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L'Américain a perdu face à Tommy Haas (4-6, 4-6) au deuxième tour, dimanche soir.

L'Amérique de Ronald Reagan et Bush senior avait John McEnroe, celle de Bill Clinton avait Andre Agassi et Pete Sampras, et tandis que les années Bush junior se terminent, Andy Roddick n'a pas encore prouvé qu'il peut encore incarner l'Amérique qui gagne. Cet idéaliste dans l'âme a affiché le portrait de grandes figures (humanistes) de l'histoire universelle dans une salle d'entraînement chez lui. Peut-être inspiré par le vent nouveau que soufflent les élections présidentielles, il a décidé d'aborder tête haute une partie décisive de sa carrière. A 26 ans, il ne reste plus rien ou presque du gamin venu du Nebraska, excepté sa casquette et cet aspect mécanique et frénétique au service. Coaché entre autres par Tarik Benhabiles et Brad Gilbert, Andy a enfin coupé le cordon en se séparant de Jimmy Connors avant Dubaï.

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Roddick renaît
08/03/2008 À 12:15

Affable, gendre idéal, Andy Roddick est entré dans l'histoire en remportant son premier et unique Grand Chelem à Flushing Meadows (2003). Depuis, il reste cependant le fiancé éternel. Pour l'instant, c'est Roger Federer qui s'est interposé pendant chaque cérémonie de mariage. Lors de leur onze dernières confrontations, il n'a inscrit que trois sets face au Suisse. Il a perdu 15 fois en 16 rencontres au total, dont trois finales de Grand Chelem (Wimbledon 2004 et 2005, US Open 2006). Andy adore Roger, mais Andy ne sait dire que "Oui" et ne trouve pas les mots de la révolte. L'homme qu'il est devenu veut désormais s'affranchir des tutelles - celle de Connors, aussi salutaire fut-elle mentalement l'année dernière, pesait trop -, et faire entendre sa voix.

Gagner un autre Grand Chelem

Quand Roger Federer annonce qu'il a eu une mononucléose, Andy ne le plaint pas mais se demande à quoi une telle annonce peut être utile six semaines après. Fervent joueur de Coupe Davis, un des rares top 10 à l'être, le N.6 mondial interpelle l'ITF sur l'organisation de la compétition. "J'aimerais que la FIT soit plus ouverte au changement, qu'elle écoute un plus", l'avis des joueurs, a-t-il rappelé en avançant quelques pistes : "Mais, je ne sais pas si cela devrait se jouer sur deux semaines. Le Belarus a atteint les demi-finales il y a quelques années et cela a été payant pour eux pendant environ dix ans. Si l'on joue la Coupe Davis sur deux semaines, évidemment vous prenez les joueurs à un pays. Mais, probablement, je soutiendrais un tel changement. Ce serait bien après un tournoi du Grand Chelem. Si vous avez du temps libre, cela vous permet de vous ressaisir".

Humilié par Federer et dépassé par la jeune génération, est-il prêt à passer le flambeau à Blake et aux jeunes Querrey, Isner voire Young ? N'y comptez pas. Andy Roddick semble décidé à rester au-devant de la scène, non loin d'une première place mondiale qu'il a eu le mérite d'atteindre quelques semaines (du 3 novembre 2003 au 4 janvier 2004). A Dubaï, il a remporté, avec la manière, son deuxième titre de l'année après San José. Pour la première fois de sa déjà longue carrière, il y a battu le N.2 et N.3 mondial de suite dans le même tournoi.

Roddick, ce top 10 négligé, arrive à maturité

Les statistiques sont impressionnantes, mais le jeu était aussi au rendez-vous. Son service est d'une précision d'horlogerie suisse, son coup droit repousse loin l'adversaire et claque très fort quand il le faut et son revers s'est amélioré, passant d'un coup d'attente à un coup de contre. Sa volée ne vaut peut-être pas top 10 mais son jeu, dans son ensemble, vaut un très bon top 5...

S'il évolue à ce niveau toute la saison sur surface rapide, "A-Rod" devrait redevenir le poids lourd que l'on a quelque peu négligé ces derniers temps. Depuis sa première apparition dans le top 10, en août 2002, il est sorti deux fois seulement de ce cercle fermé : à l'automne 2002 (13e au pire) et pendant l'été 2006 (12e au pire, pendant une semaine). Un argument plaide en sa faveur : sa volonté de resserrer son calendrier. La plupart des membres éminents du circuit ont fait des J.O. un objectif comparable aux tournois du Grand Chelem. Lui préfère rester à Washington et lorgner sur l'US Open.

Il ne pense plus ouvertement à Wimbledon, où la concurrence et la grâce de Federer sont des obstacles trop importants, mais il sait que le Suisse devra lui aussi se battre plus souvent et plus longtemps à Flushing Meadows : "Chaque été, mon but est de gagner l'US Open, avait expliqué Roddick. J'ai gagné Washington trois fois et je pense que défendre mon titre me permettra de préparer au mieux pour gagner un autre Grand Chelem." Grand électeur qui a voté Federer trop longtemps, Roddick veut désormais voter pour lui-même, comme Barack Obama, Hillary Clinton et John McCain en novembre prochain.

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