Matteo Berrettini

Italie
25 ans
N°7 mondial
Résultat 2021 : Huitième de finaliste
Meilleur résultat : Huitième de finale (2021)
Son parcours
Open d'Australie
Bruno Kuzuhara, balle de match lunaire, référence nadalesque
03/02/2022 À 13:18
Sets perdus : 6
Jeux perdus : 92
Temps sur le court : 16h09
1er tour - Brandon Nakashima (USA) - 2-6, 6-2, 7-6, 6-3
2e tour - Stefan Kozlov (USA) - 6-1, 4-6, 6-4, 6-1
3e tour - Carlos Alcaraz (ESP/N°31) - 6-2, 7-6, 4-6, 2-6, 7-6
Huitième de finale - Pablo Carreno Busta (ESP/N°19) - 7-5, 7-6, 6-4
Quart de finale - Gaël Monfils (FRA/N°17) - 6-4, 6-4, 3-6, 3-6, 6-2
Matteo Berrettini a-t-il eu un match tranquille dans cet Open d'Australie ? Oui, son huitième de finale déroulé en moins de deux heures et trente minutes face à un Pablo Carreño Busta qui ne s'est procuré qu'une balle de break. Pour le reste, le grand serveur italien a dû s'arracher. Deux matches en quatre sets pour débuter, un super tie-break contre Carlos Alcaraz et même cinq manches contre Gaël Monfils, c'est peu de dire que le 7e joueur mondial a manqué de contrôle. On retiendra l'ultime impression laissée, celle de la cinquième manche largement dominée face au Français mais pour le reste, Berrettini a ramé.

Revenu de loin, Monfils a fini par être trop court : le résumé vidéo de son quart face à Berrettini

Pourquoi il peut y croire
Matteo Berrettini tourne autour en faisant des quarts de finale son plancher en Grand Chelem depuis le dernier Roland-Garros. Finaliste à Wimbledon, il avait même pris un set à Novak Djokovic, preuve qu'il est capable de faire mal aux tous meilleurs. Sans doute en dessous de ses adversaires en niveau moyen, Berrettini a deux armes pour faire pencher la balance de son côté : son service et son coup droit.
Comme Jo-Wilfried Tsonga, qui avait atteint la finale en saoulant de coup un certain Nadal en demie il y a maintenant 14 ans, Berrettini a le droit de croire que ces deux coups (très) forts peuvent l'emmener (très) loin. En finale déjà. Ensuite il pourra rêver rejoindre Adriano Panatta, seul Italien vainqueur en Grand Chelem, à Roland-Garros il y a 45 ans.
L'ombre d'un doute
Puisque nous avons cité l'exemple de Jo-Wilfried Tsonga, poursuivons la comparaison. Le revers du finaliste 2008 a toujours été son point faible. Il en va de même, pour le moment, pour Matteo Berrettini et problème pour lui, Rafael Nadal, son adversaire en demi-finale, ne se gêne jamais pour matraquer ce coup dans la diagonale avec son coup droit. De sa solidité dépendra l'avenir du Romain. Autre souci pour lui : avec Nadal et pourquoi pas Daniil Medvedev, il peut avoir sur sa route deux des meilleurs relanceurs du monde. Si sa première balle est neutralisée, son pouvoir de nuisance devient largement moins important.
La stat qui marque : 6
Par six fois, Matteo Berrettini a affronté Rafael Nadal, Daniil Medvedev et Stefanos Tsitsipas sur le circuit. L'Italien n'a jamais gagné. Dans le détail, l'Espagnol l'a battu une fois, le Russe trois et le Grec deux. Plus largement, il n'a jamais battu de Top 10 en Grand Chelem, profitant seulement du forfait de Roger Federer (N°8) à Roland-Garros 2021.

Rafael Nadal

Espagne
35 ans
N° 5 mondial
Résultat 2021 : Quart de finaliste
Meilleur résultat : Victoire (2009)
Son parcours
Sets perdus : 4
Jeux perdus : 61
Temps sur le court : 14h09
1er tour - Marcos Giron (EU) - 6-1, 6-4, 6-2
2e tour - Yannick Hanfmann (ALL) - 6-2, 6-3, 6-4
3e tour - Karen Khachanov (RUS/N°28) - 6-4, 6-2, 3-6, 6-1
Huitième de finale - Adrian Mannarino (FRA) - 7-6, 6-2, 6-2
Quart de finale - Denis Shapovalov (CAN/N°14) - 6-3, 6-4, 4-6, 3-6, 6-3
Après deux premiers tours tranquilles en forme de mise en route, le chemin est devenu plus sinueux pour l'Espagnol, même s'il est à noter qu'il n'a encore jamais été mené dans cette quinzaine (en sets, s'entend). Et seul Denis Shapovalov l'a réellement mis en danger. La perte du troisième set contre Karen Khachanov n'a constitué qu'une anicroche et Adrian Mannarino l'a certes sérieusement bousculé lors de la première manche, mais sans le menacer vraiment.

