son grand retour à la compétition : la Coupe Davis, face à la France. C'est dans l'inconnu qu'il plongera en France (à Toulouse, Pau, Lyon, Metz ou Montpellier selon la décision de la FFT le 21 juillet, ndlr) s'il se décide à quitter son Tandil natal. On l'a dit angoissé, puis simplement trop diminué et déprimé par les blessures. Il a surtout manqué au circuit au moment où le top 10 a connu lui-même a traversé une zone de turbulences.

ATP Tour
Del Potro opéré du poignet
04/05/2010 À 13:45

Il avait joué diminué la finale de la Coupe Davis en 2008, à domicile, face à l'Espagne (1-3) privée elle-même de Rafael Nadal. On imagine qui lui tient à coeur de faire bonne figure dans l'épreuve à l'avenir. Là, précisément, elle lui permettrait de se mettre dans le rythme pour son retour à la compétition. Loin de Tandil, à Toulouse, cela sera plus facile. Découvrez la polémique du moment dans sa ville :

DEL POTRO ET TANDIL

"Ce jeune homme est en train de faire connaître Tandil dans le monde entier", avait alors dit le maire Miguel Angel Lunghi, après sa victoire à New York. Une "rue" plus loin, d'autres voix sont discordantes :

"Nous ne sommes pas du tout d'accord avec ceux qui pensent que cette rue ne concerne que ceux qui vivent dedans : cette rue appartient à tout citoyen voulant l'emprunter", déclare à l'AFP Ana Fernandez, de l'ONG Assemblée citoyenne pour la défense des vallons. Ana Fernandez défend le paysage entourant cette ville et déplore "les exceptions permanentes" qui selon elle sont faites au plan destiné à la préserver. Ces exceptions sont réservées "à quelques privilégiés ou aux spéculateurs, qui cherchent à exploiter la beauté de ces vallons", dit-elle.

Le parti radical, au pouvoir dans la ville, a imposé la décision en faveur du plus célèbre des enfants de Tandil. Mais l'opposition péroniste et Pro (droite libérale), ainsi que des défenseurs de l'environnement, s'y sont fermement opposés. Ceux qui ont été favorables à la vente, pour 14 dollars le m2, assurent en revanche que la mesure est parfaitement légale. "Il existe une Loi d'unification des domaines", explique Maria Haydée Condino, conseillère municipale radicale.

"Ce n'est pas la première fois qu'on vend une rue à Tandil. Il y en a eu deux déjà cette année : ce sont des rues tracées, certes, mais où on ne circule pas". Pour elle, "on fait des misères à la famille Del Potro, de manière tout à fait gratuite". Mme Condino dément que Del Potro ait menacé de quitter la ville si sa famille n'obtenait pas l'autorisation de privatiser la rue de sa demeure, comme l'insinuent ses détracteurs.

"Nous considérons Del Potro comme une personnalité de Tandil", explique de son côté le conseiller municipal Antonio Ferrer, qui répond au parti de la présidente péroniste Cristina Kirchner. "Mais nous ne pouvons pas privilégier tel ou tel nom lorsque nous appliquons une règle". Pour lui, cette vente "établit un précédent dangereux, car d'autres habitants pourront exiger à leur tour d'être autorisés à acheter un espace public, que ce soit une rue ou même une place".

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