10. Lorenzo Musetti - Diego Schwartzman

Tournoi : Acapulco (ATP500, Dur extérieur)
1er tour
Date : 16 mars
Vainqueur : Lorenzo Musetti (Italie)
Score : 6-3, 2-6, 6-4
Le tennis italien tient incontestablement une nouvelle pépite. Révélé à Rome quelques mois auparavant, c'est donc au Mexique que Lorenzo Musetti a battu son premier Top 10 en la personne de Diego Schwartzman, et avec la manière. Mis en confiance par ses trois victoires en qualifications, il a sorti le grand jeu : aussi solide dans la bataille en fond de court que désarmant d'aisance dans le petit jeu, distillant lobs et amorties bien sentis. Un délice.
Laver Cup
La leçon de Djokovic
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Le plus bluffant ? Sa capacité à reprendre la main dans le dernier set après avoir lâché largement le 2e. Sans oublier ses nerfs d'acier pour conclure à sa 6e balle de match face à la pression et à l'expérience adverses. Des qualités qui lui permettront d'atteindre les demies et d'entrer dans le Top 100 la semaine suivante.

Sans complexe, le qualifié Musetti s'offre Schwartzman : revivez la superbe performance de l'Italien

9. Casper Ruud - Grigor Dimitrov

Tournoi : San Diego (ATP 250, Dur extérieur)
2e tour
Date : 2 octobre
Vainqueur : Casper Ruud
Score : 6-4, 4-6, 6-4
Showtime à San Diego. Le tournoi californien n'est certes pas le plus huppé du calendrier, mais il a eu droit à un des plus fantastiques matches de l'année. Cette demi-finale entre Casper Ruud et Grigor Di-mitrov, ce fut du "Cosmic tennis" à la sauce bulgaro-norvégienne. Et on exagère à peine. Pour ceux qui doutent de la légitimité de l'ascension de Ruud vers les sommets (coucou Nick Kyrgios), ce match apporte un assez bon démenti.
Le premier set, notamment, est une merveille. Malgré un break concédé d'entrée, le Nordique va l'emporter 6-4 et peut-être n'a-t-il jamais aussi bien joué au tennis que dans cette manche. Mais toute la partie vaudra le détour, d'autant que Dimitrov était bien luné lui aussi dans cette douce fin de journée sud-californienne. Un match qui a compté pour Ruud, puisqu'il lui a permis de décrocher sa première finale sur dur. Et ce n'était pas volé.

Ruud vient à bout de Dimitrov

8. Alexander Zverev - Grigor Dimitrov

Tournoi : Rolex Paris Masters (M1000, Dur indoor)
Huitième de finale
Date : 4 novembre
Vainqueur : Alexander Zverev (Allemagne)
Score : 7-6(4), 6-7(3), 6-3
De la tension, une ambiance électrique et surtout une sacrée qualité de tennis ! Le cocktail servi par Alexander Zverev et Grigor Dimitrov à Bercy était explosif. Enthousiasmé par un Bulgare inspiré après sa demie à Indian Wells, le public parisien avait choisi son camp. Ajoutez à cela un petit geste de provocation du champion olympique allemand après le gain du premier set au tie-break et le match a changé de dimension. Mais Zverev aussi depuis plusieurs mois. Malgré deux occasions de conclure manquées en fin de 2e manche, il a écarté 6 balles de break en début de 3e et s'est adjugé les quatre derniers jeux. Un mental d'acier face aux variations et fulgurances adverses dans une opposition de styles haletante.

