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Open d'Australie : Melbourne, terres de divines surprises pour les Français

Melbourne, terres de divines surprises pour les Français

Le 24/01/2019 à 13:16Mis à jour Le 24/01/2019 à 18:49

OPEN D'AUSTRALIE - Au fil des années, nombreux sont les Français à avoir surpris leur monde pour se hisser dans le dernier carré à Melbourne. De Noah à Tsonga en passant par Escudé, Clément et Grosjean, Lucas Pouille s'inscrit dans une belle tradition française en Australie.

Yannick Noah - 1990

A son tableau de chasse, Yannick Noah n'a pas pléthore de demi-finales de Grand Chelem. Deux en fait. Personne n'a oublié la première, face à Christophe Roger-Vasselin, qui l'a mené à la victoire en 1983 à Roland-Garros. La seconde, pour sa dernière année en Grand Chelem, était pour le moins surprenante. Sa saison 1989 avait été marquée par deux éliminations au premier tour à Melbourne et à Wimbledon et un quart de finale à l'US Open.

Yannick Noah

Yannick NoahImago

Tête de série numéro 12 en arrivant en Australie, Noah souffre au premier tour face à Prpic et s'en sort en cinq manches. La suite se passe beaucoup mieux avec des victoires probantes sur Agenor et Bloom avant un quart maîtrisé face à Pernfors. La chance de Noah cette année-là ? Peut-être la disqualification de John McEnroe en huitièmes contre le Suédois pour injure envers le juge-arbitre. Toujours est-il que même avec une fin en demi-finale face à l'ennemi Ivan Lendl, l'aventure était aussi surprenante que plaisante pour un joueur que l'on croyait en bout de course.

Nicolas Escudé - 1998

Pour Nicolas Escudé, cet Open d'Australie est exceptionnel à plus d'un titre. Premièrement, il arrive à Melbourne avec six matches de Grand Chelem seulement au compteur pour trois petites victoires. Il n'a jamais joué à Melbourne ni disputé le moindre match en cinq manches dans sa carrière et va en remporter trois pendant la quinzaine.

Nicolas Escudé

Nicolas EscudéImago

Mieux, jamais un joueur n'avait remonté par trois fois pendant le même Grand Chelem un retard de deux sets. Escudé, 22 ans, va le faire contre Magnus Larsson au premier tour (5-7, 4-6, 7-5, 6-1 et 10-8), Richey Reneberg au troisième (1-6, 6-7, 6-2, 7-5, 6-4) et face à Nicolas Kiefer en quart de finale (4-6, 3-6, 6-4, 6-1, 6-2). Émoussé, Escudé vit un calvaire contre Rios en demi-finale mais de sa 81e place mondiale, il a étonné son monde et ravi la France du tennis.

Arnaud Clément et Sébastien Grosjean - 2001

L'une des deux seules demi-finales franco-françaises de l'ère Open en Grand Chelem avec le Noah – Roger-Vasselin de 1983 à Roland. Rien que pour ça, cette demi-finale entre les deux amis est historique. A Melbourne, Clément (n°15) emporte tout sur son passage : Robredo, Martin, Federer et Rusedski sont écartés en trois sets. En quarts, Ievgueni Kafelnikov, tête de série n°4, finaliste en 2000 et victorieux en 1999, s'incline en quatre manches.

Arnaud Clément et Sébastien Grosjean à Melbourne en 2001

Arnaud Clément et Sébastien Grosjean à Melbourne en 2001AFP

Sébastien Grosjean (n°16) régale lui aussi : Ljubicic, Siemerink et Johansson, vainqueur du tournoi la saison suivante, ne lui prennent pas un seul set. Magnus Norman fait à peine mieux en huitièmes mais Moya est laminé en quarts. Les deux Tricolores ont survolé leur partie de tableau jusqu'au dernier carré, qu'ils découvrent tous les deux, au-delà du vraisemblable. En finale, Clément ne peut rien contre Agassi mais une nouvelle fois, Melbourne a souri au tennis tricolore.

Jo-Wilfried Tsonga - 2008

La dernière finale d'un Français en Grand Chelem. A cette époque, Richard Gasquet occupe le siège de numéro un tricolore (n°8) devant Paul-Henri Mathieu (n°23) et Gilles Simon (n°28). Mais c'est un autre Tricolore qui va sortir du bois pour le plus grand bonheur du public local. Seulement 38e mondial, minée par des blessures, Tsonga tarde à décoller. Jusqu'à cette quinzaine d'exception.

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried TsongaAllsport

L'élimination d'Andy Murray, tout juste top 10 à l'époque, au premier tour annonçait la couleur. Warburg, Guillermo Garcia-Lopez, Gasquet et Youzhny suivent. En demi-finale, Rafael Nadal s'avoue impuissant face à "une avalanche" qui s'achève par un 6-2, 6-3, 6-2 retentissant. Charismatique, spectaculaire, Jo-Wilfried Tsonga est fait pour briller en Australie, là où l'ambiance n'est pour le moins pas feutré. Le bondissant Manceau réalise un tel tournoi qu'on ne peut l'imaginer ne pas retourner en finale de Grand Chelem. Onze ans plus tard, l'histoire ne s'est pas répétée mais quel bonheur d'avoir vu évoluer ce Tsonga pendant cette quinzaine. Aussi inattendu que destructeur, Tsonga a enchanté la planète tennis.

Lucas Pouille - 2019

Non, Lucas Pouille ne bénéficie pas de la même cote d'amour que son prédécesseur dans le dernier carré à l'Open d'Australie. Mais était-il plus attendu en demi-finale cette année ? Pas sûr. Pouille, c'est avant tout l'histoire d'un joueur qui ne sait pas faire dans la demi-mesure. Il n'avait jamais remporté le moindre match à l'Open d'Australie avant de filer en demie cette année, tout comme il l'avait fait pour aller en quarts à Wimbledon et à l'US Open en 2016. En mal de confiance après deux saisons très difficiles en Grand Chelem (11 victoires au total), Pouille a avancé masqué pour finalement faire du bruit avec un match maîtrisé de main de maître en quarts de finale face à Milos Raonic.

Vidéo - Un grand match pour une première demie : Pouille a sorti le très grand jeu contre Raonic

03:05

S'il se penche sur l'histoire tricolore à l'Open d'Australie, Pouille comprendra qu'il s'inscrit dans une belle tradition : celle de découvrir le dernier carré d'un Grand Chelem à Melbourne. Comme Escudé, comme Grosjean et Clément, comme Tsonga. S'il va un peu plus loin, il verra aussi que trois des six Français en demi-finale de l'Open d'Australie ont poursuivi jusqu'en finale. Pour cela, il faudra se débarrasser de Novak Djokovic.

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