"Je ne sais pas… Je n’en peux plus." Et le masque est tombé. Alors qu’elle tentait d’expédier son passage douloureux devant les journalistes, Serena Williams a fini par craquer. Si son coach Patrick Mouratoglou avait tenté voici quelques jours de minimiser l’importance pour elle d’aller chercher ce fameux 24e Majeur qui ferait d’elle l’égale de Margaret Court, l’émotion de l’Américaine ne trompe pas. Son dernier sacre sur la même Rod Laver Arena voici quatre ans commence à dater, mettant sa patience, sa détermination et ses espoirs à rude épreuve.
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Mais ce qui frappe surtout désormais, c’est l’incapacité de l’Américaine à donner le meilleur d’elle-même dans les matches décisifs. Ce fut le cas contre Simona Halep et Bianca Andreescu, respectivement en finales de Wimbledon et de l’US Open 2019. Et déjà face à Naomi Osaka, toujours à Flushing Meadows un an plus tôt, dans un match pour le titre alors marqué par une altercation avec l’arbitre Carlos Ramos. Ce jeudi, il ne s’agissait, il est vrai, que d’une demi-finale, mais Serena le savait, elle avait des allures de finale avant la lettre, vu l’identité (sans leur manquer de respect) des deux autres demi-finalistes dans le haut du tableau.
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Serena Williams fond en larmes en conférence de presse

Honnêtement, j'aurais pu mener 5-0, mais j'ai fait tellement de fautes...
Alors Serena s’est-elle mise trop de pression ? L’intéressée a écarté l’hypothèse d’un revers de la main. "Je ne dirais pas que j’étais nerveuse, non. Ce matin, je me sentais même bien. Je frappais bien la balle, comme dans tout ce tournoi. D’ailleurs j’ai bien joué les deux premiers jeux. J’ai juste vraiment fait trop de fautes ensuite, et des fautes grossières. Ce n’était pas comme si j’étais en bout de course ou quelque chose comme ça", a-t-elle déploré. Difficile de lui donner tort dans l’analyse : Serena a commis 24 fautes directes, soit le double du nombre de ses coups gagnants.
Mais le plus fâcheux pour elle fut de les accumuler dans les moments importants. La cadette des sœurs Williams n’a ainsi converti que 2 balles de break sur 7 (1 sur 4 dans le premier set), alors qu’Osaka, de son côté, s’est montrée d’une efficacité redoutable (4/4 soit 100 % de réussite). "La différence aujourd’hui (jeudi), c’étaient les erreurs. J’en ai fait tellement… J’ai eu des opportunités, et honnêtement, j’aurais pu mener 5-0, mais j’ai fait tellement de fautes", a-t-elle ressassé, affligée.

Une 24e faute directe de Serena Williams offre le match à Naomi Osaka

Un au revoir ou des adieux ?

En s’auto-flagellant ainsi, Serena veut peut-être aussi montrer que tout dépend encore d’elle. Et c’est peut-être, d’une certaine manière, se voiler la face. Pour celle qui a si longtemps outrageusement dominé le circuit féminin, il est difficile (et c’est bien compréhensible) d’admettre d’être régulièrement battue par plus jeune, plus explosive, et surtout plus rapide qu’elle. Le temps passe et même les phénomènes n’y peuvent rien.
Elle qui n’attendait que le retour du public après le mini-confinement à Melbourne – et avait trouvé ainsi en quelque sorte une motivation supplémentaire pour rester dans le tournoi – a peut-être le sentiment de ne pas avoir été au rendez-vous des retrouvailles. Alors quand une standing ovation a salué sa sortie, elle en a été très émue, saluant la foule en retour. Une manière de dire au revoir, ou même adieu alors que les échecs en Grand Chelem sont de plus en plus durs à encaisser ?
"Le public australien est si fantastique, c’était sympa à voir. Mais si je fais mes adieux un jour, je ne le dirai à personne", a-t-elle glissé dans un sourire aux airs de pirouette. L’orgueil d’une championne à part sans doute. Vu ce qu’elle a encore montré à Melbourne durant cette quinzaine et malgré la frustration, elle aurait tort de désespérer.
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