C'était dantesque : Comment Zverev a survécu à la menace Dimitrov

7. Lorenzo Sonego - Dominic Thiem

Tournoi : Rome (M1000, Terre battue)
Huitième de finale
Vainqueur : Lorenzo Sonego
Score : 6-4, 6-7, 7-6
Un Foro Italico sous les projecteurs, un public en feu avant un couvre-feu frustrant (Covid oblige) et une bataille de tranchées de 3h24 finalement gagnée (après les 3h27 du Nadal-Shapovalov et les 2h52 du Zverev-Nishikori plus tôt dans la journée!). Même s'il avait rêvé de triomphe romain, Lorenzo Sonego n'aurait pas pu imaginer pareil scénario. D'abord transcendé face à un Dominic Thiem loin de son meilleur niveau mais en progrès, l'Italien aurait pu s'écrouler après la perte sur le fil de la 2e manche.
Pendant les 22 minutes d'interruption liées à l'évacuation du stade, il avait tout loisir de ruminer et de considérer sa chance passée. Mené 5-3 dans le troisième set puis confronté à une balle de match, Sonego n'a pourtant jamais lâché et en a été récompensé dans un silence assourdissant. Il confirmera contre Andrey Rublev avant de chahuter Novak Djokovic en personne en demie. Et pour Thiem, c'était le dernier vrai bras de fer perdu d'une saison cauchemardesque.

Sonego renvers Thiem à Rome

6. Frances Tiafoe - Jannik Sinner

Tournoi : Vienne (ATP 500, Dur indoor)
Demi-finale
Date : 30 octobre
Vainqueur : Frances Tiafoe
Score : 3-6, 7-5, 6-2
Spectaculaire. Intense. Un brin de tension. Un zest de polémique, même. Bref, du tennis de fin de saison comme on l'aime. Frances Tiafoe a vécu dangereusement à Vienne en ce mois d'octobre. Mais il a vécu une des plus belles semaines de sa carrière. Mené 3-0 dans le dernier set contre Stefanos Tsitsipas, il déboulonne le Grec. Dans cette demi-finale contre Jannik Sinner, l'Américain va longtemps boire la tasse. Sinner lui fait tout. Trop solide, trop précis, trop puissant. 6-3, 5-2 pour l'Italien, alors en pleine bourre puisqu'il vient d'être titré à Anvers.
Mais Sinner, même d'une exceptionnelle maturité, est encore jeune. Tiafoe va jouer dessus. "La semaine avait été longue, j'étais fatigué, raconte-t-il. Alors j'ai décidé de m'amuser un peu, de jouer avec le public pour voir s'il devenait un peu nerveux. Je sais comment mettre les gens derrière moi, je fais quelques plaisanteries. Et après, j'ai commencé à jouer de façon incroyable." C'est vrai, Tiafoe va se mettre à jouer le feu comme il sait le faire parfois. Des frappes de dingue, des volées d'artiste, des échanges de fous et, petit à petit, la digue Sinner va s'effriter, jusqu'à s'écrouler dans le 3e set.
Déçu, voire peut-être vexé de s'être laissé embobiner de la sorte, le grand espoir transalpin va avoir un peu de mal à digérer : "Selon moi, Tiafoe a été trop loin aujourd’hui, il en a trop fait. C’est une chose de faire le show, c’en est une autre de le faire sans respecter l’autre. Il y a des limites, je crois qu’il a été un peu trop loin". "Le public est là pour une raison et je peux interagir avec eux", lui a répondu Tiafoe avant de rappeler : "Jannik a eu la possibilité de gagner le match. Je ne me sens pas coupable". Coupable ou pas, le plaisir était pour nous.

Match dingue, points de fous : comment Sinner a finalement déraillé face à Tiafoe

5. Alexander Zverev - Novak Djokovic

Tournoi : Jeux Olympiques (J.O., dur extérieur)
Demi-finale
Date : 31 juillet
Vainqueur : Alexander Zverev (Allemagne)
Score : 1-6, 6-3, 6-1
Pas le plus beau, mais sans doute l'un des duels les plus importants de la saison car il a tout changé. Novak Djokovic était alors en lice pour le Grand Chelem doré : en pleine confiance, presque en pilote automatique, il allait rallier la finale sans forcer avec un set et un break d'avance 6-1, 3-1. Mais une panne de premières balles a suffi pour que tout bascule.
Résultat ? Dix jeux d'affilée pour un Zverev devenu injouable sur son service face à un numéro 1 mondial en pleine décomposition. Le principe des vases communicants n'a peut-être jamais aussi bien porté son nom. S'il avait conquis l'or olympique, le Serbe aurait-il réussi la saison parfaite à Flushing ? On ne le saura jamais. Mais ce fut un tournant pour les deux joueurs, Zverev terminant, lui, 2021 en boulet de canon avec un 2e sacre au Masters.

