La victoire de la maturité ? Difficile de faire plus cliché. Pourtant, il y a de ça. C'est en tout cas comme ça que Stefanos Tsitsipas l'interprète. Ce n'est pas la première fois que le Grec signe un succès majuscule à Melbourne. C'est d'ailleurs sur la Rod Laver Arena qu'il a pour l'instant accompli ses deux plus grandes performances en Grand Chelem.
Il y avait eu son huitième de finale contre Roger Federer, il y a deux ans, comme un acte de naissance. Il y a désormais ce quart contre Rafael Nadal, toujours sur la Rod Laver Arena. "Ça rappelle de bons souvenirs, a-t-il souri mercredi soir. Je sens une connexion particulière avec ce court, j'aime tellement la Rod Laver Arena."
S'il n'a pas envie de hiérarchiser, et on le comprend, cette victoire-là est pourtant sans doute plus marquante encore, au moins de par son scénario. Remonter un handicap de deux sets face à un Rafael Nadal qui venait d'en remporter trente-cinq de suite en Grand Chelem, c'est un exploit colossal.
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Je m'étais mis dans cette situation, il fallait que je m'en sorte tout seul
D'autant que si Tsitsipas a bénéficié d'un bon coup de pouce de son adversaire dans le tie-break du 3e set, sur les deux dernières manches, le meilleur joueur sur le court, c'était lui. "Des moments comme ça, je n'en ai pas vécu beaucoup dans ma carrière, on en rêve de moments comme ceux-là, avoue-t-il. Je veux en profiter.Battre de cette manière un top joueur comme Rafa, un champion aussi respecté que lui, ça provoque des émotions particulières. Je n'avais jamais ressenti ça."
Sans doute est-ce parce qu'il (pres)sentait tout ça que ce dernier jeu du match a été si compliqué sur son service. La tension était palpable. Mais il s'en est sorti. Avant cela, Stefanos Tsitsipas avait été remarquable de calme. Dans la seconde moitié du match, mais aussi quand il s'est retrouvé mené deux manches à rien. La situation était, sinon désespérée, bien mal engagée, mais il n'a pas paniqué. Facile à dire après coup, certes, quand tout se termine bien, mais tel fut son ressenti sur le court.
"A quoi je pensais à deux sets zéro ? Pour être honnête, je ne pensais pas, dit-il. J'étais concentré sur le jeu, sur le prochain service, la prochaine frappe. De toute façon, ça ne servait à rien d'être stressé ou d'être en colère après moi-même. Ça n'aurait pas eu beaucoup de sens. Je m'étais mis dans cette situation, il fallait que je m'en sorte tout seul. Donc il fallait rester calme. Concentré, mais calme."

Tsitsipas

Crédit: Getty Images

Très fier de mon attitude aujourd'hui
C'est cette forme de lucidité qui lui a permis de rester dans son match, sans quoi il aurait probablement sombré et perdu en trois manches. Il y a quelques mois, oui. Mais plus maintenant. "Au début du 3 set, souligne le Grec, j'ai essayé de modifier quelques petites choses. J'ai pris un peu plus mon temps, ça m'a aidé. J'ai voulu changer de rythme, la vitesse du jeu. Je me suis posé, j'ai réfléchi et je me suis dit 'Pourquoi ça ne marche pas ? Qu'est-ce que tu peux changer ?' Après, le reste vient naturellement. Et j'ai joué avec beaucoup plus de fluidité."
S'il devait utiliser un mot pour résumer son match et, au-delà, sa journée, ce serait donc "sérénité". "Toute la journée, je me suis senti très détendu, explique-t-il. Je ne sais pas pourquoi mais dès le moment où je me suis levé, j'étais très calme. Et ça a été pareil pendant le match, je suis toujours resté serein. Peut-être que l'absence de public m'a aidé à me sentir comme ça, à ne pas ressentir de stress. Je ne sais pas. Mais en tout cas je suis très fier de mon attitude aujourd'hui. C'est un signe de maturité et une force."
Nous y voilà. La maturité. A 22 ans, Stefanos Tsitsipas dispose déjà d'une expérience pas vilaine au plus haut niveau. Chaque étape lui apporte son lot d'informations qu'il a l'intelligence d'utiliser à bon escient la fois d'après. Vendredi, contre Daniil Medvedev, il disputera sa troisième demi-finale de Grand Chelem. Comme le Russe. A la différence près que Medvedev, lui, a déjà franchi le cap pour jouer une finale.
Il lui faudra aussi récupérer après ces quatre heures de bagarre avec Nadal. "Je ne me sens pas complètement épuisé, rassure-t-il. Avec l'expérience, j'ai appris à préserver mon énergie." L'expérience. La maturité. Le calme. Le reste, il l'avait déjà. Et si Tsitsipas avait trouvé la bonne formule ?

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