La crise du coronavirus n'aide décidément pas le tennis à parler d'une seule et même voix. Au-delà d'une gouvernance éclatée - le projet de fusion entre l'ATP et la WTA semble d'ailleurs avoir été mis de côté quelques semaines après le tweet de Roger Federer -, ce sont les joueurs eux-mêmes qui se divisent. Entre le top 100, en majorité derrière Novak Djokovic et son scepticisme à l'égard de l'US Open, les Américains qui espèrent reprendre à Flushing Meadows malgré le huis clos et les conditions strictes de sécurité, et les moins bien classés qui sont du même avis pour des raisons financières, la cacophonie est sérieuse. Et ce n'est pas Noah Rubin qui dira le contraire.

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Le 225e joueur mondial américain, connu pour sa capacité à donner une voix à ses collègues professionnels "anonymes", s'est insurgé contre Djokovic dans une série de tweets. "Dire qu'avoir la possibilité de jouer un Grand Chelem avec à peu près le même 'prize money' mais moins de personnes dans son entourage n'est pas assez bien, c'est extrêmement insensible. Je cite le nom de Novak en raison des problèmes de sécurité avérés de sa ligue (l'Adria Tour se dispute avec du public avec l'accord du gouvernement serbe, NDLR) et de son incapacité à assister à une réunion Zoom avec plus de 400 joueurs alors qu'il est président du conseil des joueurs de l'ATP", a-t-il ainsi considéré.

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"Ne pas comprendre les dangers de jouer ces événements avec des spectateurs, ça me dépasse"

Le week-end dernier, pour la première étape de l'Adria Tour, l'absence de distanciation sociale entre les spectateurs et des images des joueurs engagés - Djokovic en tête, avec Alexander Zverev, Dominic Thiem ou encore Grigor Dimitrov - faisant la fête dans une boîte de nuit (espace confiné) ont surpris. Et Rubin d'ajouter : "La réunion a eu lieu alors que des images de Novak jouant au foot avec d'autres joueurs de renom ont fait surface au même moment. Ils avaient le temps pour ça mais pas pour cette visioconférence."

L'Américain a toutefois tenu à préciser qu'il n'avait rien personnellement contre Djokovic qui s'était engagé plus personnellement que ne l'avaient fait avant lui Roger Federer et Rafael Nadal pour les joueurs. "Mais ne pas comprendre les dangers de jouer ces événements avec des spectateurs et un manque de distanciation sociale, ça me dépasse", a-t-il estimé. Si la Serbie a été proportionnellement beaucoup moins touchée par la pandémie que d'autres pays comme les Etats-Unis, un joueur de basket serbe, Nikola Jankovic, a été testé positif au COVID-19 récemment. Selon la presse locale, il a d'ailleurs été en contact avec Djokovic la semaine dernière, ce qui soulève des questions quant à la sécurité sanitaire plutôt légère de l'Adria Tour.

"Ces gars (le Big 3, NDLR) ont fait beaucoup pour le tennis, mais ne me dites pas que vous voulez aider le sport et que vous ne pouvez pas prendre part à ces échanges quand on a besoin de vous. (...) J'en ai marre de devoir surmonter tous ces obstacles dont font désormais partie les meilleurs joueurs du monde, qui empêchent le tennis de grandir", a ainsi conclu Rubin. Voilà qui a le mérite d'être clair, alors que l'annonce officielle du maintien de l'US Open devrait tomber dans la semaine.

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