A 35 ans, il court toujours. Malgré l'accumulation des pépins physiques ces dernières années et une chute progressive au classement (il est désormais 85e joueur mondial), Richard Gasquet continue à assouvir sa passion pour le tennis sur le circuit dans une année qui l'aura vu, entre autres, affronter Rafael Nadal à Roland-Garros, Roger Federer à Wimbledon ou encore Daniil Medvedev à l'US Open. Cette semaine, il participe même au tournoi Challenger de Rennes à l'échelon inférieur. Et avant son quart de finale vendredi, il s'est confié à son compatriote et ami Nicolas Mahut lors d'un live Instagram organisé par "We Are Tennis".
Au cours de cet échange, Gasquet a d'abord évoqué ce qui le poussait à continuer à voyager sur le circuit, alors que ses meilleures années sont désormais derrière lui. "Le plaisir du jeu tout simplement. Même quand j'arrêterai ma carrière - que ce soit à la fin de l'année, au début de l'année prochaine ou la fin de l'année prochaine, tout peut arriver -, je sais que je jouerai toujours, que je m'amuserai avec les amis. Pour le moment, je sens que je suis encore compétitif, que je peux battre des joueurs du Top 100. Tant que je peux jouer quatre tournois du Grand Chelem par an (en intégrant directement les grands tableaux, NDLR), je continuerai", a-t-il indiqué.
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Face au "Big 3", il a manqué de points gratuits

Depuis vingt ans qu'il arpente le circuit, le natif de Béziers, qui compte plus de 560 victoires à son actif, a connu quelques bas - notamment ce match face à Roger Federer en finale de Coupe Davis en 2014 à Lille qu'il a eu du mal à digérer : "Je n'ai pas réussi à enflammer le truc, on peut perdre, mais je n'avais pas réussi à donner de l'émotion aux 28000 spectateurs" -, mais aussi des hauts. Trois demi-finales de Grand Chelem (Wimbledon 2007 et 2015, US Open 2013) et une 7e place mondiale notamment, de quoi peut-être nourrir quelques regrets de ne pas avoir décroché la timbale en Majeurs dans ses meilleures années.

Gasquet n'a pas démérité mais Medvedev était (bien) trop fort : le résumé

Il est vrai que Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic n'ont pas laissé beaucoup de place aux autres depuis Wimbledon 2003 (premier titre du Grand Chelem du Suisse), mais certains comme Andy Murray ou Stan Wawrinka (trois Majeurs chacun) ont su contester ponctuellement cette hégémonie. Souvent critiqué, à tort ou à raison, pour un déficit d'investissement dans le travail physique par rapport à ces monstres, Gasquet a une autre idée de ce qui lui a manqué pour viser plus haut.
"On a beaucoup parlé de mon coup droit que je ne frappais pas assez à plat. Mais je pense vraiment que le service m'a handicapé pour battre des énormes joueurs (il a toujours perdu contre Nadal, gagné 2 fois sur 21 contre Federer, une fois sur 15 contre Djokovic, NDLR). Un gros service - un peu à la Jo (Tsonga) - m'aurait ouvert beaucoup de perspectives", a-t-il ainsi analysé. Une remarque d'autant plus pertinente que face à un "Big 3" si solide en fond de court, bénéficier d'un tel coup pour obtenir des points gratuits et économiser son énergie, surtout au meilleur des cinq sets, est un atout considérable.
J'aurais aimé avoir un Sergi Bruguera ou un Sébastien Grosjean à 16 ou 17 ans comme coach
Surexposé médiatiquement dès son plus jeune âge avec cette fameuse couverture de Tennis Magazine à 9 ans, Gasquet n'a pas caché ces dernières années avoir eu du mal à gérer ces attentes. Mais il a aussi tenu à mettre les choses au point quand le rôle de son père au début de sa carrière a été évoqué : non, il n'a pas échoué à atteindre les plus hauts sommets à cause de lui. "C'est très français ça, mais c'est idiot. Est-ce qu'on se demande si Toni, l'oncle de Rafa (Nadal), n'a pas été néfaste pour lui ? Et la mère d'Andy Murray, les pères de Stefanos Tsitsipas et Alexander Zverev ?", a-t-il fait remarquer.

Richard Gasquet et Sergi Bruguera à l'entraînement à Roland-Garros en 2017

Crédit: Getty Images

En revanche, il aurait aimé profiter plus tôt dans sa carrière de l'expertise de coaches qui l'ont marqué. "Je pense que j'aurais aimé avoir un Sergi Bruguera ou un Sébastien Grosjean à 16 ou 17 ans comme coach." Pour faire la transition entre son statut de jeune prodige et les affres du circuit professionnel, ce type d'expérience aurait pu lui profiter. Et Gasquet d'évoquer un binôme qui fait l'actualité dans cette perspective.
"Je suis sûr, par exemple, que Juan Carlos Ferrero fait gagner beaucoup de temps à Carlos Alcaraz", a-t-il observé. Il faut dire qu'à 18 ans, l'Espagnol affiche d'ores et déjà un quart de finale à l'US Open à son actif. D'ailleurs, Gasquet avait pu se rendre compte du potentiel du phénomène, lors de leur duel en finale d'Umag en juillet dernier (victoire 6-2, 6-2 d'Alcaraz, NDLR). Quant à la relève en France, il a fait part de son envie d'aider les Ugo Humbert, Hugo Gaston et autres Corentin Moutet à s'affirmer. Une manière de passer le témoin, tout en continuant à faire son bonhomme de chemin, celui d'un passionné de tennis avant tout.
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