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Avant l’US Open, répétition générale dans l’Ohio pour les cadors

Avant l’US Open, répétition générale dans l’Ohio pour les cadors

Le 11/08/2019 à 18:43Mis à jour Le 12/08/2019 à 17:11

MASTERS 1000 CINCINNATI - A 15 jours du coup d’envoi de l’US Open, Novak Djokovic et Roger Federer, finalistes à Wimbledon, reprennent du service dans l’Ohio. L’occasion de jauger le niveau des meilleurs avant d’aborder la dernière levée du Grand Chelem à partir du 26 août prochain. Ce tournoi se fera une nouvelle fois sans Rafael Nadal qui a décidé de faire l'impasse après son sacre à Montréal.

WESTERN & SOUTHERN OPEN

Catégorie : Masters 1000
Pays : Etats-Unis
Dates : 11-18 août
Surface : Dur
Dotation : 6 056 280 dollars
Tenant du titre : Novak Djokovic
Joueur le plus titré : Roger Federer (7 sacres : 2005, 2007, 2009, 2010, 2012, 2014, 2015)

Cincinnati est incontestablement l’un des berceaux du tennis américain. L’épreuve a connu sa première édition à la toute fin du XIXe siècle en 1899, soit 18 ans seulement après l’US Open. Mais elle se targue d’être demeurée à ce jour "le plus vieux tournoi aux Etats-Unis encore joué dans sa ville d’origine". Seulement une trentaine de kilomètres séparent ainsi l’Avondale Athletic Club, son site d’origine correspondant actuellement à l’université jésuite Xavier de Cincinnati, du Lindner Family Tennis Center (en hommage à l’homme d’affaires milliardaire Carl Lindner Jr. dont l’entreprise a été l’un des sponsors du tournoi) à Mason où se déroule depuis 1979 la compétition.

En s’y installant, le tournoi a aussi changé définitivement de surface, passant de la terre battue originelle au dur (Decoturf II). Le site est l’un des plus impressionnants du circuit. A l’exception des quatre Grands Chelems, il est le seul à disposer de plus de deux grands courts fixes : au central, qui peut accueillir 11435 spectateurs, et au Grandstand (5000 places), viennent s’ajouter le numéro 3 (3500 places) et le numéro 9 (2500 places), tous éclairés pour les "night sessions". En tout, le complexe est composé de 16 courts dont 8 peuvent accueillir simultanément des matchs pendant la compétition.

Le court central de Cincinnati la nuit en 2018

Le court central de Cincinnati la nuit en 2018Getty Images

Par son histoire et son développement au fil des ans, le Masters 1000 de Cincinnati a acquis un certain prestige, malgré l’esthétique particulière de son trophée créé en 2010, la "Rookwood Cup" en forme de vase avec un socle en noyer où sont inscrits les noms des champions sacrés dans l’Ohio. Y figurent rien que dans l’ère Open Ken Rosewall, Jimmy Connors, Ilie Nastase, John McEnroe, Ivan Lendl, Mats Wilander, Boris Becker, Pete Sampras, Andre Agassi, ainsi que les quatre membres de l’ex-"Big Four" du tennis contemporain. Roger Federer a d’ailleurs été couronné à sept reprises à Cincinnati, un record.

Les forces en présence

Andre Silva, le directeur du tournoi depuis 2016, peut se frotter les mains : Cincinnati accueille cette année tout le gratin du tennis mondial. Absents à Montréal la semaine dernière, les protagonistes de l’épique finale de Wimbledon, Novak Djokovic et Roger Federer, font leur grand retour à la compétition. Les deux hommes ne retrouveront pas leur grand rival Rafael Nadal. LEspagnol s'est imposé à Montréal et a décidé de faire une nouvelle fois l'impasse. Deux ogres sur trois : cela comblerait de bonheur n’importe quel organisateur malgré tout.

Mason mettra également en scène la deuxième vie en simple d’Andy Murray, sept mois après ses larmes de Melbourne et son opération à la hanche. Si l’Ecossais n’a pas de réelle ambition, sinon celle de retrouver de bonnes sensations, son niveau de jeu sera particulièrement scruté. Eliminés d’entrée à Montréal, Stefanos Tsitsipas et Nick Kyrgios chercheront à rebondir, tout comme Dominic Thiem, affaibli par un rhume face à Daniil Medvedev au Québec. On guettera aussi avec curiosité le niveau de jeu de Marin Cilic, apparu en progrès lors de ses dernières sorties. Côté français, Gaël Monfils espère notamment confirmer son retour en forme, si sa cheville le laisse tranquille.

Le tableau

Le tirage au sort a réservé un sacré clin d’œil du destin à Richard Gasquet. Alors que le Biterrois a été lui-même éloigné des courts plusieurs mois après une intervention chirurgicale (hernie inguinale), il sera le premier adversaire d’Andy Murray qui retrouve la compétition en simple. Le vainqueur défiera au 2e tour Dominic Thiem qui entrera en lice à ce stade comme les 7 autres premières têtes de série. Parmi les matchs du 1er tour notables, Grigor Dimitrov tentera de prendre sa revanche sur Stan Wawrinka, vainqueur de leur duel au Canada.

