Ses fans en font encore des cauchemars. Lui, non. Est-ce que, pour Roger Federer, la défaite en finale de Wimbledon contre Novak Djokovic en 2019, 13-12 (!) au 5e set, a été plus difficile à digérer que d'autres ? Oui. Mais ce n'est pas pour autant que le Suisse y pense tous les jours. Moins que ses supporters en tout cas, toujours hantés par ces deux balles de match non converties à 8-7, 40-15, dans la manche décisive.
Dans un entretien accordé au magazine Numéro Homme cette semaine, Federer assure avoir appris à gérer l'échec. Le privilège de l'âge. "Quand j'étais jeune, explique-t-il, je n'étais même pas en colère quand je perdais, mais extrêmement triste." Comme tout, la défaite s'apprivoise. "C'est de mes défaites que j'ai le plus appris Le plus important c'est de ne pas y accorder une importance émotionnelle trop forte, ne pas se juger à tout prix. Analyser, comprendre. Certains pensent pendant des jours et des nuits aux coups qu'ils ont ratés. Moi, j'ai choisi d'analyser très vite. Ça m'aide à passer à autre chose."
ATP Gstaad
Gaston s'offre Garin, Rinderknech sorti par Djere
IL Y A 3 HEURES
Je ne vais pas revenir pour jouer des seconds tours dans un coin paumé
Mais il y a coup raté et coup raté. Défaite et défaite. Comment se relever d'une finale perdue à Wimbledon après un combat homérique, en étant passé à une petite frappe de balle du titre ? De la même manière, jure le Bâlois : "Maintenant, je n'ai besoin que d'une demi-heure pour me remettre d'une défaite, une heure peut-être s'il s'agit de la finale de Wimbledon. Des fans m'ont parlé de cette défaite pendant des semaines sur le web. Et encore aujourd'hui, ça arrive. Je me dis 'Quoi, ils y pensent encore ?' Mais je comprends."

Federer à Wimbleodn en 2019.

Crédit: Getty Images

Dans cette interview, le vingtuple vainqueur en Grand Chelem évoque également sa drôle d'année 2020, entre confinement et repos forcé pour se faire opérer deux fois du genou. Il n'a pas passé trop de temps devant la télé. "J'étais trop occupé à devenir le quarterback de la famille, pour une fois, rigole-t-il. Dans ma vie tennistique, je prends les grosses décisions et des gens gèrent le quotidien à ma place." Il a donc plutôt apprécié cette période, ou en tout cas certains changements : "Dans ma vie normale, tout s'improvisait en fonction des résultats. Je partais souvent à la dernière minute, je sortais mes affaires et je les refaisais dans la foulée. Là, j'étais vraiment ravi de piloter des détails avec ma femme."
Côté tennis, quelques semaines après son retour à Doha, Roger Federer l'avoue, s'il tente un nouveau comeback après treize longs mois d'absence, c'est dans l'espoir de pouvoir jouer un rôle majeur sur les grands tournois. "Je ne vais pas revenir pour jouer des seconds tours dans un coin paumé", résume le Suisse, qui fêtera ses 40 ans le 8 août prochain.

Di Pasquale: "Comme si Federer prenait le chemin pour faire un dernier gros coup"

Tokyo 2020
Les Williams et Paes attendent la relève : les stats marquantes du tennis aux JO
IL Y A 3 HEURES
Tokyo 2020
"On est dans le même bâtiment, non ?" : Quand Djokovic rencontre l'équipe du Salvador
IL Y A 6 HEURES