Pouvait-on envisager plus belle finale ? Si certains romantiques auraient sans doute aimé revivre une baston entre Novak Djokovic et Rafael Nadal pour un 57e acte prestigieux de leur duel historique, les plus cartésiens avaient choisi leur duel de rêve : le patron du circuit contre l'homme le plus en forme de celui-ci. Si cette finale entre le taulier Djokovic et le jeune loup Medvedev excite autant, c’est aussi que son issue semble plus incertaine que jamais. Parce que le Russe a des arguments tennistiques à opposer et même des stats rationnelles à présenter (3 victoires lors de ses 4 derniers duels face au "Djoker").
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Alors, qui est favori ? Pour les amateurs de tennis, c’est une question délicieuse qui n’appelle pas forcément d'issues tranchées mais des débats enflammés. Pour les bookmakers, c’est un casse-tête auquel il faut trouver une réponse concrète. Et rapidement. Aussitôt l’affiche connue à dire vrai. "Les cotes sont sorties instantanément après la deuxième demi-finale et à 16h ce vendredi, c’était 1,84 pour Djokovic et 1,96 pour Medvedev", nous relate Ben, trader pour Winamax. Les accrocs le confirmeront et les novices le comprendront : les différences sont minimales.
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Medvedev face à Djokovic : "une finale de rêve"

"Il n’y a pas vraiment de choix, continue-t-il. Ce n’est pas du 50-50 mais presque. Plus un truc comme 46-54". Quelle équation a été résolue pour trouver cet équilibre ? Un subtil mélange de faits avant que les algorithmes ne se mettent en place. "Les maths rentrent dans un aspect global mais il y a aussi beaucoup d’autres éléments : Djokovic est numéro un mondial, il a un jour de récupération en plus donc ces micros-ajustements font des micros-arguments qui font pencher un peu la balance", détaille Ben.
Chez les bookies aussi, on reste marqué par le Big Three et son implacable domination en Grand Chelem. "Sur ce choix, c’est l'expérience qui pèse, poursuit Ben. L'historique sur le long terme a toujours un impact considérable. Si on reprend Barça-PSG de mardi, même si Paris peut sembler plus fort dans l’absolu, le Barça sera toujours ‘sous-coté’ parce que historiquement ils sont plus forts. Pour Djoko, Nadal ou Federer, c’est pareil. Ils auront toujours une cote un peu plus basse".

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Batailles de cotes et ajustements

Voilà pour le global et les tendances présentes. Si tout se déroule sans accroc, c’est bien Novak Djokovic qui sera légèrement favori chez les sites de paris en ligne. Mais le temps, c’est de l’argent. Et d'ici dimanche, rien ne dit que la situation ne change pas du tout au tout. "Si une info tombe d'ici dimanche, la cote va s’adapter, explique encore Ben. Quand Djoko termine sur les rotules face à Fritz, sa cote en tant que 'vainqueur de l’Open d’Australie' est fatalement montée. Mais dès qu’il revient sur le court, qu’on voit qu’il va bien à peu près, on s’adapte".
Reste que les cotes fluctuantes n’ont parfois pas grand-chose à voir avec l’actualité sportive mais bel et bien des manœuvres quasi-boursières. "Ce qui va faire que les cotes vont évoluer, ce sont les chiffres entre les différents bookmakers, détaille notre trader. Chacun va essayer d’avoir les meilleures cotes, donc va s’adapter aussi aux cotes des concurrents. Cette concurrence va expliquer ces cotes qui vont bouger jusqu'à dimanche mais ça risque d’être minime".

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Si vous êtes cartésiens, c’est donc vers Novak Djokovic que vous devriez vous tourner si vous voulez toucher le gros lot. En théorie, seulement. Car, en pratique, c'est tout l’inverse. "A l'heure où je vous parle (vendredi, à 16h), il y a 82% des mises sur Medvedev, révèle Ben. C'est vraiment les toutes premières tendances. Ca va s'équilibrer d'ici dimanche mais les joueurs ont tendance à préférer Medvedev qui a une cote plus intéressante".
Une pratique souvent observée chez les parieurs. "Les matches qui engendrent le plus de mises sont souvent ceux où il y a un favori qui se détache, explique-t-il. En misant sur le favori, il joue la sécurité. Un PSG-Dijon, les gens vont quand même miser sur le PSG par pur sécurité. Sur ce match-là, les joueurs risquent de jouer un peu moins cher que leur mise habituelle mais vont peut-être choisir la cote légèrement plus haute. C'est surtout ça qui explique que Medvedev soit plus choisi que Djokovic".
Reste que depuis qu’il y travaille depuis six ans, Ben a rarement des cotes aussi proches avant une finale de Grand Chelem. Un seul exemple lui vient en tête spontanément : "La finale 2019 de Wimbledon entre Djokovic et Federer, on était sur des cotes assez similaires, très serrées". On souhaite à celle de dimanche la même dramaturgie.

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