Richard, vous avez un pied et demi à Shanghai, ce doit être un sentiment fabuleux?

R.G. : C'est incroyable. Il faut que Baghdatis gagne le tournoi et que je ne gagne pas demain pour que je n'y aille pas... La Seine n'est pas loin, je peux encore m'y jeter dedans si je n'y arrive pas... Cela serait très dur. Il faut qu'il batte Nadal, lui qui déclare ne pas aimer jouer l'Espagnol, cela fait beaucoup. J'ai eu beaucoup de chances pour me qualifier. C'est énorme et inespéré. Je ne peux pas dire le contraire. A Madrid, j'ai mal joué. A Lyon et Bâle aussi. J'arrive ici en étant treizième et me voilà quasiment huitième mondial... C'est tout simplement inespéré. Même moi, j'ai du mal à y croire.

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Quand vous prenez 6-0 dans le deuxième set, à quoi pensez-vous et comment arrivez-vous à rester dans le match?

R.G. : C'est le public qui me fait rester dans le match. Je n'avais pas le choix. J'ai été nul dans le deuxième set, oui, mauvais, je ne peux pas dire le contraire. Donc je comprends un peu le public quand il me siffle, même si c'est dur à encaisser... ça m'a fait mal. Je voulais me battre à 100% sur le troisième, que j'aurais pu perdre. Je voulais tout donner pour le public et moi-même. Je n'aurais pas aimé perdre en trois sets... Alors j'ai tout donné sur chaque point pour laisser une bonne impression. Ce n'était pas un niveau tennistique incroyable, mais vu l'enjeu et la tension, cela peut se comprendre. Murray a un jeu spécial, qui fait mal jouer. Il ne tape pas très fort, mais sert très bien, retourne bien, c'est étonnant. Mais je suis content d'avoir été solide au troisième set sur mon service à 4-3 et 5-4... là où tout se joue.

Murray disait qu'il avait du mal avec votre service, vous en êtes-vous rendu compte?

R.G. : Oui, en indoor, le service est primordial. C'est clair que le premier set est gagné grâce à ma mise en jeu. Le deuxième, c'est une autre histoire, tout a été mauvais. Mais au troisième, j'ai pu compter sur mon service pour terminer le macth. Sur la fin, c'était capital de bien servir. Il y a deux points capitaux à 30/A et à égalité à 5-4 où je joue un slice qui me procure deux balles de match derrière... C'était important car j'évite de tomber dans le piège du 5-5 au troisième set qui aurait été dur à gérer s'il avait fallu le jouer.

Que vous a dit Murray à la fin du match?

R.G. : "Bon courage pour le Masters..." Mais je n'y suis pas encore. Je suis sur les marches de l'escalier de l'avion, je vois la porte, mais je ne peux pas encore la franchir. Je suis en haut de la passerelle et espère pouvoir ouvrir cette porte samedi. Je vais suivre Baghdatis-Nadal avec attention... j'aime bien Marcos, mais bon...

Cela peut changer votre approche de la demi-finale? Notamment si Baghdatis perd...

R.G. : Oui, c'est évident. Si Baghdatis perd, je ne lui souhaite pas, mais quand même un peu, je pourrais jouer plus relâcher. C'est clair que c'est dur à dire, mais je pense qu'il peut comprendre s'il lit les journaux : je souhaite qu'il perde. Mais après, si j'arrive sur le match face à Nalbandian en étant qualifié pour le Masters, il est clair que je serai deux fois plus relâché que si Marcos passe en finale. Mais je compte bien me battre face à Nalbandian, qualifié ou non. Une demi-finale à Bercy, ce n'est pas rien. Je vais essayer de tout faire pour jouer la finale, même si cela ne va pas être évident.

Vous craignez beaucoup Nalbandian?

R.G. : Oui, il vient de mettre au pas Federer deux fois de suite. Il est le meilleur joueur actuellement, enfin sur cette fin de saison. Je n'aurai pas le droit à des errances samedi face à lui si je veux exister sur le court.

Honnêtement, il y a une semaine, vous pensiez encore à la Masters Cup?

R.G. : Non, pas du tout. Il y avait une chance infime. J'ai arrêté d'y croire après le Masters de Madrid. Il y avait beaucoup de joueurs devant moi et derrière moi pour rallier Shanghai. Et ils ont tous perdu... Si certains avaient fait une demie à Paris, je ne serais pas qualifié, tout du moins à un pas de l'être. J'ai eu beaucoup de chance, je peux remercier les mecs qui ont battu les autres concurrents directs...

En préparant ce match face à Murray, la qualification pour Shanghai était-elle une obsession?

R.G. : Je n'y pensais pas au premier tour, mais c'est vrai que là ça devient omniprésent. D'autant que j'ai vu Robredo perdre. Je savais que Nalbandian ne peut plus se qualifier. Je sais que Baghdatis joue Nadal. Et voilà maintenant que j'élimine Murray... c'est un scénario idéal pour moi. Maintenant il faut que Baghdatis faillisse à son tour... Donc Marcos, si tu m'entends...

Le feriez-vous à sa place?

R.G. : Ah ça non. Plutôt plonger dans la Seine tout de suite.

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