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Benneteau, ou l'art de déminer

Benneteau, ou l'art de déminer
Par AFP

Le 17/04/2019 à 17:58

FED CUP - Après ses débuts réussis face à la Belgique, Julien Benneteau poursuit, face à la Roumanie en demi-finale (20-21 avril à Rouen), son travail de reconstruction d'une équipe minée par les chamailleries pendant deux ans.

Benneteau, acte II. En imprimant un style marqué par une grande diplomatie, le capitaine de l'équipe de France de Fed Cup est déjà devenu le maître d'oeuvre du retour en Bleue de Caroline Garcia pour le quart de finale en février face à la Belgique. Le Bressan a montré d'entrée une habileté idoine pour son nouveau poste.

Le challenge était risqué tant l'animosité entre les deux ex-partenaires de double Caroline Garcia et Kristina Mladenovic, elle aussi convoquée à Liège, paraissait féroce. La brouille avait même fracturé le groupe avec le désormais célèbre triple "LOL" posté sur twitter par le trio Cornet-Parmentier-Mladenovic après le forfait de Garcia face à l'Espagne en avril 2017.

Il a renoué peu à peu avec le clan Garcia

Le choix de la numéro 1 française de se consacrer à sa carrière en simple et de mettre entre parenthèse l'équipe de France avait provoqué cette crise plombant les Bleues pendant deux saisons. Mais Julien Benneteau, profitant de l'élan de sa nomination, a su renouer les liens et remettre de l'ordre dans cette équipe, le tout sans se montrer autoritaire. Un petit tour de force. "Cela ne me surprend pas. Il sait doser les choses. Il n'avance pas brut de décoffrage", estime Camille Pin, ex-joueuse et ex-chroniqueuse sur Eurosport.

Pendant plusieurs mois, juste après sa nomination à l'été 2018, Julien Benneteau a fait le chemin vers le clan Garcia, en discutant notamment avec son père et entraîneur, ce que son prédécesseur, Yannick Noah, n'avait pas fait. Sans avoir la garantie de sa venue, il a décidé de la convoquer contre Liège et la Lyonnaise est venue. S'il a servi de médiateur pour que les filles effacent leurs différends une fois réunies à Liège, il a aussi su s'effacer pour que le travail se fasse entre elles.

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02:27

Une finale pour valider la méthode ?

"C'est quelqu'un de très sensible. Il fait preuve de beaucoup de tact. Il connaît le tennis sur le bout des doigts. C'est un charisme, une intelligence de management. Le fait qu'il ait pu faire revenir Caro, c'est dû à ses capacités-là. Il a un côté affect fort mais qu'on ne voyait pas forcément peut-être sur le terrain", assure Camille Pin. Sourires, embrassades, victoires... Tout s'est bien passé à Liège mais voilà. Caroline Garcia a mis le frein à main après son week-end réussi en laissant planer le doute sur la suite. Retour à la case départ ? Pas vraiment.

"Je n'étais pas plus inquiet que ça", a-t-il assuré le jour de l'annonce de la sélection pour la demi-finale, dans laquelle figure bien de nouveau Garcia. "J'ai laissé faire les choses". Une manière subtile d'expliquer qu'il n'a rien forcé sans rien céder, et que ce genre de choses ne risque pas de le perturber. "Il ne va pas s'affoler et je pense que c'est une qualité qu'il tire de son passé de sportif de haut niveau, de ne pas se laisser embarquer quand il y a un événement qui ne roule pas comme on veut", analyse Camille Pin.

Le sujet Garcia n'en est désormais plus un. En tout cas pour l'instant. Face à la Roumanie emmenée par la numéro 2 mondiale Simona Halep, Julien Benneteau va devoir solidifier ce tout nouvel équilibre. Mais les fondations semblent a priori posées. "Ce n'était pas facile son premier acte, et il est d'ores et déjà gagné. Ce qui est important c'est ce qu'il a fait sur le premier rendez-vous. Après ce sera du tennis", estime Camille Pin. Une qualification en finale cimenterait un peu plus ce travail.

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