ROLAND-GARROS - SIMPLE MESSIEURS Demi-finale

Roger Federer (Sui, 1) bat David Nalbandian (Arg, 3) 3-6 6-4 5-2 ab.
Face-à-face : 6-6. Prochain adeversaire : Nadal (Esp, 2)
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Roland-Garros
Jouanno vote Auteuil
03/12/2010 À 15:46

Rod Laver et Andre Agassi... En se hissant en finale de Roland-Garros, Roger Federer a rejoint dans la légende du tennis mondial deux monstres sacrés, devenant le troisième joueur de l'ère Open à disputer consécutivement la finale de tous les tournois du Grand Chelem. Au vu de son talent, cette performance aux allures d'exploit était prévisible mais le Suisse avait conscience que David Nalbandian avait les moyens de lui barrer la route.

Nalbandian confirme

Libéré psychologiquement depuis sa victoire lors de la dernier Masters Cup, l'Argentin est à l'heure actuelle, le seul joueur avec Rafael Nadal, à ne faire aucun complexe face à numéro un mondial, conscient que la richesse de son arsenal lui permettait de faire chuter le roi, notamment sur terre battue. Solide en fond de court, le joueur de Cordoba possède les armes essentielles pour briller sur la surface parisienne : frappes lourdes et longues, vitesse de déplacement. Dès les premiers jeux, il faisait la preuve que son bilan jusqu'alors positif face à Federer (6-5) n'était en aucun cas usurpé.

Vraisemblablement meilleur relanceur du circuit, Nalbandian mettait Federer sur le reculoir dès les premiers coups de raquette. Grâce à des frappes très lourdes et très liftées, l'Argentin repoussait le numéro un mondial loin de sa ligne de fond de court et l'empêchait d'installer son jeu offensif. Profitant de passivité adverse, le joueur de Cordoba n'avait pas besoin de prendre des risques immodérés, ne cherchant pas les lignes, mais sa solidité en fond de court, notamment côté revers, lui suffisait à pousser à la faute un Federer bien trop laxiste. Poussé par ses supporters, Nalbandian ne lâchait rien, ne cédant que 4 points sur son engagement au cours de la première manche (3-6).

Une fin tronquée

Le match prenait même des allures de correction en début de deuxième set. Incapable d'imposer sa puissance en coup droit, Federer faisait preuve d'une torpeur étonnante et d'un manque de vivacité coupable pour pouvoir résister à la furia argentine (3-6 0-3).

Au bord de la rupture, Federer faisait une nouvelle démonstration de sa formidable capacité à hausser son niveau de jeu. Repoussé très loin derrière sa ligne de fond depuis le début du match, le Suisse, s'appuyant sur une première balle retrouvée, faisait parler la poudre en coup droit et surtout reprenait la direction des échanges en s'installant dans le court. Plus agressif, plus offensif, plus vif dans son jeu de jambes, il ne laissait plus le temps à Nalbandian de souffler et inversait irrémédiablement la tendance en se hissant à la moindre occasion au filet.

Le vent avait bel et bien tourné. Un retournement de situation pas seulement dû au réveil de Federer. Touché aux abdominau depuis son match face à Davydenko, Nalbandian n'avait plus les moyens depuis la moitié du second set de résister à la tornade helvète. Incapable de pousser un service au-delà de 170km/h, gêné en revers, l'Argentin n'était plus que l'ombre de lui-même. Soucieux de ne pas aggraver sa blessure, il préférait renoncer, laissant Federer entrer un peu plus dans l'histoire. En cas de victoire dimanche, il deviendra le premier joueur à remporter les quatre tournois du Grand Chelem consécutivement, comme Laver*, et ce sur quatre surfaces différentes, comme Agassi**. Jolie combinaison !

* En 1969, Rod Laver réalise le Grand Chelem alors que trois des quatre tournois se disputent sur herbe (Open d'Australie, Wimbledon et l'US Open).

** Andre Agassi a remporté les quatre tournois du Grand Chelem en 7 ans, entre 1992 et 1999. Le seul à avoir réussi cette exploit alors que désormais les quatre épreuves se disputent sur quatre surfaces différentes (Rebound Ace en Australie, terre battue à Roland-Garros, herbe à Wimbledon, Decoturf à l'Us Open)

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