5 sets, des tensions et un estomac fragile : les temps forts de Nadal - Shapovalov en vidéo

Pourquoi il peut y croire
Parce qu'il est Rafael Nadal. Un champion d'une envergure telle qui, quand son corps le laisse tranquille, ne peut être vaincu, même sur dur, que par une infime poignées de joueurs. L'absence de Novak Djokovic est une bénédiction pour lui compte tenu du rapport de forces entre les deux hommes sur dur. Le départ forcé du Serbe a ouvert des perspectives à beaucoup, mais peut-être plus encore à Nadal.
Puis au-delà de ce qu'il représente, de son vécu et de son aura, il y a, aussi, son niveau de jeu. Après cinq mois d'absence, Nadal est revenu comme si de rien n'était, remportant son tournoi de rentrée avant d'avancer dans le tableau à Melbourne. Cela en dit long sur la marge qui est la sienne. Le Nadal des trois dernières semaines n'est certainement pas le plus fort jamais vu, mais il joue suffisamment bien pour avoir une réelle chance de décrocher son 21e titre majeur, synonyme de record. Après tout, Nadal reste Nadal.
L'ombre d'un doute
Rafael Nadal est potentiellement son principal adversaire. A 35 ans, et après une longue absence, son corps tiendra-t-il jusqu'au bout ? A Melbourne, il a souvent été stoppé, ou freiné, par des problèmes physiques (Cilic 2018, Wawrinka 2014, Ferrer 2011...) et l'alerte contre Denis Shapovalov (maux d'estomac) est venu rappeler qu'à tout moment, il pouvait se retrouver diminué. Sans aller jusqu'à parler de malédiction, à Melbourne, depuis son unique titre en 2009, il semble toujours y avoir quelque chose ou quelqu'un pour l'empêcher d'aller au bout.
C'est aussi une surface sur laquelle le Majorquin peut être plus facilement en danger. La même configuration à Roland-Garros (des demies sans Djokovic) et il serait tentant de lui décerner d'ores et déjà le trophée. Sur la Rod Laver Arena, c'est autre chose. Matteo Berrettini, Stefanos Tsitsipas (qui l'a battu ici-même l'an dernier) et Daniil Medvedev ont tous des arguments sérieux à lui opposer. Puis flotte cette impression en forme de question : peut-il vraiment réussir là où il a toujours échoué depuis treize ans alors qu'il est arrivé ici sans le moindre repère ?
La stat qui marque : 5
C'est la 6e fois que Nadal est l'unique membre du Big 3 présent en demi-finales d'un Grand Chelem. Lors des cinq précédents, il a toujours gagné le tournoi :
Roland-Garros 2010
Roland-Garros 2017
US Open 2017
Roland-Garros 2018
US Open 2019

Nadal va-t-il aller au bout ? "Ca serait presque inquiétant pour la concurrence"

Stefanos Tsitsipas

Grèce
23 ans
N°4 mondial
Résultat 2021 : Demi-finaliste
Meilleur résultat : Demi-finale (2019, 2021)
Son parcours
Sets perdus : 4
Jeux perdus : 80
Temps sur le court : 13h43
1er tour - Mikael Ymer (SUE) - 6-2, 6-4, 6-3
2e tour - Sebastian Baez (ARG) - 7-6, 6-7, 6-3, 6-4
3e tour - Benoît Paire (FRA 6-3, 7-5, 6-7, 6-4
Huitième de finale - Taylor Fritz (USA/N°20) - 4-6, 6-4, 4-6, 6-3, 6-4
Quart de finale - Jannik Sinner (ITA/N°11) - 6-3, 6-4, 6-2
Que n'a-t-on pas dit sur Stefanos Tsitsipas avant sa demi-finale ? Le numéro 4 mondial ne rassurait pas, était loin de son meilleur niveau et a même frôlé l'élimination en étant mené par deux fois au score par Taylor Fritz, un adversaire qu'il aurait dû largement dominer. Mais il ne faut pas oublier que le Grec a été opéré du coude en novembre et qu'à l'écouter il n'aurait peut-être pas dû jouer ce premier Grand Chelem de la saison. Être là où il en est n'est finalement peut-être pas si mal. Surtout, il y a eu mercredi ce quart de finale en forme de démonstration face à un Jannik Sinner sans solution.