Touché à la cheville à Montréal, Fabio Fognini croisera le fer avec Denis Shapovalov avant de potentiellement affronter Lucas Pouille, si ce dernier se défait d’un qualifié. Pierre-Hugues Herbert n’aura pas la tâche facile contre Sam Querrey, revenu en forme à Wimbledon après des mois de doute. S’il s’en sort, il aura le redoutable honneur de défier le tenant du titre Novak Djokovic qui partage la partie haute du tableau avec Roger Federer, ce qui exclut une nouvelle finale entre les deux hommes. Le Suisse entrera, de son côté, en lice contre Matteo Berrettini ou Juan Ignacio Londero. Dans la partie basse, Adrian Mannarino va affronter Cristian Garin.

Les quarts de finale théoriques :

Novak Djokovic (Srb/N°1) – Karen Khachanov (Rus/N°8)
Roger Federer (Sui/N°3) – Stefanos Tsitsipas (Gre/N°5)
Alexander Zverev (All/N°7) – Dominic Thiem (Aut/N°4)
Kei Nishikori (Jap/N°6) – Borna Coric (Cro/N°12)

Trois moments marquants

1991 : Forget au zénith. Il reste à ce jour le seul Français à avoir inscrit son nom au palmarès du tournoi. Tête de série numéro 6 dans l’Ohio, Guy Forget, qui sort notamment d’un quart de finale à Wimbledon, réalise un tournoi parfait. Le grand gaucher ne laisse filer aucun set en route jusqu’en demi-finale où il s’offre le numéro 1 mondial Boris Becker (7-6, 4-6, 6-3). Et malgré un mauvais départ en finale, il renverse le jeune Pete Sampras (2-6, 7-6, 6-4) pour s’octroyer le troisième de ses 6 titres de la saison (sur 11 en carrière). Une année inoubliable pour lui puisqu’il remportera le match décisif en finale de la Coupe Davis face au même Sampras quelques mois plus tard à Lyon.

2015 : Federer se réinvente. Roger Federer revient alors d’une autre défaite frustrante en finale de Wimbledon face à Novak Djokovic. Lors d’un entraînement d’avant-tournoi contre Benoît Paire, le Suisse, un peu fatigué, s’amuse à retourner le Français en demi-volée, tout près des carrés de service. Tant et si bien qu’il applique la recette en compétition : dans l’Ohio, il survole les débats, n’abandonnant pas un set, avec des victoires sur Andy Murray en demi-finale et… Djokovic en finale (7-6, 6-3). Dans le premier set, il surprend d’ailleurs son adversaire avec son nouveau coup, désormais appelé "SabR" ("Sneak attack by Roger" soit "attaque furtive de Roger"), au grand dam de Boris Becker, alors coach du Serbe.

Roger Federer à Cincinnati en 2015

Roger Federer à Cincinnati en 2015Getty Images

2018 : Djokovic complète sa collection. Après deux ans de flottement, Novak Djokovic reprend sa marche en avant. Renaissant au All England Club où il a remporté son 4e titre, le Serbe a connu un petit accroc la semaine précédente à Toronto où il a connu une élimination précoce face à Stefanos Tsitsipas en huitième de finale. Bousculé tout au long du tournoi (quatre victoires en trois sets) mais revanchard, il atteint sa 6e finale dans l’Ohio et, après cinq échecs, décroche enfin la timbale contre Roger Federer (6-4, 6-4), qui l’en avait privé à trois reprises précédemment. Le Serbe devient par la même occasion le seul joueur à avoir gagné tous les Masters 1000 en carrière, un sacré accomplissement.

Trois stats à retenir

47. C’est le pourcentage des éditions du tournoi remportées par des Américains dans l’ère Open, soit pratiquement la moitié (24 sur 51). Mais aucun représentant de la bannière étoilée ne s’est imposé à Cincinnati depuis Andy Roddick en 2006. Le "Big Four" est notamment passé par là.

35. Non, Roger Federer n’est pas le joueur le plus âgé à avoir triomphé à Cincinnati. Lors de son 7e et dernier titre en date en 2015, le Suisse affichait 34 ans au compteur, soit 20 mois de moins que Ken Rosewall en 1970, le plus vieux champion de l’histoire du tournoi à 35 ans et 8 mois. Federer sait ce qui lui reste à faire s’il veut s’approprier un nouveau record.

4. Andre Agassi en 1995, Patrick Rafter en 1998, Andy Roddick en 2003 et Rafael Nadal en 2013 sont les quatre seuls joueurs à avoir réussi à faire le doublé Montréal/Toronto-Cincinnati dans l’ère Open. Les trois derniers avaient même réalisé le triplé dans la foulée à l’US Open.

Le joueur à suivre : Andy Murray

Il ne s’agit ici pas ici d’en faire un des prétendants à la victoire. Mais la renaissance en simple d’Andy Murray sera l'attraction du début de tournoi avec une grande question : l’Ecossais pourra-t-il se donner pleinement sur le court ? Si ses multiples apparitions en double depuis deux mois ont rassuré, l’exigence physique est totalement différente quand il s’agit de couvrir deux fois plus de terrain avec une hanche en métal. Face à Richard Gasquet au 1er tour, il ne partira pas favori, un changement d’importance par rapport à leurs derniers duels sur le circuit. Le Français, tombeur de Kei Nishikori à Montréal, semble retrouver de bonnes sensations, mais attention : avec le soutien du public et l’adrénaline de l’événement, Murray pourrait surprendre.

Andy Murray à Washington en 2019
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