Par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

20. Venus Williams - Serena Williams

Open d'Australie
Zverev prend position pour Djokovic avant Melbourne : "J'espère qu'il y aura une exception"
21/11/2021 À 09:30
Edition : 1998
2e tour
Vainqueur : Venus Williams (Etats-Unis)
Adversaire : Serena Williams (Etats-Unis)
Score : 7-6, 6-1
Lorsqu'elle déboule sur le circuit et y signe ses premiers coups d'éclat en 1997, Venus Williams avait prévenu : "Je suis très forte, mais ma petite sœur Serena sera encore plus forte que moi". Ce en quoi elle avait raison sur toute la ligne. Les deux pépites sont appelées à jouer un rôle majeur sur le circuit et les deux frangines, inévitablement, seront aussi amenées à être des rivales. Leur histoire commune débute en janvier 1998 à l'Open d'Australie. Le premier de leurs 41 affrontements, sur plus de deux décennies.
Venus a alors 17 ans. Serena 16. Mais l'ainée a déjà une finale de Grand Chelem dans les jambes et dans la tête, quelques mois plus tôt, à l'US Open. Après un premier set accroché, elle s'impose en deux sets, 7-6, 6-1, mais la nervosité des deux sœurs saute aux yeux, y compris dans la manche initiale où elles partagent un total de huit breaks !
Les deux sœurs qualifient elles-mêmes ce premier duel de "très moyen" du point de vue qualitatif. Mais c'est le début d'une histoire, d'une partie de l'histoire du tennis féminin qui s'écrit là. "Ce que vous avez vu aujourd'hui, c'est le futur", promet d'ailleurs Serena, un peu tendre et éliminée mais déjà pleine de certitudes. Encore une fois, le clan Williams aura raison.

19. Martina Hingis - Mary Pierce

Edition : 1997
Finale
Vainqueur : Martina Hingis (Suisse)
Adversaire : Mary Pierce (France)
Score : 6-2, 6-2
Une tueuse au sourire enjôleur. C’est à peu près en ces termes que la presse australienne décrit l’émergence d’une championne à la précocité historique. A 16 ans, 3 mois et 26 jours, Martina Hingis devient la plus jeune joueuse dans l’ère Open (seule la Britannique Lottie Dod avait été sacrée plus tôt à 15 ans et 10 mois à Wimbledon en… 1887) à remporter un tournoi du Grand Chelem. Le record tient encore et c’est bien la raison principale pour laquelle cette finale 1997 figure dans notre classement.
Car de match, il n’y a pas eu. Trois balles de break écartées pour commencer et la Suissesse, "dans la zone", éparpille notre Mary Pierce nationale qui avait pourtant gagné leurs trois duels précédents. Également titrée en double, elle réalise le premier doublé depuis Martina Navratilova en 1985, légende à laquelle elle doit son prénom. "Ça va être plus dur que sur le court", dira d’ailleurs l’adolescente, un brin hautaine, en ouverture de conférence de presse post-titre. Plus jeune numéro 1 de l’histoire le 31 mars suivant (16 ans et 6 mois), Hingis sera invincible jusqu’en finale de Roland-Garros avant de réaliser le petit Chelem cette année-là.

18. Evonne Goolagong - Chris Evert

Edition : 1974 (jouée fin 1973)
Finale
Vainqueur : Evonne Goolagong (Australie)
Adversaire : Chris Evert (Etats-Unis)
Score : 7-6(5), 4-6, 6-0
Avant l'avènement de Navratilova, Chris Evert crut longtemps qu'Evonne Goolagong serait LA grande rivale de sa carrière. Plus âgée de trois ans, l'Australienne d'origine aborigène, 22 ans, est alors la joueuse la plus en vue derrière sa compatriote Margaret Court, absente cette année-là.
Pour cette édition 1974, jouée en fait (à Kooyong) à cheval entre fin 1973 et début 1974, les deux jeunes femmes se retrouvent pour la première fois dans une finale de Grand Chelem. Goolagong en a déjà remporté deux. Evert aucune. Contrairement à son boyfriend Jimmy Connors, qui remporte cette même édition, l'Américaine devra encore attendre un peu avant d'ouvrir son majeur palmarès. Elle est en effet battue au terme d'une finale harassante, qu'elle termine essorée par l'âpreté des échanges et la chaleur moite.
Goolagong, qui a pris une douche avant le 3e set, remporte enfin son premier Open d'Australie, après trois échecs en finale. Elle conservera son titre lors des deux éditions suivantes.

