AP

Federer y retourne, Monfils en sort grandi

Federer y retourne, Monfils en sort grandi
Par Eurosport

Le 06/06/2008 à 20:00Mis à jour

Gaël Monfils n'a pas démérité mais il n'a pas pu empêcher Roger Federer d'aller vers sa 15e finale de Grand Chelem. Le Français s'est incliné 6-2, 5-7, 6-3, 7-5 en demi-finale de Roland-Garros. Le Suisse défiera Nadal pour la 3e fois de suite en finale à

Eurosport Player: Suivez la compétition en live vidéo

Voir sur Eurosport

ROLAND-GARROS - Demi-finale

Roger Federer l'a fait. Il n'a pas gagné Roland-Garros, il a dominé un joueur au potentiel énorme qui a failli faire chavirer de bonheur le public d'un court central acquis à sa cause : Gaël Monfils. Le Suisse n'a pas failli à sa réputation en remportant sa quinzième demi-finale sur dix-huit jouées. En jouant son meilleur tennis dans les moments forts d'un match qui a duré trois longues heures, intenses, belles et suffisamment frustrantes pour que l'on désire revoir très rapidement Monfils à ce niveau de jeu. Le Français a rejoint Richard Gasquet, demi-finaliste à Wimbledon l'an passé mais n'a pas pu imiter Jo-Wilfried Tsonga, finaliste à Melbourne. En finale, on retrouvera pour la cinquième fois en Grand Chelem, la troisième à Paris, l'invincible Rafael Nadal et le conquérant Roger Federer.

Monfils est au niveau, mais Federer arrive à le dépasser

La rencontre a été plutôt décousue. Le vent, le jeu déroutant de Monfils et la tension de l'enjeu devant un central attentif n'ont pas permis aux deux joueurs de développer un tennis de qualité continu, mais les temps forts de la partie resteront dans les mémoires. Après un premier set trop rapide, le scénario des échanges s'est dessiné : Monfils donne le tempo aux échanges et Federer tente de le briser. Ce n'est que dans la dernière manche que le protégé de Thierry Champion a lâché son bras. C'est aussi là que le Federer emprunté et irrégulier a laissé place au N.1 mondial.

Tactiquement, le Français a poursuivi son oeuvre de démolition progressive qui avait fait craquer le solide Ivan Ljubicic et l'inépuisable David Ferrer. A mi-chemin entre les remises sur un faux rythme d'Andy Murray (côté revers) et le lift surdimensionné de Rafael Nadal (côté coup droit), "La Monf'" aurait pu avoir raison s'il n'avait pas eu un joueur exceptionnel en face de lui et si, par manque d'expérience, il n'avait pas hésité quelques fois à entrer plus franchement dans le court. C'est souvent à mi-court qu'il a perdu l'avantage obtenu dans l'échange. On a pu d'ailleurs admirer ses accélérations de coup droit, lourdes et vivantes. De son côté, Roger Federer a eu le mérite de sortir ses plus beaux coups quand il en a eu le plus besoin. Au début du troisième set, où il breake deux fois. Et surtout dans ce quatrième set orageux. A 1-1, il sauve deux balles de break, à 2-2 aussi. Monfils joue bien mais c'est le Suisse qui a frappé les coups les plus francs à ce moment-là : premières balles et coup droit giflés compris. "Il y avait la place. Dans le quatrième set, j'aurais pu mieux gérer les balles de break (6), c'est à ce moment-là que je n'ai pas su avoir le petit plus pour faire pencher la rencontre", a reconnu le Français.

Gaël Monfils a eu droit à un grand moment d'émotion quand il a soulevé le public après avoir sauvé deux balles de match (dixième jeu du 4e set, 5-5). Ce sera son trophée du jour. Les autres, il faudra aller les chercher. Son accolade à la fin du match avec Federer ressemblait à un compliment et à un défi à venir: "Bravo, mais il faudra compter avec moi désormais". Sa marge de progression n'est pas négligeable, il a 21 ans et comme on le rappelle souvent pour Richard Gasquet, à cet âge Roger Federer n'avait pas encore gagné son premier Grand Chelem. Depuis, il a disputé dix-huit demi-finales et en a gagné quinze, pour douze titres majeurs. Les deux seules finales qu'il a perdues, c'est face à Rafael Nadal à Roland-Garros. On en reparle dimanche.

LES REACTIONS DES JOUEURS

Roger Federer : "On y est. Là où je voulais être ces dernières semaines et derniers mois. Rafa (Nadal), c'est le test ultime sur terre battue. On ne peut pas tirer trop d'enseignements de ces deux demi-finales, du simple fait que Rafa est un gaucher. Je me sens mieux d'année en année, ce n'est pas une blague, je suis plus en forme que jamais. "Rafa" a été sublime pendant tout ce tournoi. Je ne suis pas vraiment surpris qu'il ait battu Djokovic si facilement, car je sais à quel point il est difficile à affronter ici. C'était très intéressant de les voir jouer."

"Mon match a été plus difficile? Mais je m'y attendais. Je l'ai rencontré deux fois cette année et Gaël n'allait pas changer du jour au lendemain. Il a un super service et des grosses qualités athlétiques. Je m'attendais à ce que ça se passe comme ça. C'était à moi de prendre mes chances et de varier, j'y suis bien parvenu. C'est vrai que dans un match comme ça tout peut arriver, contre quelqu'un qui joue à la maison."

"Mais j'ai toujours eu le contrôle du match, et c'était vraiment sympa, j'ai passé du bon temps. J'ai fait quelques points extraordinaires pour faire la différence. A la fin, j'étais vraiment super content. Cinq secondes plus tard je me suis dit: il reste la finale."

0
0