Tsitsipas était injouable : sa démonstration de force face à Sinner en vidéo

Pourquoi il peut y croire
Précisément parce qu'il a été le plus impressionnant en quart de finale. Epiloguer pour savoir qui de Félix Auger-Aliassime, Gaël Monfils, Denis Shapovalov ou Jannik Sinner était l'adversaire le plus costaud ne sert pas à grand-chose. Sur le plan très brut du classement, l'Italien était d'ailleurs le deuxième derrière "FAA".
Reconnaissons à Tsitsipas un changement de rythme brutal face à un Sinner qui avait réussi un très beau tournoi jusque-là. Le 4e joueur mondial ne lui a laissé absolument aucun répit, aucune chance, prenant la balle très tôt pour lui enlever du temps. C'est aussi ce qu'a fait Félix Auger-Aliassime face à Daniil Medvedev en quart de finale pour mener deux manches à rien. Une piste à suivre pour celui qui avait justement vu sa route s'arrêter en demie face au Russe la saison dernière ?
L'ombre d'un doute
Même en l'absence de Novak Djokovic, le niveau est extrêmement élevé à Melbourne cette année. Daniil Medvedev arrive avec la confiance née à l'US Open en bandoulière, Rafael Nadal semble tout proche de la meilleure version de lui-même et Matteo Berrettini est prêt à renverser des montagnes. Stefanos Tsitsipas l'a dit du bout des lèvres, il est encore en construction, évoquant l'humilité qui l'habite plutôt que sa confiance. Peut-il, au moment où ça compte, ne pas trembler pour franchir les deux derniers obstacles ?
La stat qui marque
On a beau dire que Stefanos Tsitsipas ne faisait pas, jusqu'à il y a deux jours, un très bel Open d'Australie, c'est lui, parmi les quatre derniers prétendants au sacre, qui a passé le moins de temps sur le court. Preuve qu'il a su, même dans l'adversité, aller vite. Vu les conditions très chaudes et humides à Melbourne, une petite poignée d'heures de moins sur le court que Daniil Medvedev pourraient peut-être faire pencher la balance si le match venait à durer.

46 coups gagnants pour une perf' XXL : Medvedev a surclassé Tsitsipas

Daniil Medvedev

Russie
25 ans
N° 2 mondial
Résultat 2021 : Finaliste
Meilleur résultat : Finale (2021)
Son parcours
Sets perdus : 4
Jeux perdus : 87
Temps sur le court : 14h59
1er tour – Henri Laaksonen (SUI) 6-1, 6-4, 7-6(4)
2e tour – Nick Kyrgios (AUS) 7-6(1), 6-4, 4-6, 6-2
3e tour – Botic van de Zandschulp (HOL) 6-4, 6-4, 6-2
Huitième de finale – Maxime Cressy (USA) 6-2, 7-6(4), 6-7(4), 7-5
Quart de finale – Felix Auger-Aliassime (CAN/N°9) 6-7(4), 3-6, 7-6(2), 7-5, 6-4
Une première semaine piégeuse mais parfaitement gérée, notamment ce 2e tour de feu face à Nick Kyrgios. Et puis, le Russe est entré dans le dur face à deux joueurs qui ont parfaitement su "titiller" la machine, notamment en exploitant au mieux sa position très reculée en retour de service : Maxime Cressy et son incessant service-volée, et surtout Felix Auger-Aliassime qui l'a même copieusement dominé pendant deux sets et demi, avant d'obtenir une balle de match dans le 4e set.
Le Russe s'en est finalement sorti, un peu par chance, beaucoup grâce à son talent et son sang-froid, doublé d'une bonne dose de folie. A ce stade, que l'on ne s'y trompe pas, il est un survivant. Mais cela ne le rend-il pas d'autant plus dangereux ?

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Pourquoi il peut y croire
Dans ce dernier carré extrêmement homogène, le Russe reste quand même, certes d'une courte tête, le favori pour s'imposer. Il est le mieux classé et, depuis plusieurs années maintenant, s'est imposé comme le meilleur joueur du monde sur dur, en l'absence de Novak Djokovic. Il a battu par ailleurs six fois sur huit son adversaire des demi-finales (Stefanos Tsitsipas), dont une fois pas plus tard que l'an dernier, au même tournoi et au même stade. Il n'a jamais perdu contre Matteo Berrettini et reste sur une victoire contre Rafael Nadal.
Le n°2 mondial –qui pourrait s'assurer de la place de n°1 en cas de succès final – a toute la confiance et l'expérience nécessaires dans les derniers tours d'un Grand Chelem. Et depuis son titre à l'US Open, il a aussi ce petit truc en plus. Cette bonne étoile qui semble l'accompagner depuis le début de la quinzaine.

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L'ombre d'un doute
Elle est seulement d'ordre physique pour le Russe qui, des quatre demi-finalistes, n'est pas celui qui a passé le plus de temps sur le court depuis le début de la quinzaine (Matteo Berrettini le devance), mais qui est en revanche celui ayant disputé le match le plus long et le plus brutal : 4h42 contre Auger-Aliassime, un match disputé en plus tard le soir, et après tout le monde.
D'accord, Medvedev est jeune, il a l'habitude mais il a aussi un tennis qui demande une totale implication énergétique, physique, et mentale. Comme tout le monde, nous direz-vous. Mais peut-être un peu plus que tout le monde.
La stat qui marque
A une époque où les monstres actuels paraissent avoir phagocyté à peu près tous les records possibles et imaginables de ce jeu, Daniil Medvedev peut mine de rien réaliser une performance que ni le Big Three ni personne n'a jamais fait dans l'ère Open, chez les hommes du moins : faire un suivre un premier titre en Grand Chelem (US Open 2021) par un deuxième titre en Grand Chelem dans la foulée.
S'il y parvient, Medvedev sera aussi le premier joueur à remporter l'Open d'Australie après avoir sauvé une balle de match depuis son compatriote Marat Safin, à Melbourne également, en 2005.

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