17. Gabriela Sabatini - Mary Pierce

Edition : 1993
Quart de finale
Vainqueur : Gabriela Sabatini (Argentine)
Adversaire : Mary Pierce (France)
Score : 4-6, 7-6(12), 6-0
Cette édition 1993 est faste pour le tennis féminin français qui place deux joueuses en quarts de finale d'un Grand Chelem pour la première fois depuis 1971 : Julie Halard et Mary Pierce, toutes deux néophytes à ce niveau. A 18 ans, cette dernière livre contre Gabriela Sabatini, sous le toit du central, un match d'une intensité folle où elle a trois opportunités pour conclure dans un tie break du 2e set long de 24 minutes.
Sur la première, à 8-7, elle rate un passing "facile" après que son adversaire a fait des miracles au filet. Sur la deuxième, à 10-9, elle hurle sa joie après avoir frappé ce qu'elle pense être un coup droit gagnant... finalement overrulé par l'arbitre (à juste titre). Et sur la troisième, à 10-9, elle commet la faute après avoir vu une autre accélération de coup droit très jouable freinée par la bande du filet. Maudite Mary, qui encaisse une "bulle" au 3e set dans ce combat de boxe achevé à 1h42 du matin.

16. Jennifer Capriati - Martina Hingis

Edition : 2001
Huitième de finale
Vainqueur : Jennifer Capriati (Etats-Unis)
Adversaire : Monica Seles (Etats-Unis)
Score : 7-5, 5-7, 9-7
Drôle de carrière que celle de l'Américaine. Enfant prodige du tennis mondial, demi-finaliste de Roland-Garros à 14 ans dès sa première participation à un Grand Chelem, elle connait une traversée du désert pendant quatre ans. A 17 ans, Jenny n'en peut plus. La pression, la célébrité... Elle s'éloigne des courts, se perd en route, est arrêtée pour vol à l'étalage et détention de marijuana. Sa chance, c'est sa jeunesse. Quand elle repointe le bout du nez au plus haut niveau au début des années 2000, elle n'a encore que 23 ans après tout.
L'Open d'Australie 2001 marque pour de bon son retour au sommet. Elle va remporter ce tournoi, son premier Majeur, en battant Martina Hingis en finale. Mais c'est en quarts, contre Monica Seles, que chacun comprend qu'elle a tourné définitivement la page de ses années noires post-adolescentes. Seles n'a alors perdu qu'un seul match sur trente-huit dans sa carrière à Melbourne, où elle a d'ailleurs remporté son unique Majeur de sa "deuxième carrière".
Pour l'une comme pour l'autre, ce quart de finale, c'est retour vers le futur. Elles semblent avoir dix ans de moins. Le 1er set, notamment, est faramineux. Seles le remporte 7-5, mais à l'usure, Capriati prend peu à peu le dessus. "C'est peut-être le meilleur match de ma vie", dit-elle en sortant du court. Ce n'est pas loin d'être vrai.

15. Amélie Mauresmo - Lindsay Davenport

Edition : 1999
Demi-finale
Vainqueur : Amélie Mauresmo (France)
Adversaire : Lindsay Davenport (Etats-Unis)
Score : 4-6, 7-5, 7-5
Si sa carrière a pris ensuite l'ampleur que l'on sait, le fabuleux destin d'Amélie Mauresmo reste irrémédiablement associé à son épopée australienne de 1999. A 19 ans, la Française, 29e mondiale, fait preuve d'une force mentale époustouflante pour gagner le droit de jouer sa première finale majeure en battant la n°1 mondiale Lindsay Davenport au terme d'une demi-finale sensationnelle.
Sans doute agacée par le scénario (elle a menée 4-2 au 3e set et été victime d'une overrule très limite dans le dernier jeu qui lui a coûté une double faute), l'Américaine, pourtant pas la moins puissante du circuit, déclare après sa défaite avoir eu l'impression de "jouer contre un homme". Elle se fendra d'un mot d'excuse à Amélie, qui doit aussi endurer une autre phrase malheureuse de Martina Hingis, face à laquelle elle s'incline en finale. Mais elle définitivement gagné le respect de tous.

14. Serena Williams - Venus Williams

Edition : 2017
Finale
Vainqueur : Serena Williams (Etats-Unis)
Adversaire : Venus Williams (Etats-Unis)
Score : 6-4, 6-4
Dix-neuf ans après leur tout premier duel ici-même, les éternelles sisters se retrouvent pour la 9e fois dans une finale de Grand Chelem qui devient la plus "vieille" de l'ère Open (72 ans d'âge combiné, à un jour près). Une finale qui ne brille pas par son contenu mais qui reste chargée d'histoire.
Elle permet à Serena de remporter, à 35 ans et 125 jours (record aussi), son 7e Open d'Australie (record toujours, du moins dans l'ère moderne) et son 23e titre du Grand Chelem au total (le dernier à ce jour), dépassant Steffi Graf et s'installant juste derrière Margaret Court au palmarès des joueuses les plus titrées de tous les temps. Accessoirement, elle redevient aussi n°1 mondiale. Et, comble de tout, on apprendra quelques semaines plus tard qu'elle était enceinte de deux mois lors de ce sacre. Peut-être une forme de record, là encore. En tout cas un exploit de plus.

