Pour la première fois, un membre du Big 3 a donc cédé en finale de Grand Chelem contre un "jeune". Terme à prendre des pincettes puisque Daniil Medvedev n'est plus, à 25 ans, un perdreau de l'année, mais tous les joueurs de cette génération des "nineties" avaient jusqu'ici systématiquement buté sur la dernière marche face à Djokovic ou Nadal. Medvedev, Thiem, Tsitsipas, Berrettini... Le Russe restera le premier de la cordée.
Pour autant, la théorie du dégagisme attendra. Novak Djokovic a perdu une finale, et il l'a perdue nettement, mais le Serbe demeure jusqu'à preuve du contraire la référence du circuit. "Nous, les vieux, nous nous accrochons", a-t-il dit dimanche soir. Le concernant, il fait même un peu plus que cela. La notion de Big 3 n'a d'ailleurs plus grand sens aujourd'hui. Lorsque débutera le prochain Grand Chelem en Australie, Roger Federer "fêtera" les quatre ans de son dernier titre majeur. Rafael Nadal est out pour plusieurs mois.
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La nouvelle génération, si vous voulez l'appeler comme ça, n'est plus du tout nouvelle
Le Big 3, pour l'heure, c'est donc Djokovic. Et lui fait plus que tenir la route. Si la finale de Flushing change partiellement la donne, elle ne doit pas faire oublier ce qui a précédé le dernier rendez-vous majeur de la saison. Il n'est ni résigné ni abattu. "Je parle pour moi, mais j'ai toujours envie d'essayer, de gagner d'autres tournois du Grand Chelem, de jouer pour mon pays, a assuré le numéro un mondial. Ce sont les choses qui me motivent le plus à ce stade."
Mais la menace se précise, se renforce et se démultiplie. Daniil Medvedev. Alexander Zverev. Stefanos Tsitsipas. Matteo Berrettini. Et des plus jeunes, encore, qui, s'ils ne sont pas encore prêts, se rapprochent. Les Sinner, Shapovalov, Auger-Aliassime, voire Alcaraz. Ça pousse derrière. Mais pour Novak Djokovic, tout ceci est on ne peut plus logique.
"Je pense même que ça avait déjà commencé d'une certaine manière, avec Dominic Thiem qui avait gagné ici (à New York, NDLR) l'année dernière. La nouvelle génération, si vous voulez l'appeler comme ça, n'est plus du tout nouvelle. Elle est déjà la génération actuelle, elle est établie." Novak Djokovic voit même en Daniil Medvedev un futur numéro un mondial, "peut-être bientôt". "Ecoutez, c'est normal, la transition était inévitable, ajoute-t-il. Bien sûr qu'ils vont prendre relais."

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Ils ont quelque chose à offrir, sur et en dehors du court
Est-ce une bonne chose ? En tout cas, ce ne sera ni la fin du monde ni celle du tennis masculin, selon Novak Djokovic. Alors que beaucoup s'inquiètent (ou s'inquiétaient) d'une forme de peur du vide lorsque le fameux Big 3 aura pris sa retraite, le champion serbe se range dans le camp des optimistes : "Je pense que le tennis est en de bonnes mains, parce qu'ils sont tous des mecs bien et de très, très bons joueurs de tennis. Ils ont quelque chose à offrir, sur et en dehors du court. C'est très important. Nous voulons tous gagner sur le court mais, en même temps, nous sommes les représentants de notre sport. Nous devons être conscients de ça et du fait que c'est ce qui maintient notre sport en vie."
Le ton a un peu changé depuis la tirade de Melbourne au mois de février, lorsque Djokovic avait gentiment tancé la fameuse NextGen. "On peut parler de ça toute la journée si vous voulez mais, avec tout le respect du monde, ils ont encore beaucoup de travail (…), avait-il soufflé. Ils seront les leaders du tennis dans les années qui viennent, aucun doute encore une fois, mais je ne vais pas rester ici et leur passer le titre comme ça. Ils vont devoir se 'casser le cul' s’ils veulent le titre."
Daniil Medvedev s'est donc 'cassé le cul' à New York, d'autres tentent et tenteront de le faire dans les mois à venir et le passage du Djoker en mode "Papy fait de la résistance" ne sera pas la séquence la moins excitante à suivre. Mais en adoubant de la sorte ceux qui suivent, Novak Djokovic rappelle une double évidence : si la période que nous venons de vivre depuis une grosse quinzaine d'années a quelque chose d'exceptionnel, le tennis ne mourra pas avec son départ, celui de Federer ou de Nadal. Ce sera différent. Mais pas nécessairement moins intéressant.

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