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Tsonga: c'est irréversible

"Malheureusement, c'est irréversible"
Par Eurosport

Le 21/01/2011 à 15:15Mis à jour Le 21/01/2011 à 17:51

Jo-Wilfried Tsonga nous a accordé un long entretien en début de semaine à Melbourne, dans lequel il nous fait partager sa soif de tennis, son ambition dévorante, mais aussi une fragilité physique dont il sait qu'elle le poursuivra toujours. A lire avant son 3e tour contre Alexandr Dolgopolov.

Jo, après votre forfait pour la finale de Coupe Davis, on ne savait pas si vous seriez apte pour Melbourne. Quelles ont été les grandes étapes et les priorités dans votre préparation ?

J.W.T. : Il y a eu deux grandes phases. Tout d’abord, il a fallu me remettre à niveau physiquement. J’avais comme objectif de perdre du poids, et j’ai fait différentes activités qui n’avaient rien à voir avec le tennis (ski de fond, marche à pied, etc...). Ensuite, la reprise du tennis et de la compétition, ce n’est venu que bien après.

Quelles ont été les sensations lors des premières frappes de balle ici cette année ?

J.W.T. : C’était assez particulier, car c’était à l’intérieur. J’avais l’impression de bien jouer. Une fois revenu à l’extérieur, c’était un peu difficile !... Mais dans l’ensemble, je trouve que je tape plutôt pas mal.

Vous essayez de vous donner tous les moyens pour limiter les blessures (Michel Franco, physiothérapeute, a étoffé le staff). Connaissez-vous l’origine de ces blessures à répétition ? Connaître la cause d’un problème est souvent la clé pour s’en débarrasser...

J.W.T. : Malheureusement, c’est irréversible. Etant jeune, j’ai fait des choses qui n’étaient pas très bonnes pour moi. La base du problème, c’était mon dos. Les docteurs m’avaient dit qu’il n’y avait absolument aucune certitude que je rejoue un jour… On m’a peut-être fait faire des choses pas adéquates pour mon dos, ou peut-être m’en a-t-on trop fait faire… Bref. Avec ce problème au dos, je dois travailler pour revenir, mais je compense. La force que tu avais dans le dos, tu la déplaces ailleurs, et fais donc plus d’efforts avec les genoux, le poignet, l’épaule etc... Ça fait boule de neige. J’ai eu un gros traitement à la cortisone, qui m’a fait prendre 10 kg (je suis passé de 89 kg à 98 kg), j’ai dû perdre ce poids et je n’ai pas réussi à tout perdre : c’est difficile de maigrir sans s’affaiblir, tout en essayant de gagner quand même. Je voyais tous mes potes jouer, j’avais envie de gagner, et je ne pouvais pas me dire "Je prends deux ans pour me remettre à niveau et je repars". Ce n’était juste pas possible. Donc ça s’est fait comme ça. Malheureusement, aujourd’hui, ce dos est toujours fragile, je dois y faire attention. Et je continue à compenser. Mais je me dis que ma carrière est comme ça, j’essaye de profiter au maximum, et j’estime être déjà chanceux d’être sur le terrain et de faire ce que je fais.

L’Open d’Australie pourrait s’apparenter, en quelque sorte, à une rentrée des classes, que l’on aborde avec un mélange d’impatience et d’appréhension, et où l’on est heureux de revoir ses "camarades"...

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Si vous deviez définir en quelques mots votre relation avec ce tournoi ? Avez-vous un "feeling" différent ici ?

J.W.T. : Que j'ai réussi ici n’est pas le fruit du hasard. Je pense sincèrement que je suis le genre de joueur qui a besoin de se préparer. Pour les autres tournois, c’est tellement le rush avant que je ne peux pas me préparer. Parfois je n’ai plus envie de jouer parce que j’ai trop joué… Le tennis est tout de même un sport difficile, où il y a des décalages horaires, etc... Moi je me rajoute mes pépins physiques par-dessus : c’est un peu lourd. Faire mes soins deux heures par jour, 365 jours de l’année, pour moi c’est très contraignant. Certains ont la chance, de ne pas avoir, physiquement tous les pépins que je peux avoir : c’est peut-être plus facile. Mais pour moi, c’est assez lourd. Le fait d’avoir une coupure et de pouvoir me préparer pour ce tournoi, c’est quand même le top.

Qu’y a-t-il de particulier ici ?

J.W.T. : C’est super relax. On a un peu moins de sollicitations extérieures, donc on peut se concentrer davantage sur notre tennis.

Quand, malgré soi, on a tendance à avoir le corps qui flanche, que l’on a été aussi malchanceux en ce qui concerne les blessures, ne développe-t-on pas une sorte de blocage psychologique qui nous empêche un peu de "lâcher les chevaux" ?

J.W.T. : Si, complètement. Quand je reviens de blessure, j’ai du mal à vraiment me donner à fond. Sur un smash où, quand je suis en pleine forme, je vais tout éclater et vraiment montrer à mon adversaire que je saute et je mets la balle où il faut, là, c’est différent. Mais c’est comme ça.

Depuis quand devenir N.1 mondial est vraiment rentré dans vos objectifs, et n’a plus fait partie du simple rêve ?

J.W.T. : A mon avis, lorsque tu es en juniors et que tu commences à bien jouer, tu commences déjà à rêver de devenir le meilleur joueur du monde…

Qu’est ce qui vous sépare du Top 5 ? Et quel est le petit "truc" qu’il vous manque pour atteindre les sommets ?

J.W.T. : Je pense qu’avant toute chose, ils sont beaucoup plus techniques que moi. Mais difficile à dire, vraiment… Ils sont meilleurs, tout simplement !

Vous disiez que vous vouliez prendre désormais une nouvelle envergure, marquer votre sport, et le sport en général… Vous avez le curseur de l’ambition au maximum ?

J.W.T. : Je m’étais dit : "A un moment, je vais tout gagner". Et c’est vrai qu’aujourd’hui, je sais qu’avec le profil que j’ai, ce n’est pas possible. Je peux faire de gros coups, mais sur la continuité, je n’arriverai pas à gagner quatre Grands Chelems de suite, ni quinze tournois dans l’année. C’est clair que ce sera compliqué. Mais je sais que je peux faire de grandes choses.

Avec du recul, y a-t-il des choses que vous referiez différemment sur la saison 2010 ?

J.W.T. : Franchement ? Non.

Vous aviez dit que vous souhaitiez aménager votre calendrier différemment, favorisant les gros événements. Des plages de récupérations sont-elles prévues, de façon à anticiper tout éventuel problème ?

J.W.T. : En fait, c’est super compliqué, car nous avons la Coupe Davis qui vient s’intercaler dans le calendrier de l’ATP. Il n’est donc vraiment pas évident de trouver des plages de récup. On va peut-être me reprocher de ne pas prendre de plages, mais en même temps, si je ne joue pas en Coupe Davis, on va se dire "mais comment se fait-il qu’il ne joue pas ?? ". Il faut que je sois au four et au moulin, et quoi qu’il arrive, on sera critiqué à un moment donné pour ce que l’on a fait. J’essaye donc de faire le maximum, ce que je pense cohérent pour moi.

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