La victoire et les larmes : Zverev très ému après son succès sur Djokovic en demi-finale

4. Alexander Zverev - Stefanos Tsitsipas

Tournoi : Cincinnati (M1000, dur extérieur)
Demi-finale
Date : 21 août
Vainqueur : Alexander Zverev (Allemagne)
Score : 6-4, 3-6, 7-6(4)
Quelques semaines après son titre olympique, "Sascha" Zverev a traversé un nouveau torrent d'émotions. Un duel au couteau en montagnes russes face à Stefanos Tsitsipas pour un autre point de bascule majeur. Mieux parti avec un set et un break d'avance (6-4, 2-0), l'Allemand avait progressivement perdu le fil, se retrouvant au bord du gouffre avec un double break de retard dans le troisième acte (6-4, 3-6, 1-4).
Un changement de physionomie qu'il devait tant au niveau de son adversaire qu'à sa propre frustration : les 8 minutes passées aux toilettes par Tsitsipas entre les deux premières manches l'avaient tant agacé qu'il avait soupçonné son rival de bénéficier d'un coaching par SMS de son père. Mais dos au mur, Zverev s'est finalement reconstitué une bulle de concentration impénétrable pour coiffer au poteau son adversaire au bout de la nuit. Spectacle et frissons garantis pour un dénouement dont Tsitsipas ne s'est jamais vraiment remis.

Un magnifique combat, une polémique "toilettes" : ce Zverev-Tsitsipas valait vraiment le coup

3. Aslan Karatsev - Novak Djokovic

Tournoi : Belgrade (ATP 250, terre battue)
Demi-finale
Date : 24 avril
Vainqueur : Aslan Karatsev (Russie)
Score : 7-5, 4-6, 6-4
Une incroyable performance et une immense sensation. Certes, Aslan Karatsev n'était plus un illustre inconnu fin avril. Non seulement il avait créé l'événement à Melbourne en se hissant en demi-finale après être sorti des qualifs, mais il avait confirmé son changement de statut par un titre à Dubaï. Reste que le voir battre le même Novak Djokovic qui l'avait corrigé (6-3, 6-4, 6-2) aux antipodes était difficile à envisager. Surtout à Belgrade, devant un public acquis à la cause du numéro 1 mondial.
Pour réaliser un tel exploit, Karatsev devait limiter le nombre de ses fautes directes tout en prenant l'initiative, et Djokovic évoluer à un niveau assez éloigné de ce qu'il pouvait faire de mieux. Pareilles conditions ont été réunies, le Serbe payant après un bras de fer de 3h25 une inefficacité à la relance : 5 balles de break converties sur 28, soit 23 occasions manquées ! Un combat de titans que le Russe paiera toutefois le lendemain en finale face à Matteo Berrettini, mais qui fera office de petite claque salutaire pour le Djoker sur la route de son 2e sacre à Roland-Garros.

3h25 de combat, 23 balles de break ratées par Nole : ce Djokovic - Karatsev était dément

