Au soir du tirage au sort, la demi-finale théorique du haut du tableau devait mettre aux prises, comme à l'US Open, Novak Djokovic et Alexander Zverev. Mais la double expulsion (d'Australie pour le Serbe, du tournoi pour l'Allemand) a délivré un autre verdict. Et après cette double disparition aux motifs divers, l'affiche entre Rafael Nadal et Matteo Berrettini s'est à son tour imposée comme une issue logique, même si tous les deux en ont bavé pour arriver là. Mais deux ans après, déjà, une demi-finale sur dur, à l'US Open, le Majorquin et le Romain vont donc se retrouver.
Une demie contre Berrettini avant une possible finale face à Medvedev ? Melbourne Park 2022 a bien un air de Flushing Meadows 2019 pour Nadal. Mais la comparaison s'arrête ici. Si c'est toujours à peu près le même Nadal, avec vingt-huit mois de plus, ce n'est plus le même Medvedev, devenu entre-temps vainqueur en Grand Chelem, ni le même Berrettini. Le Romain n'a certes pas encore de Majeur à son palmarès, mais à sa demie new-yorkaise, il a ajouté depuis une finale à Wimbledon et il a banalisé sa présence parmi les derniers prétendants au titre.
Open d'Australie
Bruno Kuzuhara, balle de match lunaire, référence nadalesque
03/02/2022 À 13:18

Rafael Nadal et Matteo Berrettini après leur demi-finale à l'US Open 2019.

Crédit: Getty Images

Je suis à ma place désormais et je veux aller plus loin
Son approche est aujourd'hui radicalement différente. Une place dans le dernier carré ne suffit plus au bonheur, ni même à la satisfaction du protégé de Vincenzo Santopadre. Avant leur demi-finale à l'US Open, Berrettini avait parlé de Nadal presque autant avec les yeux de l'enfant qui le regardait des années auparavant jouer à la télé qu'en compétiteur. Maintenant qu'il s'est installé, son discours a changé.
"Je vois ça comme une opportunité désormais, a-t-il ainsi estimé après sa victoire laborieuse en cinq sets contre Gaël Monfils en quarts de finale. Oui, j'aurais rêvé de l'affronter dans une demi-finale sur la Rod Laver Arena quand j'étais gamin, mais là, j'ai vraiment envie de gagner ce match. Et je sais que je peux le faire. C'est ma troisième demi-finale de Grand Chelem, c'est mon niveau, je suis à ma place désormais et je veux aller plus loin."

Revenu de loin, Monfils a fini par être trop court : le résumé vidéo de son quart face à Berrettini

Rafael Nadal sait tout cela. Lui aussi s'attend sans doute à une autre opposition qu'à New York. Son staff également. "Berrettini est un super joueur, ce n'est pas une surprise de le voir là, a confié jeudi à Eurosport son entraîneur Marc Lopez, qui a rejoint en décembre Carlos Moya et Francisco Roig dans son staff. Il a beaucoup évolué, il possède un des meilleurs services du monde et il l'accompagne de ce coup droit qu'il est capable de délivrer dans toutes les directions. Et il met tellement de poids dans la balle."
Pour autant, le clan Nadal n'est pas franchement en mode panique. Juste conscient de la difficulté de la tâche. "Ce sera un match compliqué, mais si Rafa est bien, il a le jeu pour embêter l'Italien, surtout sur son revers, ajoute Marc Lopez. Rafa doit profiter de l'avantage d'être gaucher. Il peut venir avec son coup droit croisé sur le revers de Berrettini et Matteo peut souffrir." Comme tous les joueurs qui affrontent Nadal depuis plus de quinze ans et dont le coup le plus faible est le revers.

Matteo Berrettini

Crédit: Getty Images

Un Top 10, enfin ?

Le service sera une des clés de cette demi-finale. Celui de Berrettini, bien sûr. Si le finaliste du dernier Wimbledon n'affiche pas un fort pourcentage de premières balles, la mission deviendra très compliquée. Si Carlos Alcaraz et Gaël Monfils ont fini par s'incliner en cinq sets, ils ont aussi montré que dès lors que l'on parvient à le faire jouer sur sa mise en jeu, le grand Matteo est fragilisé. Mais pour Marc Lopez, la mise en jeu de son poulain sera tout aussi déterminante.
"Rafa sert vraiment bien ces temps-ci et c'est très important pour lui", relève-t-il. Lors de son quart de finale face à Denis Shapovalov, alors qu'il composait avec des douleurs d'estomac et, l'a-t-on appris après coup, avec une forte déshydratation, c'est sa première balle qui lui a permis de s'en sortir.
Même à 100% physiquement, il devra conserver la même efficacité face à Berrettini. Service. Retour. Tout se jouera là selon Lopez : "Ce sera essentiel pour Rafa de pouvoir être efficace au service. Et, bien sûr, il devra être capable de maîtriser le service de Berrettini, son arme principale. Service, retour. Sur chaque point, les premiers coups décideront de tout."

5 sets, des tensions et un estomac fragile : les temps forts de Nadal - Shapovalov en vidéo

Reste une interrogation : si Matteo Berrettini a incontestablement changé de dimension, l'Italien n'a encore jamais battu le moindre membre du Top 10 en Grand Chelem. Chaque fois qu'il a croisé une grosse pointure, il a calé. A sa décharge, il ne s'est retrouvé dans cette situation que six fois.
La première à Roland-Garros en 2018, face à Dominic Thiem, alors qu'il était aux portes du Top 100. Oublions. A Wimbledon en 2019 ensuite, contre Roger Federer. Puis Nadal à l'US Open, dans la foulée. Et enfin par trois fois contre Novak Djokovic l'an dernier. Que le gratin du gratin. Mais il est temps pour lui de prouver qu'il est vraiment prêt pour ça. Une deuxième finale majuscule en six mois, qui plus est en passant sur le corps de Rafael Nadal, donnerait une autre étoffe encore à sa progression.
Open d'Australie
Djokovic donnera sa "version" de son expulsion dans "7 à 10 jours"
03/02/2022 À 12:32
Open d'Australie
Djokovic bientôt vacciné ? Pas si vite...
03/02/2022 À 08:16