Même s’ils ne se sont pas affrontés depuis près de deux ans, Novak Djokovic et Andy Murray, nés à sept jours d’intervalle en mai 1987, se connaissent par cœur. Leurs trajectoires vers le sommet mondial ont été parallèles, sachant que leurs routes se sont aussi croisées à de multiples reprises, aussi bien chez les jeunes, puisque ils sont de la même catégorie d’âge, que chez les professionnels –il se sont affrontés sept fois, et Djokovic mène 4-3 dans leur tête-à-tête.

Leur premier duel a eu lieu il y a exactement 10 ans, en 2001, à Tarbes, dans le cadre du célèbre tournoi des Petits As dont l’édition 2011, hasard du calendrier, se termine le même jour que cette finale de l’Open d’Australie. "J’avais dû gagner 6/0, 6/1, quelque chose comme ça, a souri Andy Murray. Beaucoup de choses ont changé depuis. Je m’attends à un match nettement plus difficile dimanche.""Normal qu’il se souvienne de ses victoires, a rigolé Novak Djokovic avant d’ajouter avec malice : "A l’époque, nous communiquions par signes en raison de mon anglais débutant, mais il était vraiment dur à comprendre avec son accent écossais."

"J’espère que c’est le début d’une rivalité"

Entre Djokovic l’extraverti et Murray l’intraverti existe une vraie complicité encore étalée au grand jour à l’occasion de la dernière Hopman Cup à Perth où les deux champions se sont entraînés ensemble à plusieurs reprises dans l’optique de cette première levée du Grand Chelem. "Nous avons l’habitude de taper la balle tous les deux tout au long de l’année même si nous ne nous sommes pas affrontés depuis longtemps, du fait que nous avons été la plupart du temps N.3 et N.4 et donc toujours placés dans des parties de tableau différentes lors des grands tournois, a expliqué Murray. Nous sommes de bons amis. J’espère que c’est le début d’une rivalité au plus haut niveau et que nous aurons l’occasion de nous rencontrer plus souvent dans des grands matches."

En dépit de leurs profils psychologiques divergents, les deux hommes se ressemblent sous beaucoup d’aspects. D’abord, ils sont tous les deux des professionnels hors pair qui ne laissent rien au hasard, à l’image du temps passé l’un et l’autre en décembre à Dubaï (Djokovic) et Miami (Murray) pour s’engager dans cette nouvelle saison. S’ils sont bien dans leur corps (et comment actuellement !), ils sont aussi bien dans leur tête comme le montrent leurs conférences de presse toujours très intéressantes dans leur contenu.

Deux champions bien éduqués

Cette intelligence, également lisible sur le court, est presque toujours la marque des grands champions. Lorsqu’il parle de son métier d’entraîneur, l’Australien Roger Rasheed insiste toujours sur le fait qu’il est aussi "un éducateur". "Et l’éducation fait aussi les grands champions", ajoute-t-il. Comme Rafael Nadal et Roger Federer, êtres parfaitement bien élevés, Novak Djokovic et Andy Murray ont eu la chance d’avoir hérité de valeurs essentielles parmi lesquelles le travail figure en bonne place. On ajoutera que l’un et l’autre, au cours de leur adolescence, ont eu le sens du sacrifice, témoin de leur volonté de vouloir devenir ce qu’ils sont devenus.

Il ne faut pas méjuger, en effet, leurs parents parfois très animés dans les tribunes quand jouent leurs progénitures. Derrière cette nervosité apparente se cachent des histoires parfois compliquées. Les parents Djokovic se sont privés de beaucoup de choses, en temps de guerre dans l’ancienne Yougoslavie, pour donner à leur enfant les meilleures chances de réussir sur les courts. Face à l’inertie du système britannique en ce qui concerne le tennis, Judy Murray, coach et mère émérite, s’est débattue souvent seule au milieu d’un océan de problèmes.

Crédit: Reuters

Novak et Andy ont aussi cette particularité commune d’avoir été des déracinés lors de leurs jeunes années. Pour échapper à la guerre et continuer à progresser, le Serbe s’est ainsi délocalisé en Allemagne puis en Italie, loin de sa famille. Le Britannique a, lui, quitté sa bonne Ecosse pour migrer vers Barcelone afin de progresser au contact d’une vraie concurrence qui n’existait pas dans ses frontières. Il n’y a pas de mystère : pour devenir un champion, il faut le vouloir avec son cœur et ses tripes. Ces deux-là n’en sont pas dépourvus.

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