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Forget, Leconte, Grosjean, Tsonga... Les 10 victoires fançaises les plus marquantes à Bercy

Les 10 victoires fançaises les plus marquantes à Bercy
Par Eurosport

Le 01/11/2013 à 01:19Mis à jour Le 01/11/2013 à 01:30

Vendredi, Richard Gasquet s'attaque à Nadal à Bercy. S'il s'impose, nul doute que ce match figurera parmi ceux qui comptent pour le tennis français au POPB. En attendant, voici les 10 matches victorieux qui, depuis 1986, ont marqué le tennis tricolore. Avec tout en haut, la finale de Guy Forget face à Pete Sampras en 1991.

1. Forget - Sampras 1991 (Finale)

Le must du must. La première victoire d'un joueur français à Bercy. Sans doute la plus significative, aussi. Un très grand match, et une très grande victoire pour Guy Forget, alors auteur de LA saison de sa carrière, celle qui l'a mené jusqu'à la 4e place mondiale. Sampras, à l'époque, c'est déjà ce qui se fait de mieux en indoor, avec Becker. Surtout, cette finale prend une dimension particulière à quelques semaines seulement de la finale de Coupe Davis entre la France et les Etats-Unis, où les deux hommes sont appelés à se retrouver. Au POPB, Sampras parait devoir rafler la mise. Il mène deux sets à un, réussit le break dans le quatrième. Mais Forget s'accroche. Poussé par le public, il revient et s'impose en cinq manches (7-6, 4-6, 5-7, 6-4, 6-4). C'est le plus grand titre de sa carrière, de très loin. C'est aussi, probablement, un de ses matches les plus aboutis. Emotionnellement, il surpassera pourtant ce bonheur-là à Lyon en battant à nouveau Sampras, en quatre sets cette fois, pour offrir la Coupe Davis à la France. L'automne 1991, l'heure de gloire de Forget.

2. Monfils - Federer 2010 (Demi-finale)

Gaël Monfils a pris son temps pour briller à Bercy. Mais après des premières éditions insignifiantes (quand il n'était pas absent), il n'a pas fait semblant en 2009 et 2010, atteignant à chaque fois la finale, perdue malheureusement. Mais au cours de ces deux éditions, il aura signé quelques victoires marquantes. En 2010, il sort même trois joueurs du Top 10 en trois tours: Verdasco, Murray et surtout Roger Federer en demi-finales. Un vrai petit monument de match: trois sets, trois jeux décisifs, et une victoire à couper le souffle (7-6, 6-7, 7-6), la première de la "Monf' face à Federer en six tentatives. Par rapport au Forget-Sampras de 1991, il y manque l'enjeu d'un grand titre et le charme incomparable d'un duel en cinq sets. Pour le reste, quel bijou... Ce qui frappe ce jour-là, c'est le calme de Monfils. Il n'entame en rien sa détermination, mais il lui permet de tout traverser. De tout surmonter. Comme ce break de retard dans le troisième set (Federer mènera 4-2 avant que Monfils ne débreake) et surtout, surtout, ces cinq balles de matches, toutes sauvées, dans le 12e jeu de la dernière manche, avant un tie-break victorieux. Oui, Monfils a été grand ce jour-là. Comme (trop) souvent, l'histoire se terminera mal pour lui le lendemain, avec une défaite en finale face à Söderling. Mais sa victoire contre Federer demeure un de ses joyaux.

3. Leconte - Cash 1987 (Quart de finale)

Parce que Bercy n'avait pas encore pris sa dimension de rendez-vous incontournable de la fin de saison, parce que Leconte en a joué d'autres qui ont frappé les esprits ici et parce qu'il ne s'agissait "que" d'un quart de finale, ce match n'a pas la place qu'il mérite dans l'histoire du tournoi. C'est pourtant un extraordinaire moment de tennis. Pendant 3h13, Henri Leconte et Pat Cash offrent au public parisien une orgie de tennis offensif comme les moins de 20 ans ne peuvent l'imaginer. C'est le plus beau match de cette édition 1987 et un des 10 plus beaux de l'histoire du tournoi. Cash, vainqueur de Wimbledon trois mois plus tôt, est au sommet de sa carrière. Leconte, lui, sort d'une période difficile. Mais la fin (momentanée) de ses problèmes physiques, et l'arrivée de Wojtek Fibak comme coach à ses côtés, lui ont redonné de l'élan en cette fin d'année 1987. A Bercy, c'est le meilleur Leconte qui s'aligne. Face à Cash, il passe près de plier le match en deux sets mais en dépit de trois balles de match, il cède la deuxième manche à l'Australien au tie-break. Qu'à cela ne tienne, il l'emporte en trois sets (6-4, 6-7, 6-3), devant un public aux anges. Un jour plus tard, vidé par ce combat titanesque, il s'inclinera en trois sets contre le futur vainqueur, Tim Mayotte. Un an plus tard, ce sera le cauchemar contre McEnroe. Leconte, dans ses hauts comme dans ses bas, n'a jamais fait dans la demi-mesure, provoquant toujours des réactions épidermiques violentes, pour donner la chair de poule ou des boutons. C'était pour ça que beaucoup le détestaient et que d'autres, parfois les mêmes d'ailleurs, l'adoraient. Pour le meilleur et pour le pire, Leconte était unique.