2. Andy Murray - Frances Tiafoe

Tournoi : Anvers (ATP 250)
1er tour
Date :
Vainqueur : Andy Murray
Score :
Dire que beaucoup voulaient l'envoyer à la retraite... Andy Murray ne redeviendra peut-être jamais un prétendant aux plus grands titres, mais rien que pour les épiques batailles livrées au cours de cette année 2021, cela valait le coup que l'Ecossais se démène pour revenir sur le circuit. A Anvers, cet automne, Sir Andy a tout simplement livré face à Frances Tiafoe (dans beaucoup de bons coups lui aussi, décidément...) le plus long match de la saison en deux sets gagnants : trois sets, trois tie-breaks et 3h45 d'une sacrée bagarre.
Un duel à couper le souffle, qui fera même dire à Murray : "Je ne pense pas avoir déjà joué un match comme ça. C'était une magnifique rencontre, dans une très belle ambiance." Au-delà de sa durée, ce 1er tour aura aussi valu par la qualité du tennis produit des deux côtés du filet. Le mariage des jeux de Murray et Tiafoe a produit des étincelles et la propension des deux hommes à jouer au chat et à la souris a régalé le public belge.
Très agressif, Tiafoe s'est rué au filet chaque fois qu'il l'a pu. L'Américain aura eu besoin de six balles de set pour revenir à une manche partout. Il a même bénéficié de deux balles de match dans le dernier jeu décisif, mais sans pouvoir relancer le service de l'ancien numéro un mondial. Et c'est sur un dernier bijou d'amortie de revers, que Tiafoe n'a pu remettre, que l'Ecossais a ponctué la rencontre pour arracher le tie-break final, 10 points à 8. Andy Murray a peut-être une hanche en métal, mais il a surtout un coeur d'or et une volonté de fer.

Un combat de tous les instants : revivez l'époustouflante victoire de Murray face à Tiafoe

1. Rafael Nadal - Stefanos Tsitsipas

Tournoi : Barcelone (ATP 500, Terre battue)
Finale
Date : 25 avril
Vainqueur : Rafael Nadal
Score : 6-4, 6-7, 7-5
En termes de qualité pure, vous trouverez sans doute des matches plus sémillants que celui-ci au cours des douze derniers mois. Non que cette finale de Barcelone se soit apparentée à une purge. Loin de là. Mais ce n'est pas non plus un chef-d'œuvre. Les deux protagonistes ont connu trop de hauts et de bas pour cela. Mais c'est aussi ce qui aura fait le charme de ce duel entre Rafael Nadal et Stefanos Tsitsipas, surtout pour une finale.
Sous le soleil catalan, ils ont livré le combat le plus échevelé de l'année avec, dans ses meilleurs moments, une intensité remarquable et un suspense de nature à balayer les quelques réserves émises ci-dessus. Drôle de match, jamais à court d'un rebondissement. Tsitsipas va mener 3-1, balles de double break dans le premier set. Pour le perdre 6-4. Rebelote dans le deuxième. Le Grec prend encore les devants. 3-1. Puis dilapide son capital, au point de devoir sauver deux balles de match dans le tie-break. Mais il s'en sort.
C'est à son tour de passer à un point du titre dans le dernier acte à 5-4, sur le service de Na-dal. La balle du Majorquin vient lécher la bande sur un revers. Barcelone tremblote. Mais pas Rafa. Une bombinette en coup droit le sauve. La fin de rencontre, suffocante, débouche sur un script on ne peut plus classique. A la fin, sur terre, c'est Nadal qui gagne. Il breake à sa 4e occasion à 5-5, sauve une balle de débreak à 6-5 et s'impose après... 3h38 de lutte.
Cette finale catalane, au fond, dit déjà tout de ce qu'étaient les deux hommes en ce printemps 2021. Nadal affichait certaines fragilités, mais le mettre définitivement à terre restait une tâche ô combien délicate. Tsitsipas, lui, était près. Tout près. Mais il ne mettra jamais dans le mille, s'inclinant contre Djokovic à Rome en ayant eu balle de match et à Paris en ayant mené deux sets zéro. Le même Djokovic qui se chargera de mettre fin au règne nadalien porte d'Auteuil. A Barcelone, sans le savoir encore, nous tenions les deux meilleurs seconds rôles de Roland-Garros. Le premier attendait son heure.

Une baston de 3h38 et des rebondissements à gogo, ce Nadal-Tsitsipas a décoiffé

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