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Lucas Pouille : "Je me suis dit, 'OK, maintenant tu vas bouger un peu ton cul et y retourner'"

"Je me suis dit, 'OK, maintenant, tu vas bouger un peu ton cul et y retourner'"

Le 23/01/2019 à 12:14Mis à jour Le 23/01/2019 à 12:36

OPEN D'AUSTRALIE – Lucas Pouille avait achevé 2018 au fond du trou. Plus de résultats, plus de confiance, et surtout plus d'envie. L'heure était grave. Un nouveau coach, un nouveau départ et un désir retrouvé l'ont remis en selle dès ce début d'année. Le Français s'est posé les bonnes questions. Le voilà en demi-finale à Melbourne.

Clémence Bertrand, la compagne de Lucas Pouille, en a pleuré dans les tribunes. De joie, bien sûr. Sans doute parce qu'elle est mieux placée que quiconque pour savoir d'où revient son homme de champion. "Je suis tellement heureuse pour lui. L'an passé, il a vécu un burn-out, on peut dire ça, oui", a-t-elle confié à nos confrères de RMC. Le Nordiste a trainé sa misère pendant des mois. Il avait perdu l'envie, la grinta, le feu sacré, l'œil du tigre, appelez-ça comme vous voudrez. Et sans cette étincelle, rien ne peut marcher.

La résurrection de Lucas Pouille, c'est d'abord celle d'un désir retrouvé. "Je suppose que ça arrive dans une carrière", a témoigné le Français après sa victoire contre Milos Raonic, synonyme de première demi-finale majeure. Il est effectivement loin d'être le premier à connaître ce phénomène. Même Novak Djokovic, son illustre prochain adversaire, a vécu ça, dans d'autres circonstances, il y a deux ans. "Je joue au tennis depuis seize ans, poursuit Pouille. C'était la première fois que ça m'arrivait, j'avais perdu le plaisir d'être sur le court, de m'entraîner, de m'entraîner dur. Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé, mais c'est arrivé."

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Introspection salutaire

L'intersaison a été celle de l'introspection pour celui qui, au printemps dernier, avait furtivement intégré le Top 10 mondial. Son changement de coach, avec la mise à l'écart d'Emmanuel Planque qui était pour lui "bien plus qu'un entraîneur", et l'arrivée d'Amélie Mauresmo, a été une étape importante de cette remise en question. Mais il devait d’abord trouver les réponses lui-même. Sans se mentir. "J'ai pris le temps de savoir ce que je voulais vraiment faire, avoue-t-il. Je me suis dit 'OK, tu as probablement encore dix ans sur le circuit si tu le veux vraiment. Est-ce que tu veux passer dix ans comme ça, ou est-ce que tu veux en profiter, t'éclater sur les plus grands courts du monde, devant des publics incroyables, avoir de grands objectifs, gagner des titres ?'"

Visiblement, la réponse a été positive. L'envie est revenue. "Je me suis dit, OK, maintenant tu vas bouger un peu ton cul et y retourner", sourit le demi-finaliste. Mais sans se forcer. "Je voulais aller m'entraîner en le voulant vraiment. Si tu n'as pas envie de faire une séance, ça ne sert à rien. Et c'est revenu comme ça", poursuit-il. La fraicheur de son nouveau staff, avec un nouveau regard, un nouveau discours, a renforcé l'impression de nouveau départ. Et voilà comment la machine est repartie en ce début d'année 2019.

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Emmanuel Planque a été primordial dans la construction et l'éclosion de Lucas Pouille au plus haut niveau, et il ne faudra jamais l'oublier. Mais parfois, l'usure des couples, en tennis comme ailleurs, amène dans une impasse. Avec Mauresmo, il vit la douce euphorie des nouvelles aventures. C'est tout nouveau tout beau. "Il y a une atmosphère de travail très cool, décrit-il. On n'est pas trop sérieux quand on est en dehors du boulot. On peut se marrer. Faire des blagues. Mais quand on s'y met, on s'y met. Amélie, à l'entraînement, elle est concentrée à fond sur la moindre balle. C'est bien d'avoir trouvé cet équilibre."

" On avait tous des attentes très modérées en arrivant ici..."

Reste que son parcours australien n'en reste pas moins une divine surprise. "On avait tous des attentes très modérées en arrivant ici, avoue Lucas Pouille. Je pense que si j'avais demandé à quelqu'un 'tu penses que je vais faire quoi dans cet Open d'Australie ?', personne n'aurait répondu demi-finales ou mieux. De ma part, de la part de mon staff, il n'y avait pas de grosses attentes. Certainement pas quarts ou demi-finales en tout cas."

Pouille ne va donc pas la faire à l'envers, en mode "je savais". Non, il ne savait pas. Mais, maintenant que le résultat est là, il sait pourquoi. "Ce qui m'a aidé, estime-t-il, c'est d'avoir pris étape par étape et de juste vouloir mettre en place ce que nous avons travaillé. Je voulais juste gagner le premier match. Quand j'ai passé un tour, fais un bon match, je me suis tout de suite tourné vers le suivant. Après, la confiance revient avec les victoires, au fur et à mesure." Puis la victoire contre Alexei Popyrin a achevé de réactiver le mode déclic : "j'avais besoin de ce genre de bataille, accrochée, difficile, pour retrouver vraiment confiance en moi. Maintenant, elle est là." Et ça se voit.

Lucas Pouille lors de son quart de finale contre Milos Raonic à l'Open d'Australie

Lucas Pouille lors de son quart de finale contre Milos Raonic à l'Open d'AustralieGetty Images

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