4. Grosjean - Kafelnikov 2001 (Finale)

Drôle d'édition que ce tournoi 2001. Sampras absent, Agassi aussi. Kuerten, Hewitt, Safin, Ferrero rapidement sortis. Seul Kafelnikov tient son rang. Le Russe, tête de série numéro 4, se hisse en finale. Face à lui, Sébastien Grosjean. Un Marseillais ranime la flamme bleue à Paris: il n'y avait plus eu de Français en demi-finales à Bercy depuis 1993. Sacrée semaine pour Grosjean. Après une remarquable saison, il marque le pas et débarque à Bercy en mal de confiance. Il va vite la retrouver, enchainant les victoires convaincantes. Comme dans le même temps, son tableau s'ouvre, le voilà en finale, après une victoire face à Tommy Haas. Il joue gros contre Kafelnikov. En cas de victoire, il décrochera son premier titre de la saison, son premier très gros tournoi et, en même temps, sa place pour le Masters. Rien que ça. Kafel l'a battu en début d'année en finale à Marseille, mais cette fois, Grosjean, bien dans son tennis et plus solide mentalement (Kafel, malgré ses deux titres en Grand Chelem, avait quand même un vrai problème avec les finales, notamment en Masters Series...) prend le dessus, logiquement, en quatre sets (7-6, 6-1, 6-7, 6-4). A 23 ans, c'est le plus important titre de sa carrière. Ca le restera. Dix ans après Forget, c'est aussi la deuxième victoire française à Bercy. Dans la foulée, Grosjean atteindra la finale du Masters. Un fait unique dans l'histoire du tennis tricolore.

5. Tsonga - Roddick 2008 (Quart de finale)

Impossible évidemment de passer à côté de Jo-Wilfried Tsonga, un des trois vainqueurs français à Bercy et double finaliste de l'épreuve. Avec Jo, comme dans une bonne boite de chocolats, il y a donc le choix pour piocher. Sa victoire face à Isner, en demi-finales, en 2011, par exemple. Mais c'est surtout en 2008, l'année de son titre, qu'il a régalé. Sa victoire contre Novak Djokovic, douce revanche de la finale de l'Open d'Australie la même année. Celle contre Nalbandian, en finale, bien évidemment (voir ci-dessous). Mais on lui préfèrera son quart de finale face à Andy Roddick, en nocturne. Intensité, qualité, suspense, il ne manque rien dans ce choc de cogneurs. Face à lui, Tsonga trouve un très bon Roddick. Son grand mérite? Ne rien lâcher. Ni après la perte du premier set, ni lorsqu'il cède son service d'entrée de troisième manche. A l'arraché, JWT va efface aussi sec son break de retard. Tout se joue au tie-break du troisième. Tsonga s'envole, mène 6-2. Roddick sauve une balle de match. Puis deux. Puis trois. La quatrième est la bonne. 2h48 d'une énorme bataille qui ouvre au Français les portes du dernier carré et, bientôt, celles du titre.

6. Llodra - Djokovic 2010 (Huitième de finale)

Dans la carrière de Michael Llodra, il y a Bercy et le reste. Le gaucher y a atteint deux fois les demi-finales, en 2010 et 2012. Sur l'ensemble des autres Masters 1000, il a dépassé... une fois les huitièmes. C'est dire. Sa plus belle campagne "bercyesque", c'est probablement celle de 2010. Pendant une semaine, Llodra marche sur l'eau. Il y a du Leconte dans sa patte gauche d'attaquant, qui sied si bien à la surface parisienne, ultra-rapide cette année-là. Il passera à un point de la finale avant de s'incliner contre Robin Soderling. Dommage, cela aurait donné la première finale 100% française de l'histoire de Bercy, Monfils l'attendant en haut du tableau. En dépit de cette frustration, reste une semaine de rêve et, au milieu de celle-ci, un match d'une rare plénitude contre Novak Djokovic, que Llodra sort en deux sets en huitièmes (7-6, 6-2). "Franchement, j'ai l'impression d'avoir plutôt bien joué, mais il a sorti un match extraordinaire", jugera le Serbe. Comme pour Forget avec Sampras en 1991, on espère alors que Bercy fera office d'heureux présage avant la finale de Coupe Davis en Serbie. Raté. Cette fois, l'histoire se terminera mal pour les Bleus et pour Llodra, battu dans le match décisif par Troicki.

