Voilà qui pourrait peut-être faire bouger les lignes. Au-delà de son état de santé et de ses espoirs d'ultime come-back, Roger Federer est un observateur attentif des vicissitudes du monde de la petite balle jaune et de son fonctionnement. Jusqu'ici, il ne s'était pas exprimé sur les problèmes traversés depuis quelques mois par Naomi Osaka qui avait mis sur la table, maladroitement certes à Roland-Garros avant son forfait, le sujet tabou de la santé mentale des sportifs de haut niveau. C'est désormais chose faite : quelques jours après sa sortie en quart de finale de Wimbledon, le Suisse a accordé un entretien à l'édition britannique de GQ qui a été publié ce lundi.
De la haine déversée contre les joueuses et joueurs sur les réseaux sociaux aux relations avec la presse, Federer a balayé les défis de la communication moderne autour du tennis. "Pendant les dix premières années de ma carrière, il n'y avait pas de réseaux sociaux, peut-être que j'avais juste un site internet. Et les dix années suivantes, les réseaux sociaux étaient partout. (...) Je ne peux pas imaginer comment j'aurais géré ça au début de ma carrière. Pour 10 commentaires sous une publication, il y en a un négatif et, bien sûr, on se concentre dessus. C'est assez horrible. Nous devons nous rappeler que les athlètes sont des professionnels, mais aussi des êtres humains", a-t-il considéré.
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As de la conférence de presse, Federer critique sa généralisation

Régulièrement, certains noms des circuits féminin et masculin ont partagé ces derniers temps les attaques et insultes dont ils étaient la cible sur les réseaux sociaux, notamment après une défaite. Le phénomène s'est accentué avec la prolifération des sites de paris sportifs en ligne, certains internautes profitant de leur anonymat pour déverser leur haine et rendre responsables les joueuses et joueurs sur lesquels ils ont parié de leurs pertes financières.

Federer : "La rééducation se passe vraiment bien, je n'ai pas eu de contre-temps"

Au-delà de ce problème de fond, Federer a également abordé le sujet des relations avec les médias, et le sujet épineux de la conférence de presse. Particulièrement à l'aise dans l'exercice tout au long de sa carrière, jonglant fréquemment d'une langue à l'autre (en anglais, français ou suisse-allemand), il a néanmoins estimé que le format n'était pas totalement satisfaisant. "Je crois que je suis un des athlètes qui a fait le plus de conférences de presse et je suis d'accord (avec Naomi Osaka, NDLR) : c'est toujours pareil. Toujours", a-t-il constaté.

Vers une table ronde sur les relations joueurs-médias ?

Le Bâlois ne plaide pas pour autant pour sa suppression, mais il estime que cette situation ne peut plus durer. Reconnaissant le rôle primordial des médias dans l'exposition du sport, il appelle donc à une réforme qui ne ressemble pas pour autant à une censure : une table ronde avec tous les acteurs concernés. "Je pense que les joueurs, les tournois, les journalistes, tous autant que nous sommes, nous devons nous réunir et nous dire : 'Ok, voilà ce qui pourrait fonctionner pour vous, et pour nous...' Nous avons besoin d'une révolution. Ou au moins d'une évolution par rapport à ce qui se passe aujourd'hui."
Reste à savoir si cet appel vibrant de la plus grande star du tennis mondial ne restera pas lettre morte. Voici un peu plus d'un an, le même Federer avait appelé de ses voeux une fusion de l'ATP et de la WTA. Depuis, cette perspective semble toujours bien lointaine.
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