A 35 ans, on ne change pas les rayures du zèbre. Rafael Nadal n'a jamais péché par excès de confiance, ce n'est donc pas en 2022, alors qu'il aborde la partie finale de sa carrière, que cela va commencer. Mais force est de constater que ce début de saison est en train de prendre une bonne tournure pour le Majorquin dont l'état de forme était un des grands points d'interrogation. Après un tournoi de reprise remporté (après cinq mois sans le moindre match officiel), il a survolé son 1er tour de l'Open d'Australie contre le 66e mondial américain Marcos Giron (6-1, 6-4, 6-2), confirmant la thèse de la montée en puissance.
Ajoutez à cela la disparition du tableau de Novak Djokovic de sa moitié de tableau et le statut du Majorquin semble subitement changer. N'est-il pas désormais le seul vainqueur du tournoi parmi les engagés, même si cela commence à dater (2009) ? N'a-t-il pas fait forte impression pour son entrée en lice ? Malgré sa modestie légendaire, l'intéressé l'a d'ailleurs concédé en conférence de presse, ses sensations sont intéressantes.
Open d'Australie
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Je ne reviens pas seulement d'une blessure : j'ai joué 12 tournois en deux ans, c'est peu
"C'est un bon début. J'ai joué du bon tennis, je ne peux pas me plaindre. J'ai fait beaucoup de choses mieux que la semaine dernière. L'enchaînement des matches aide. Et bien sûr, la victoire aide à jouer de mieux en mieux, sans aucun doute. Mais ce qui fait la différence vraiment, c'est de passer des heures sur le court à s'entraîner avec les meilleurs joueurs." Reste qu'il n'est pas temps de tirer des plans sur la comète pour Nadal. D'abord, parce qu'il n'a jamais fonctionné de cette manière. Ensuite et surtout parce qu'il mesure l'étendue du chemin parcouru et connaît son corps cabossé par des années sur le circuit sur le bout des doigts. Il y a de cela à peine quelques mois, il n'était pas sûr de pouvoir faire son retour à Melbourne, son pied gauche l'empêchant de travailler comme il le souhaitait après avoir mis fin à sa saison 2021 en août. Puis en décembre, le Covid avait failli à nouveau chambouler tout son programme.
"Chaque comeback est différent. Et plus vous vieillissez, plus c'est difficile. Celui-ci l'a été particulièrement, parce qu'il ne s'agit pas seulement de revenir d'une blessure, mais de reprendre sur le circuit après deux saisons perturbées par le virus. Si vous vous souvenez, en 2020, je n'ai joué qu'ici (à l'Open d'Australie, NDLR), puis Rome, Roland-Garros, Bercy et le Masters. Six tournois en tout. En 2021, j'en ai seulement joué six aussi. Douze tournois en deux ans, c'est peu. Et en plus, je n'ai pas été capable de m'entraîner très souvent, donc c'était vraiment dur", a-t-il expliqué.

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Avec les matches et les victoires, Nadal redevient une menace

Le défi des cinq sets en Grand Chelem fera certainement office de juge de paix dans ce domaine. Certes, son entrée dans le tournoi a ressemblé à une démonstration, digne de celles du rouleau compresseur qu'il était à ses plus belles heures. Mais il n'a pas encore les certitudes physiques qu'Alexander Zverev et Daniil Medvedev, favoris désignés de cet Open d'Australie en l'absence de Djokovic, ont, surtout sur dur. Quand les choses se corseront, comment le Majorquin encaissera-t-il le choc ? Lui-même ne le sait pas encore.
"Je suis heureux d'avoir gagné mes quatre premiers matches de la saison. Aujourd'hui, c'était une victoire dans le premier Grand Chelem de l'année, et il y a seulement un mois, la situation était vraiment différente et ne se présentait pas bien. Mais il faut continuer jour après jour, en sachant que tout peut changer très vite dans le sport, aussi bien négativement que positivement", a-t-il estimé, non sans un certain recul.
Seul membre du Big 3 en lice pour un 21e titre du Grand Chelem record à Melbourne, Nadal ne se projette donc pas encore. Mais il sait que plus il enchaînera, plus il sera dangereux. "J'ai besoin de temps sur le circuit pour retrouver le niveau nécessaire pour se battre pour les plus grands titres, en plus d'être en bonne santé. Et si ça arrive, j'espère en avoir encore l'opportunité." Arrivé sans grandes attentes aux antipodes, le Majorquin ne sera un cadeau pour personne s'il continue sur cette voie.

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