Après quatre ans seulement à la tête de la Fédération française de tennis (FFT), la plus puissante fédération sportive en termes financiers, Bernard Giudicelli va passer le relais à son opposant Gilles Moretton samedi à l'issue d'un vote en assemblée générale. Au terme d'une campagne tendue, dont Giudicelli et Moretton étaient les deux seuls protagonistes, le résultat est connu avant même le vote officiel en raison du mode de scrutin : la majorité des grands électeurs (délégués des ligues et des comités départementaux) sont acquis au second.
L'ancien joueur, âgé de 63 ans, prendra la tête d'une instance au budget pharaonique, gonflé par sa poule aux oeufs d'or : Roland-Garros. En 2019, la FFT s'est appuyée sur un budget de 325 millions d'euros, ce qui en a fait de loin la fédération française la plus riche. Sur ce total, 255,4 millions d'euros proviennent de Roland-Garros. En 2020, avec la pandémie de Covid-19, la billetterie a été ramenée à 3% de ce qu'elle représente d'habitude.

Bernard Giudicelli, le président de la Fédération française de tennis.

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Forcément, il y a eu un impact financier que le directeur général de la FFT Jean-François Vilotte avait évalué "à 80 à 100 millions d'euros", soulignant que les comptes étaient "à peu près équilibrés." "Ce qui est absent au rendez-vous de l'édition automnale (Roland-Garros a été décalé à fin septembre-début octobre 2020 en raison de la pandémie, NDLR), c'est la marge qui permet, d'année en année, de financer le développement du tennis en France". "Ce ne sont pas les aides de la Fédération qui, jusqu'à présent, nous ont fait vivre, c'est plutôt le fruit de nos cotisations, de nos subventions, de nos partenaires", assène le président du prestigieux Nice LTC, Franck Balabanian, membre de la ligue Provence-Alpes-Côte-d'Azur favorable à Moretton.

Un mandat contesté

Ce dernier estime devoir répondre à "un triple échec de notre fédération". Dans un entretien avec l'AFP en mai dernier, il évoquait un "échec humain", car "une fédération est là pour rassembler et aujourd'hui c'est une fédération divisée", un échec d'image car "ce n'est plus l'image du tennis à la mode comme il l'était dans les années 80-90", un échec en terme de licenciés puisqu'"on arrive en fin de mandat et on n'a jamais été aussi bas en nombre de licences" (972.000 réparties entre 7.500 clubs). Sans oublier de souligner qu'il a fait condamner son adversaire en justice pour diffamation, ce qui "crée forcément du discrédit pour la Fédération".
Quant au haut niveau, "il faut inverser la tendance, passer de la logique actuelle qui est une logique de sélection, à une logique de formation", estime Moretton. Le tennis français attend un vainqueur de Grand Chelem depuis Yannick Noah en 1983 et Marion Bartoli en 2013.
Dans un entretien à Corse Matin mercredi, Bernard Giudicelli insiste pourtant sur sa fierté d'avoir "mis la DTN (Direction technique nationale) sur le chemin de la gagne. D'avoir favorisé l'éclosion des Gaston, Humbert et quelques autres, les trois titres mondiaux juniors d'affilée, ce qui ne s'était jamais produit dans l'histoire du tennis français". "Il y a aussi et surtout, la modernisation du stade de Roland-Garros, un dossier que j'ai conduit depuis 2009, jusqu'à le mener à son terme et à en faire un stade olympique", souligne-t-il, en considérant être victime d'une campagne "tout sauf le Corse".
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