Petra Kvitova a eu 31 ans le 7 mars dernier. Près de dix années ont passé depuis son premier titre du Grand Chelem, à Wimbledon, en 2011. Depuis, elle a réussi à remettre ça sur le gazon anglais, elle est devenue numéro 2 mondiale et a décroché une médaille olympique.
Parmi les joueuses en activité, seules les sœurs Williams et Kim Clijsters ont remporté plus de titres qu'elle sur le circuit WTA et en décrochant son 28e titre à Doha le mois dernier, la Tchèque a prouvé qu'il fallait encore compter avec elle.
Mais sa carrière n'a pas été exempte de moments très difficiles. Elle aurait même pu s'arrêter pour de bon bien prématurément lorsqu'elle a été attaquée au couteau, chez elle, en 2016, endommageant sérieusement ses ligaments et ses tendons de la main gauche, celle avec laquelle elle joue. Quatre heures sur le billard, cinq mois loin des courts et Kvitova est revenue, prouvant à toutes et à tous sa détermination.
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Dans le dernier épisode de Players' Voice, Petra Kvitova revient sur les moments lumineux, et ceux plus sombres, de ces dix dernières années.
"Remporter mon premier titre du Grand Chelem à Wimbledon en 2011, c'était incroyable. J'étais plutôt jeune pour accomplir quelque chose d'aussi grand et je me souviens qu'à l'époque, je ne réalisais pas vraiment ce que ça signifiait. J'étais très heureuse bien sûr, mais un peu perdue aussi. En fait, je crois que je ne réalisais pas du tout ce qu'il m'arrivait.

Le premier titre de Petra Kvitova à Wimbledon.

Crédit: Getty Images

Puis j'ai décroché mon deuxième titre là-bas, trois ans plus tard, et j'en ai éprouvé encore plus de satisfaction. Je l'ai sans doute davantage savouré que la première fois. J'étais un peu plus âgée, un peu plus mature. Cette fois, je savais ce que ça impliquait, j'étais parmi les favorites, ce qui changeait beaucoup de choses. Je me souviens avoir ressenti une grande fierté en soulevant à nouveau ce trophée. C'était vraiment particulier pour moi.
Si je pouvais remporter un troisième titre du Grand Chelem, ce serait un rêve. C'est la principale raison pour laquelle je continuer à jouer au tennis, mais je sais à quel point c'est difficile d'atteindre un tel objectif. Mais dix ans après mon premier Wimbledon, je suis surtout heureuse d'aimer toujours autant le tennis. Je prends toujours beaucoup de plaisir et le plaisir est mon moteur. Pour moi, c'est le plus important. Mais si ce plaisir peut m'amener vers de grands résultats, ça ne me dérangera pas !
C'est là que j'ai compris à quel point j'aimais le tennis
J'ai traversé tellement d'épreuves dans ma vie, et ces dix dernières années m'ont appris une chose : ne jamais prendre pour acquis ce qu'on a, à commencer par le tennis. Il faut simplement profiter de la vie et aujourd'hui, je me sens en mesure d'apprécier pleinement les petites choses de l’existence, bien plus qu'avant.
Entre mon agression et mon retour, il y a clairement eu des moments où revenir semblait impossible. Je me souviens que des gens m'ont dit que je ne rejouerais jamais au tennis. Je répondais simplement : je veux rejouer et je veux montrer à tout le monde que je peux rejouer. Ça a été un tournant pour moi. C'est là que j'ai compris à quel point j'aimais le tennis et à quel point ça comptait dans ma vie. Désormais, même les contrariétés sont positives pour moi. Quand quelque chose ne va pas, j'essaie toujours de trouver un côté positif.
Quand j'ai repris la compétition pour la première fois, ma mentalité sur le court n'était plus la même. C'était la conséquence de mon agression. Je ne prenais plus autant à cœur tout ce qui touchait au tennis. Ma seule priorité, c'était la vie elle-même, pas le tennis, et essayer d'aller du mieux possible. Mais peu à peu, quand j'ai vu que je pouvais à nouveau me battre avec les meilleures, il ne m'a pas fallu longtemps pour retrouver la mentalité de compétitrice qui était la mienne avant cet incident.

2017 : sur le gazon de Birmingham, Petra Kvitova remporte son premier titre depuis son agression.

Crédit: Eurosport

Avec tout ce que j'ai vécu sur le court comme en dehors, j'aimerais pouvoir envoyer un message à la fille de 21 ans que j'étais. Je lui dirais de ne pas dramatiser, de profiter encore plus du tennis et de ce que la vie a à lui offrir. De ne pas trop se stresser quand les choses ne semblent pas aller dans le sens qu'elle souhaiterait.
Si je regarde devant moi, vers les dix prochaines années, je ne pense pas que je jouerais encore au tennis dans dix ans. J'aimerais avoir des enfants, et une vie normale. Mais on verra bien ce qui m'attend !"
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