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7. Tsonga - Nalbandian 2008 (Finale)

S'il est probablement un meilleur joueur aujourd'hui qu'en 2008, c'est pourtant au cours de cette année de la révélation que Jo-Wilfried Tsonga a accompli deux performances jamais rééditées: une finale en Grand Chelem et un titre en Masters 1000. 2008, JWT l'avait débuté par une finale en Australie. Il va la finir en beauté avec ce titre à Bercy. On l'a vu, sa victoire face à Roddick a été le clou de son spectacle. Mais la portée de son match gagné contre David Nalbandian en finale est évidemment incomparable, puisqu'elle lui offre ce qui reste à ce jour l'unique titre majeur de sa carrière. Nalbandian, époustouflant vainqueur l'année précédente, peut alors devenir le premier joueur à conserver son titre à Bercy. Mais Tsonga démarre pied au plancher et, surtout, il sert le plomb. Malgré le gain du deuxième set, Nalbandian reste trop court dans sa quête de doublé. Pour Tsonga, c'est la fin d'une semaine émotionnellement très riche. Comme pour Grosjean sept ans plus tôt, ce titre s'accompagne alors d'une place au Masters.

8. Benneteau - Federer 2009 (16e de finale)

Quand il sera vieux, au coin du feu, Julien Benneteau pourra raconter ce match à ses petits enfants. A l'écoute du récit, ils auront sûrement les yeux qui pétillent, comme ceux de papy lorsqu'il claqua son ace sur le balle de match avant de tomber à genoux, ce 11 novembre 2009. Ce jour-là, Julien Benneteau vit son heure de gloire. C'est son Everest. Face à Roger Federer, numéro un mondial, il décroche LA victoire de sa carrière, celle qui surplombe toutes les autres. Certes, un simple 16e de finale. Et alors? Ce n'est pas l'enjeu qui, en l'occurrence, donne la force au souvenir. C'est l'impact émotionnel. Pour Julien Benneteau, alors 49e mondial, battre Federer à Paris, dans un tournoi de cette envergure, ça n'a pas de prix. Puis il y a la manière. Un match remarquable, une grande qualité de jeu et un succès arraché, 3-6, 7-6, 6-4. C'est une vraie victoire du Bressan, pas une défaite du Suisse. Ce dernier aura d'ailleurs la classe de l'admettre. "J'ai déjà mieux joué mais j'ai aussi joué bien plus mal. Ce n'est pas une mauvaise performance. Je pense que Julien a été chercher cette victoire, il la mérite", jugera-t-il. Federer ira même jusqu'à faire de Benneteau le... favori du tournoi après ce match. Mal vu. Il s'inclinera contre Monfils au tour suivant. Mais cette victoire contre Federer, personne ne pourra lui enlever. Ni le souvenir qui va avec.

9. Gasquet - Murray 2007 (Quart de finale)

Un des victoires qui ont compté dans la carrière de Richard Gasquet. Jusqu'à preuve du contraire, 2007 reste la meilleure année du Biterrois. La seule où il a vraiment exprimé pleinement son talent... jusqu'à sa campagne 2013. Après avoir atteint la 7e place mondiale dans la foulée de sa demi-finale à Wimbledon, Gasquet joue sa place au Masters à Bercy. Comme cette année. En quarts de finale, il affronte Andy Murray, en soirée, dans un POPB chaud bouillant. Au bout, il y a le tournoi des Maitres. Pour l'un comme pour l'autre, l'enjeu est identique. Entre les deux grands espoirs, la baston est sympathique. Gasquet empoche le premier set, et se relève d'un trou noir dans le deuxième, où il prend 6-0, pour l'emporter en trois manches (6-3, 0-6, 6-4). C'est la seule fois de sa carrière, avant cette édition 2013, où il avait mis les pieds en quarts à Bercy. Pour sa seule qualification au Masters. Avant 2013, aussi. Décidément, les points communs entre ces deux saisons ne manquent pas pour "Richie".

10. Leconte - Sampras 1992 (16e de finale)

A Bercy, Henri Leconte a donc a tout connu. En 1988, le public lui fait subir l'enfer face à McEnroe. Tous sports confondus, jamais sans doute un Français n'a été traité de la sorte par son propre public. Mais la foule a la versatilité intégrée dans son ADN. Quatre ans plus tard, Leconte est devenu un héros. La victoire en Coupe Davis en 1991 est passée par là. Riton y avait joué un match d'anthologie contre Pete Sampras. A Bercy, en 1992, les deux joueurs se retrouvent à nouveau. Et rebelote, Leconte ressort sa baguette magique et punit l'Américain, tête de série numéro deux, en deux sets, 6-3, 7-5. C'est alors la troisième année consécutive que Sampras s'incline contre un joueur français à Bercy, après Raoux (1990) et Forget (1991).

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