13. Caroline Wozniacki - Simona Halep

Edition : 2018
Finale
Vainqueur : Caroline Wozniacki (Danemark)
Adversaire : Simona Halep (Roumanie)
Score : 7-6(2), 3-6, 6-4
L'image est un classique : celle d’une championne en Grand Chelem qui s’effondre sur le dos après le dernier point et se relève, secouée de sanglots, après avoir réalisé son rêve. Mais pour Caroline Wozniacki, ce 27 janvier 2018 constitue plus qu’une consécration, c’est un juste retour des choses. D’une régularité phénoménale au plus haut niveau et numéro 1 mondiale à plusieurs reprises, elle avait subi nombre de procès en illégitimité en raison de son incapacité à s’imposer en Majeurs. Ce succès acquis de haute lutte fait taire une fois pour toutes les critiques.
Entre les deux premières têtes de série – Simona Halep affiche alors le dossard 1 –, la finale est à la hauteur des attentes : un combat de tous les instants entre deux contreuses exceptionnelles. Wozniacki prend les devants, mais sa rivale ne lâche rien. Un point pourrait résumer cette partie d’une formidable intensité, celui qui permet à la Danoise de s’offrir la balle de titre : 16 coups et une défense phénoménale face aux assauts adverses.
Pour Halep, c’est le marathon de trop après des victoires à l’arraché contre Lauren Davis (voir par ailleurs) au 3e tour et Angelique Kerber en demi-finale. Complètement déshydratée, la Roumaine passe une partie de la nuit suivante à l’hôpital, sous perfusion. Mais ce n’est que partie remise pour celle qui connaîtra à son tour ce grand bonheur à Roland-Garros.

12. Justine Henin - Lindsay Davenport

Edition : 2003
Huitième de finale
Vainqueur : Justine Henin (Belgique)
Adversaire : Lindsay Davenport (Etats-Unis)
Score : 7-5, 5-7, 9-7
"Pensez-vous qu'elle simulait ?"
Réponse de Lindsay Davenport : "Non, non..." Le tout dit dans un sourire crispé dont l'ironie n'échappe à personne.
L'Américaine, à chaud, l'a un peu mauvaise. Elle vient de perdre son huitième de finale contre Justine Hénin, 9-7 au 3e set. Quelques minutes avant ce dénouement, à 7-7, la Belge a souffert de crampes. Elle s'est écroulée sur le terrain et a vraiment cru que le match était fini pour elle : "J'avais l'impression de mourir sur le court. Je pensais que c'était fini pour moi mais j'ai réussi à reprendre le match et j'ai donné ce qu'il me restait."
Ce match, Justine Henin aurait pu et dû le gagner bien plus tôt. Avec un set et un break d'avance, elle domine les débats et respire la sérénité. Mais à l'époque, celle qui occupe alors la 5e place mondiale a une petite réputation de "chokeuse". Cette fois encore, elle coince au moment de conclure et Davenport revient dans le match. Jusqu'à cette issue heureuse pour la Belge.
"Pas mal de gens ont dû se dire que Hénin avait de nouveau une fois craqué mais aujourd'hui, ce n'était pas le cas", savoure-t-elle. Davenport, elle, avoue avoir rarement disputé un match "avec autant de rebondissements." Elle n'a pas tort : menée 7-5, 4-1, balle de 5-1 contre elle, elle aura ensuite mené 4-1 à son tour dans la dernière manche pour finalement s'incliner.

11. Serena Williams - Maria Sharapova

Edition : 2005
Demi-finale
Vainqueur : Serena Williams (Etats-Unis)
Adversaire : Maria Sharapova (Russie)
Score : 2-6, 7-5, 8-6
22 confrontations. 20-2 en faveur de Serena Williams. L'Américaine a ruiné une partie de la pourtant enviable carrière de Maria Sharapova. Le tournant ? Peut-être cette demi-finale de l'Open d'Australie 2005. A l'époque, même si cela parait difficile à croire aujourd'hui, la Russe a remporté deux de leurs trois premiers duels. Deux finales, à Wimbledon et au Masters, en 2004. Elle peut donc afficher une certaine confiance avant ce 4e opus. Serena, elle, n'a plus gagné le moindre Grand Chelem depuis un an et demi.
Ce match, Maria Sharapova a sans doute longtemps dû se demander comment elle avait pu le perdre. Elle sert une première fois pour le match à 6-2, 5-4 en sa faveur. Puis une seconde, à nouveau à 5-4 en sa faveur, dans le dernier set. Là, elle obtient même trois balles de qualification pour la finale, sans pouvoir conclure. Finalement, Serena s'impose 8-6 après 2h59 d'une bataille qui va faire date dans sa carrière, et dans la relation entre les deux championnes.
"Les matches où tu sauves des balles de match donnent toujours les meilleures victoires. Je me suis battue contre Maria et contre moi-même. J'avais deux adversaires parce que j'ai fait un nombre terrible d'erreurs", estime-t-elle en conférence de presse. Trois jours plus tard, elle va renouer avec un grand titre, en battant Lindsay Davenport en finale.
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