Epargné en 2020 par la pandémie de coronavirus qui s'était déclarée quelques semaines après la finale, le tournoi majeur australien est à son tour frappé par les difficultés liées au Covid-19. Face à la virulence de l'épidémie, les autorités de l'Etat de Victoria ont même longtemps laissé penser qu'elle interdiraient le tournoi qui attire des milliers de personnes venant du monde entier dans une ville, Melbourne, qui est sortie en octobre d'un confinement de quatre mois.

Finalement, la Fédération australienne (Tennis Australia, TA) a réussi à caser l'épreuve en la repoussant de trois semaines, au 8 février. Et en proposant aux joueurs une série d'épreuves préparatoires, toutes à Melbourne, la semaine précédant le premier tournoi du Grand Chelem de l'année.

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IL Y A UNE HEURE

Pour rendre l'événement acceptable par les autorités locales, la Fédération australienne a édicté des règles sanitaires très strictes et très contraignantes. Au point d'organiser les qualifications du tournoi, habituellement jouées la semaine avant le tournoi dans l'enceinte du Melbourne Park... à Dubai (dames) et Doha (messieurs) du 10 au 13 janvier. De façon à ce que tous puissent ensuite effectuer une quatorzaine dans une chambre d'hôtel à Melbourne.

18 charters

Ainsi, à partir du 15 janvier, 18 charters affrétés par TA achemineront vers l'Australie quelque 1.270 participants. Mais tous n'iront pas directement à Melbourne, où un hôtel devant accepter des confinés s'est désisté au dernier moment... Un contingent d'une cinquantaine de participants, parmi lesquels Novak Djokovic, Rafael Nadal, Dominic Thiem, Serena Williams, Naomi Osaka et Simona Halep, effectueront leurs quinze jours de confinement à Adelaïde. Ils y joueront une exhibition pour remercier les autorités locales de les accueillir.

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Un tel traitement VIP a provoqué des réactions de joueurs y voyant du favoritisme, mais le directeur de l'Open d'Australie Craig Tiley a assuré que les conditions d'entraînement seraient les mêmes à Adelaïde et Melbourne.

Ce sujet de l'entraînement durant la quarantaine a été le plus compliqué à gérer. Au bout du compte, les autorités de l'Etat de Victoria ont accepté d'octroyer aux joueurs cinq heures quotidiennes de permission afin de sortir de leur chambre pour s'entraîner dans l'enceinte du Melbourne Park, le complexe qui accueille le tournoi. Et même les conditions d'entraînement sont surveillées, chaque joueur ayant dû déclarer son partenaire pour la première semaine, et éventuellement deux autres pour la seconde. De quoi faire passer les bulles des derniers US Open et Roland-Garros pour des camps de vacances...

Le précédent Querrey

D'autant qu'à la suite de l'affaire Sam Querrey, qui a été condamné à 16.000 euros d'amende avec sursis pour avoir fui Saint-Pétersbourg après un test positif au Covid au lieu de s'isoler sur place, TA a prévenu que tout manquement aux règles sanitaires serait très lourdement sanctionné: amende, confinement prolongé voire exclusion. "On nous a dit que si une personne du groupe (d'entraînement) était contrôlée positive, tout le monde serait mis à l'isolement, ce qui n'est pas juste", a estimé la Tunisienne Ons Jabeur.

Les conditions de vie seront donc compliquées, pour les joueurs comme pour leurs accompagnants. Si bien que le forfait de Roger Federer, d'abord annoncé comme étant dû à sa double opération au genou droit, pourrait en réalité y être directement lié. "Le problème est que Mirka (son épouse) et leurs enfants ne pourraient pas quitter la chambre. Ils devraient rester 14 jours à l'hôtel car la permission (de sortie quotidienne) n'est valable que pour les joueurs", a raconté le directeur de TA pour les relations avec les joueurs Andre Sa, à un média brésilien.

Côté positif, les organisateurs espèrent accueillir 50 à 75% du public habituel soit, et de très loin, la plus importante jauge de spectateurs depuis le début de la pandémie. "Nous faisons tout pour organiser un Open d'Australie dans des conditions aussi proches que possible de 2020", a assuré Tiley, tout en reconnaissant que "d'un point de vue logistique, si on s'en sort, ce sera un petit miracle".

Un fan serbe dans les travées de la Rod Laver Arena, en janvier 2020.

Crédit: Getty Images

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