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C'était bien, c'était chouette, mais l'heure des braves, c'est maintenant

Un oeil à Roland : C'était bien, c'était chouette, mais l'heure des braves, c'est maintenant

Le 30/05/2015 à 21:58

ROLAND-GARROS - Avec cinq représentants en huitièmes de finale dans le tableau masculin plus Alizé Cornet chez les filles, le tennis français a pleinement réussi sa première semaine. Mais la marche va être beaucoup, beaucoup plus haute désormais pour eux.

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L'histoire du jour

Ils sont arrivés sur la pointe des pieds. Sans trop de confiance ni de repères, à l'exception de Gaël Monfils. Avec des bobos, pour la plupart. A croire que l'air de Roland-Garros a des vertus régénératrices. Alors que la phase I de la quinzaine touche à sa fin, le tennis français peut se targuer d'un bilan, sinon inespéré, en tout cas remarquablement positif vu le contexte. Surtout chez les messieurs, puisqu'ils seront cinq en huitièmes de finale. Soit 30% des joueurs encore en lice. Rappelons qu'à l'Open d'Australie, au même moment, le tournoi était déjà terminé pour les "Frenchies".

Evidemment, la question qui se pose tient à leur espérance de vie dans cette seconde semaine. De (très) satisfaisante, cette cuvée 2015 peut-elle devenir exceptionnelle ? On ne parle même pas de trouver un successeur à Yannick Noah, ou même à Henri Leconte, dernier finaliste tricolore, il y a 27 ans déjà. Mais les petites étincelles des jours passés peuvent-ils se transformer en feu d'artifice ? Autant le dire clairement, avoir au moins un Français encore en vie lundi soir relèvera de l'exploit. Ce sont les numéros 1, 2, 3, 4 et 8 mondiaux qui se dressent sur la route de Gasquet, Monfils, Chardy, Tsonga et Simon.

Il ne suffira plus d'être bon ou solide dans les 48 heures qui s'annoncent. Mais exceptionnels. La logique sportive risque d'imposer un douloureux principe de réalité aux cinq Mousquetaires version 2015. A eux de jouer. Voire de sur-jouer, sous-entendu, de surpasser leur niveau de jeu normal. C'est le prix pour poursuivre l'aventure et entretenir le rêve naissant. Tout juste naissant. Et encore bien fragile.

Gaël Monfils - Roland-Garros 2015

Gaël Monfils - Roland-Garros 2015AFP

On a aimé

Ce Gasquet plein de gnac. On l'a vu pester, s'en prendre à l'arbitre. Jouer avec le public, aussi. Ce n'est pas la première fois mais avec cette fréquence-là, cette intensité-là, peut-être bien. Comme il a tenu lui-même à le souligner, ce match contre Anderson, il l'a gagné à la bagarre. A l'huile de coude, plus qu'à l'eau de Cologne. La grinta, c'est aussi beau que la pureté d'un revers à une main…

On n'a pas aimé

Voir le central se vider après le match de Gasquet. Derrière, il restait une affiche superbe, entre Serena Williams et Vika Azarenka. Un troisième tour largement digne d'une finale. John McEnroe s'est désolé sur NBC de voir une bonne partie du public déserter les tribunes. On ne peut qu'être d'accord avec lui. Et le déroulement du match a donné tort aux absents.

La nouvelle déconvenue de Kristina Mladenovic au troisième tour. Son tournoi ressemble à s'y méprendre à celui de l'an dernier: une grosse perf' d'entrée (Li Na en 2014, Bouchard cette année) puis une sortie de route aux portes de la seconde semaine. Frustrant. Son adversaire, la Belge Alison van Uytvanck, a produit un tennis bien supérieur à son classement (93e) samedi sur le Lenglen, mais c'est une occasion ratée pour "Kiki". Une de plus.

Juste pour savoir

Les trois meilleurs joueurs français contre trois ténors du circuit et combien encore dans le tournoi dimanche soir ?

Le match que vous attendez le plus parmi les cinq huitièmes de finale français, c'est ?

En survivant à la menace Azarenka, Serena a-t-elle fait le plus dur sur la route de la finale ?

Le tweet qui en appelle au peuple

Trois stats à retenir

5. Il y aura donc 5 Français dans le tableau masculin en huitièmes de finale. C'est seulement la troisième fois (après 1971 et 2008) depuis le début de l'ère professionnelle en 1968 que la France compte autant de représentants chez les messieurs.

24. Le nombre de jeux perdus par Rafael Nadal et… Jo-Wilfried Tsonga pour arriver en huitièmes de finale. Parmi les qualifiés pour les huitièmes qui ont disputé trois matches, ce sont les deux parcours les plus expéditifs. Kei Nishikori n'a perdu que 22 jeux, mais en seulement deux rencontres.

36. Dans le genre "série improbable", David Ferrer a signé sa 36e victoire consécutive face à un joueur italien. Sa dernière défaite contre un Transalpin remonte à… septembre 2005, il y a quasiment 10 ans, quand il s'était incliné à Palerme face à Francesco Aldi, alors 158e mondial.

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