Il y a un an, en arrivant à Melbourne, Alexander Zverev n'avait encore jamais franchi le seuil des quarts de finale dans un tournoi du Grand Chelem. Pour un peu, il était donné perdu pour les plus hautes quêtes. Un bon à rien, le Sascha ? Pas loin. Si l'année 2020 a été compliquée pour tout le monde, y compris pour lui, surtout en dehors des courts d'ailleurs, l'Allemand a quand même fait significativement avancer sa carrière. Après sa demi-finale à Melbourne et sa finale à l'US Open, difficile de maintenir dans son dos cette étiquette d'incapable dans les Majeurs.
Il s'en est même fallu d'un rien pour qu'il n'intègre la galaxie des vainqueurs en Grand Chelem. A New York, en finale, il a mené deux sets à rien (et un break dans la 3e manche) contre Dominic Thiem avant de servir pour le titre dans le 5e set. Tel est le paradoxe des souffrances du jeune Zverev : il est plus aisé d'évacuer des échecs répétés au 3e tour ou en huitièmes qu'une finale qui vous glisse entre les doigts sur le fil. 2020 a sans doute renforcé le Hambourgeois dans sa conviction qu'il pouvait gagner un grand titre, mais sa défaite new-yorkaise est de celle qui ne s'évacue pas en un claquement de doigts.
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Ça ne quittera pas mon esprit tant que je n'aurai pas gagné un Grand Chelem
Dans un entretien accordé à Boris Becker pour Eurosport Allemagne avant l'Open d'Australie, Zverev a concédé qu'il était toujours hanté par ce crève-cœur. "J'y pense encore tous les jours, avoue-t-il. Je suis le premier joueur de tennis en 75 ans à perdre une finale de l'US Open après avoir mené deux sets zéro. Ça ne quittera pas mon esprit tant que je n'aurai pas gagné un Grand Chelem." Tout est là. Même s'il est encore jeune (23 ans), la crainte d'avoir manqué l'opportunité d'une vie lui trotte forcément dans un coin de la tête.
On ne pourra en tout cas pas lui reprocher sa lucidité. S'il est satisfait de ses résultats bruts en 2020, il sait aussi à quel point il reste perfectible. "L'an dernier, j'ai plutôt eu des bons résultats, surtout en Grand Chelem, où mon bilan s'est nettement amélioré, dit-il. Mais mon service est encore un chantier en construction, tout comme le fait de devoir me montrer plus agressif dans les moments importants." Les faits établissent qu'il lui a manqué un jeu pour devenir un vainqueur en Grand Chelem. Certaines lacunes de son jeu suggèrent que l’équation est un peu plus complexe à résoudre.

Zverev : ''Faire mieux que l'an dernier''

C'est Ferrer qui l'a quitté, pas le contraire

Malgré tout, Alexander Zverev dit aussi vouloir "gagner les quatre tournois du Grand Chelem même si je suis réaliste et que je sais que ce ne sera pas facile." "Je me rapproche, marche après marche, enchaine l'Allemand. Je travaille pour ça." Il travaille, mais plus avec David Ferrer. Les deux hommes collaboraient ensemble depuis le mois de juillet dernier, mais Zverev a annoncé début janvier que l'Espagnol n'était plus son entraîneur. Il s'en est expliqué sur Eurosport :
"Je ne voulais pas arrêter de travailler avec David. Après le Masters à Londres, nous avions convenu de discuter, de voir quelle était la situation dans le monde aussi au plan sanitaire. Il m'a appelé et m'a dit que c'était compliqué pour lui car il voulait être auprès de sa femme et de son fils. Partir en tournoi avec moi à l'autre bout du monde, rester deux semaines en quarantaine... Il ne se voyait pas rester plusieurs fois par an loin de sa famille pendant des semaines. C'était dur pour moi parce que je ne voulais pas qu'il me quitte. Je l'ai adoré comme entraîneur. Sa façon de coacher, sa vision du tennis. Je pense que nos personnalités "matchaient" bien. Mais je dois l'accepter."
Je veux être davantage qu'un joueur de tennis
A Melbourne, Alexander Zverev tentera de consolider ce qui s'apparente tout de même à une dynamique positive sur le court. En dehors, celui qui sera bientôt père de famille mais a aussi été accusé de violences conjugales par son ex-compagne aimerait retrouver un peu de calme. "J'espère juste que 2021 sera une année plus positive pour moi que 2020, glisse-t-il. Je veux être davantage qu'un joueur de tennis, je pense que c'est extrêmement important."
Sur ce plan aussi, il dit vouloir s'inspire de Djokovic ou Federer et lancer sa "propre fondation", et "aider les gens dans cette pandémie". Être "un meilleur joueur" et "une meilleure personne", résume Zverev. Même si l'Open d'Australie a été repoussé à février, c'est encore l'heure des bonnes résolutions pour l'Allemand.

Alexander Zverev

Crédit: Getty Images

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