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Kyrgios et Kokkinakis, le tennis australien bourgeonne à nouveau

Kyrgios et Kokkinakis, le tennis australien bourgeonne à nouveau

Le 15/01/2014 à 16:20Mis à jour Le 15/01/2014 à 16:45

Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis sont les derniers locaux en course à Melbourne. Alors qu’ils défient Benoît Paire et Rafael Nadal, les deux copains, encore juniors l’an dernier, illustrent le renouveau du tennis australien.

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Le second tour n’est pas encore achevé qu’il ne reste déjà plus que deux Australiens en lice dans le tableau masculin à Melbourne Park. Lleyton Hewitt et Bernard Tomic ? Voire Marinko Matosevic ou Matthew Ebden, soit les quatre joueurs des antipodes présents dans le Top 100 ATP ? Perdu. Les deux survivants ont pour noms Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis. Tous deux sont bénéficiaires d’une wild-card dans le tournoi. Le premier a 18 ans, le second 17. L’an dernier, ils se sont disputés le titre junior de l’Open d’Australie, l’aîné l’emportant en finale sur son cadet. Bienvenue chez les grands en 2014. Kyrgios, qui a déjà passé un tour à Roland-Garros il y a huit mois, aux dépens de Radek Stepanek, s’est offert Benjamin Becker dans la chaleur de Melbourne. Kokkinakis, pour ses débuts dans un tableau final de Grand Chelem, a épaté les spectateurs du court n°3 en venant à bout d’Igor Sijsling, qui le devance de près de 500 places au classement (570e contre 73e).

"Ce sont de super talents et c’est génial de les voir cueillir leurs premières victoires ici", a salué leur aîné Patrick Rafter. Car c’est peu dire que l’Australie se languit d’une relève digne de ce nom. Depuis bientôt dix ans que Lleyton Hewitt a quitté le sommet de l’élite, le tennis des antipodes traverse un creux d’une profondeur inédite, dont seul Bernard Tomic a émergé ces dernières années. Pareil marasme a amené la fédération australienne à repenser ses organigrammes de fond en comble. Détection, formation et accompagnement vers le haut niveau : les champions des années 1990, Patrick Rafter et Todd Woodbridge en tête, ont été associés à l’entreprise de sauvetage de la nation en péril.

Ce travail de fond commence à porter ses fruits : à l’heure où la jeunesse peine à percer sur un circuit ATP faisant la part belle aux trentenaires, l’Australie affiche un réservoir de jeunes de moins de 21 ans unique au sein du Top 300. "Nous nous tirons vers le haut les uns les autres, explique Kokkinakis, benjamin de cette dizaine de joueurs - plus ou moins - prometteurs. On me parle souvent d’une rivalité entre Nick et moi. Peut-être, mais seulement lorsqu’on se joue sur le court. Sinon, on vient fréquemment suivre les matches de l’autre. Avec aussi Luke (Saville, ndlr) nous sommes quelques-uns à avoir bien marché chez les jeunes depuis deux, trois ans. Nos progrès respectifs nous aident à nous améliorer. Et puis devant, Bernard (Tomic, ndlr) est à peine plus vieux que nous, James et Matthew (Duckworth et Ebden, ndlr) passent aussi pas mal de temps avec nous... C’est un phénomène de groupe assez excitant."

"Quand on voit Lleyton combattre sur le Central avec toute la foule derrière lui..."

Groupe ou pas, Kyrgios et Kokkinakis seront bel et bien seuls sur le court à l’heure de défier respectivement Benoît Paire et Rafael Nadal. Avec des perspectives forcément différentes. Kyrgios, 183e mondial et plus jeune joueur classé parmi les 300 premiers à l'ATP, n’est évidemment pas favori contre le Français mais, porté par le public, il ne s’interdit rien : "Être considéré comme la prochaine génération, c’est bien sûr de la pression en plus, mais aussi beaucoup d’appétit. Quand on voit Lleyton combattre sur le Central avec toute la foule derrière lui... ça donne envie de vivre la même chose. J’ai l’avantage d’avoir déjà connu un deuxième tour en Grand Chelem. J’espère que cette expérience me servira."

Pour Kokkinakis en revanche, les ambitions ne peuvent être que limitées face au n°1 mondial Rafael Nadal, et lui dérober un set serait déjà considéré comme un résultat riche en promesses... Reste que l’éclosion brutale de ces deux frappeurs à peine sortis de l’adolescence rappelle de doux souvenirs aux Australiens. Il y a presque 20 ans, en 1996, un autre représentant de la diaspora grecque des antipodes sortait de sa boîte pour éliminer un n°1 mondial en exercice, ouvrant ainsi le dernier âge d'or en date du tennis austral, riche en titres du Grand Chelem et en Coupes Davis. Mark Philippoussis était certes déjà 40e mondial quand il a battu Pete Sampras à Melbourne, mais il prévient ses jeunes compatriotes : "Ne soyez pas trop respectueux. Allez-y franchement."

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