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Dix ans sans finale, et maintenant ?

Dix ans sans finale, et maintenant ?

Le 14/01/2018 à 09:00Mis à jour Le 14/01/2018 à 10:48

OPEN D'AUSTRALIE – Il y a tout juste dix ans, Jo-Wilfried Tsonga secouait le tennis mondial en atteignant la finale à Melbourne au terme d'un superbe parcours. A 22 ans, il pouvait rêver en grand. Richard Gasquet et Gaël Monfils, encore plus jeunes que lui, complétaient les légitimes espoirs tricolores. Mais de 2008 à 2018, on n'a plus revu un Français en finale d'un Grand Chelem.

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Villeneuve d'Ascq, 26 novembre dernier. Lucas Pouille s'écroule sur le court Pierre-Mauroy après une dernière faute de Steve Darcis. Après 16 ans d'attente, l'équipe de France remporte enfin la Coupe Davis. Le premier titre d'une génération dite dorée mais sevrée de trophées majeurs. Si le Saladier d'argent a apaisé quelques âmes, elle n'a pourtant pas fondamentalement changé la donne. C'est à l'aune du Grand Chelem et nulle part ailleurs que l'on jugera le bilan des Tsonga, Monfils, Gasquet et Cie. Même avec un saladier en poche.

En ce mois de janvier austral, le tennis tricolore fête les dix ans de l'éclosion de Jo-Wilfried Tsonga. Auteur d'un tournoi gigantesque et surtout d'une demi-finale de mutant contre un Rafael Nadal estomaqué à qui il n'avait laissé que sept petits jeux, le Manceau avait tout d'un futur vainqueur en Grand Chelem. Au-delà de son cas, c'était le temps du fol espoir. En moins d'un an, trois joueurs français, tous âgés de 21 ans ou 22 ans, avait pointé le bout du nez dans trois majeurs différents : demi-finale pour Gasquet à Wimbledon (2007), finale pour Tsonga en Australie (2008) et demie pour Monfils à Roland-Garros (2008).

Disette inédite

Ces promesses de l'aube n'ont été que très partiellement confirmées. Depuis, les Français sont apparus huit fois dans un dernier carré majeur, grâce au même trio, dont cinq pour le seul Tsonga. Mais ces huit matches se sont soldées par huit défaites. Le 27 janvier, cela fera donc dix ans que le tennis masculin français n'a plus été impliqué dans une finale de Grand Chelem.

Une disette inédite par son ampleur depuis le titre de Yannick Noah à Roland-Garros, en 1983. Henri Leconte (Roland-Garros 1988), Cédric Pioline (US Open 1993 et Wimbledon 1997), Arnaud Clément (Open d'Australie 2008) et, donc, Tsonga à Melbourne en 2008), avaient maintenu une présence tricolore relativement régulière. Jamais plus de sept ans, maximum, entre deux finales. Et une seule, donc, pour la génération Tsonga, soit deux de moins que le seul Pioline. Bien sûr, l'effet "Big Four" a joué à plein, mais cela n'explique pas tout.

Peut-il y avoir un "effet Coupe Davis" ? On aimerait y croire mais si l'homogénéité de l'équipe de Yannick Noah a été une indéniable force dans la conquête d'un saladier largement délaissé par les ténors, le contexte du Grand Chelem est radicalement différent. Ici, ce sont les individualités qui s'expriment et les deux défaites en trois sets concédées lors de la finale lilloise face à David Goffin par Tsonga et Pouille, les deux leaders tricolores du moment, incitent davantage à la circonspection qu'à l'optimisme.

Jo-Wilfried Tsonga contre David Goffin lors de la finale de Coupe Davis 2017.

Jo-Wilfried Tsonga contre David Goffin lors de la finale de Coupe Davis 2017.Getty Images

Pouille, le meilleur atout ?

L'air de Melbourne a souvent réussi aux Français. C'est par exemple le majeur où Tsonga a le plus souvent atteint les quarts de finale. La Rod Laver Arena est aussi la seule, au XXIe siècle, à avoir accueilli un Frenchy en finale de Grand Chelem. Une telle ambition parait néanmoins là aussi relever davantage du fantasme que de l'objectif réaliste, surtout après le tirage au sort, qui pourrait bien transformer la première semaine des Français en parcours du combattant. Federer, Djokovic, Carreno Busta, Kyrgios, Anderson, Thiem. Voilà les joueurs que Gasquet, Monfils, Simon, Tsonga et Mannarino vont a priori devoir écarter s'ils veulent se hisser ne serait-ce qu'en huitièmes de finale.

L'embellie de début janvier, avec les titres de Monfils et Simon à Doha et Pune, est tombée à pic pour rappeler la densité tricolore puisque le Parisien et le Niçois ne figuraient pas dans le groupe pour la finale de Coupe Davis. Mais ils ont le désavantage d'aborder l'Australian sans le statut de tête de série. Tout n'est évidemment pas noir et, après tout, il est des éclosions qui ne se prévoient pas. Qui, il y a dix ans, aurait imaginé voir Jo-Wilfried Tsonga finale ? Personne, pas même lui. Alors, qui est le plus susceptible de "faire une Tsonga", ou à tout le moins quelque chose d'approchant ?

S'il en est un qui peut bénéficier de l'effet saladier, c'est peut-être Lucas Pouille. Il ne traine pas derrière lui les frustrations de Tsonga et Cie. A 23 ans, il incarne l'avenir et n'a pas grand-chose à envier à un Goffin au même âge. Il est peut-être aussi celui qui bénéficie du tableau le moins dantesque. Kevin Anderson et Jack Sock sont sur sa route d'ici les quarts de finale. C'est tout sauf simple, mais ce n'est pas injouable non plus. Sauf que Pouille, pour l'instant, à Melbourne, c'est quatre participations pour autant de défaites au premier tour. Sa culture de la lose australe à lui...

Lucas Pouille - France - Coupe Davis 2017

Lucas Pouille - France - Coupe Davis 2017Getty Images

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