Naomi Osaka a-t-elle définitivement pris son envol ? Radieuse, la Japonaise n’a jamais semblé aussi sereine que sur cette quinzaine australienne, et si l’on prend même un peu de recul, que sur ces six derniers mois. Auréolée de son deuxième doublé US Open – Open d’Australie en carrière, et donc de son 4e titre en Grand Chelem sur les 8 derniers Majeurs qu’elle a joués, elle s’est imposée comme la référence absolue du tennis féminin à seulement 23 ans. De quoi peut-être régner sur sa discipline dans les années à venir.
Si elle-même ne s’aventure pas à faire des pronostics sur ce que sera son palmarès, d’autres s’en chargent. Mats Wilander, consultant sur Eurosport, a ainsi estimé qu’Osaka pouvait espérer au moins gagner 10 titres en Grand Chelem si elle n’avait pas de problème sur le plan physique. Des mots qui ont touché l’intéressée. "Je réfléchis par blocs. Je vais essayer d’en gagner un 5e, puis j’en viserai 7 ou 8. C’est un honneur pour moi qu’il dise cela, mais je ne me concentre que sur ce que je peux contrôler, jour après jour. Et c’est travailler dur pour me donner plus d’opportunités", considère-t-elle.
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Etre un modèle, je le vivais comme un poids, mais la seule chose que je peux faire, c'est être moi-même
La future numéro 2 mondiale (au classement de la semaine prochaine) est d’autant plus prudente qu’elle se souvient bien de ce qui lui était arrivé il y a deux ans. A la suite de ses deux premiers sacres en Grand Chelem, elle avait connu une période plus difficile à cause de son nouveau statut. "Dans le passé, être un modèle ou un exemple, je le vivais comme un poids, une responsabilité. J’avais peur et j’étais nerveuse. Mais j’ai réalisé avec le temps que je pouvais faire, c’est d’être moi-même. Il y a 500 autres joueuses si vous recherchez des modèles. Je grandis encore en tant que personne. Désormais, je sais combien il faut travailler dur gagner à ce niveau. A l’US Open 2018, j’étais juste une gamine qui jouait et faisait son truc."
Cette nouvelle maturité ne l’a pourtant pas empêché d’être nerveuse, comme Jennifer Brady en début de finale. Certes, elle avait gagné les trois premières qu’elle avait disputées, mais Osaka n’en est pas pour autant surhumaine. Et c’est peut-être paradoxalement ça le secret de la force qui l’habite. "C’était plus une bataille mentale ce soir. Je pense que nous étions tous les deux nerveuses, moi je l’étais vraiment en tout cas. Honnêtement, je me suis dit avant le match que je n’allais probablement pas très bien jouer, que je ne devrais pas me mettre cette pression de devoir jouer parfaitement, mais juste y aller et me battre sur tous les points", note-t-elle. L’indulgence comme clé de la réussite en quelque sorte.

Henin: "Quand on voit la concurrence, peu de choses empêcheront Osaka de gagner sur terre et gazon"

Son prochain défi ? Gagner Roland tout simplement

Osaka en a donc conscience, elle n’a pas évolué à son meilleur niveau, ni dans cette finale, ni dans ce tournoi. Et c’est peut-être ce qui la rend plus optimiste pour la suite. Imprenable sur dur donc, son prochain défi sera de s’imposer aussi sur les autres surfaces, avec une ambition plus que jamais affirmée. "Sur quelle autre surface je peux espérer gagner en Grand Chelem ? Avec de la chance sur terre battue, parce que c’est le prochain ! Je n’ai pas joué du tout sur gazon dans ma jeunesse car je n’étais pas en juniors. Je pense honnêtement que j’aurais plus de chances de réussir sur terre battue", glisse-t-elle encore dans un sourire. Il est vrai que l’intéressée n’a dépassé le 3e tour ni à Roland-Garros, ni à Wimbledon jusqu’ici.
Mais à seulement 23 ans, elle a encore le temps. D’ailleurs, si elle ne chasse pas encore les records de Serena Williams qu’elle a elle-même qualifiés d’"imbattables", ça ne l’empêche pas de voir loin, à l’instar d’un Roger Federer en 2004 quand le Suisse avait atteint la première place mondiale et que son règne ne faisait que débuter.
"La plus grande chose que je veux réussir – et ça peut peut-être sembler bizarre –, c’est de jouer assez longtemps pour affronter une jeune qui me dise que je suis sa joueuse préférée. Ce serait vraiment la chose la plus cool qui pourrait m’arriver. Je me rappelle que je regardais la mienne à la télé. Malheureusement, je n’ai pas pu jouer contre Na Li, mais c’est tout le sel du sport." L’ère Osaka vient-elle de réellement débuter ? Rendez-vous dans 10 ou 15 ans pour en avoir le cœur net.
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