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Tout mène à un sacre de Djokovic mais…

Tout mène à un sacre de Djokovic mais…

Le 22/05/2015 à 15:06Mis à jour Le 23/05/2015 à 13:01

ROLAND-GARROS - En quête du seul titre du Grand Chelem qui lui fait encore défaut, Novak Djokovic n'a jamais abordé Roland-Garros à ce point en position de force.

A défaut de savoir comment tout ça se finira dans une quinzaine de jours, on peut déjà affirmer que cette édition 2015 de Roland-Garros commence par un fait inédit depuis une décennie : il y a un incontournable favori, et plus qu'un favori, un véritable épouvantail, sans que celui-ci ne se nomme Rafael Nadal. Le super-mega favori, c'est Novak Djokovic.

D'ailleurs, même Rafa, l'incontournable maitre des lieux, l'homme aux neuf sacres parisiens, n'a sans doute jamais abordé le "French" avec, sur le papier, cette marge sur la concurrence. Evidemment, Nadal, depuis son premier titre en 2005, est l'homme à battre. Il a toujours été le prétendant numéro un. Mais face à lui, il y a longtemps eu un Roger Federer au sommet de son art, susceptible de le titiller, voire de le battre dans les tournois de préparation. Puis il y a eu Djokovic dans le même rôle ces dernières années. Le talent de ces deux grands rivaux laissait toujours planer une forte menace.

Novak Djokovic lors du tournoi de Miami.

Novak Djokovic lors du tournoi de Miami.AFP

Toute puissance de Djokovic + fragilité de la concurrence = un avantage conséquent sur la ligne de départ

Cette année, la fusée Djokovic parait cinq étages au-dessus de tout le monde. Il y a quatre ans, le Djoker, fort de sa formidable série de victoires, avait déjà débarqué Porte d'Auteuil avec la pancarte. Mais à l'époque, Nadal était Nadal. Oui, il avait perdu deux finales sur terre contre Djokovic, mais il évoluait à un niveau proche du Serbe. Si la situation de Djokovic s'approche de celle de 2011, celle de Nadal est radicalement différente. Cette saison, le natif de Belgrade est peut-être plus fort encore qu'à l'époque. La façon dont il dévaste tout ou presque sur son passage depuis l'US Open 2014 (52 victoires en 55 matches, 7 titres sur 7 dans les tournois majeurs disputés sur cette période) l'isole du reste de ses semblables.

Nadal, à l'inverse, traverse la période la plus difficile de sa carrière sur terre battue. Les trajectoires des deux hommes, y compris sur terre, se sont éloignées dans des proportions inquiétantes pour Rafa. Quant aux autres... Lors des tournois de préparation, Djokovic a battu Nadal à Monte-Carlo. Federer à Rome. Berdych, Ferrer et Nishikori sont également passés à la moulinette serbe. Il n'a certes pas croisé Murray ou Wawrinka, mais les a dominés tous les deux en 2015 sur dur. C'est la corrélation entre la toute puissance du Djoker et la fragilité plus ou moins prononcée de ses concurrents qui donne au numéro un mondial cet avantage si conséquent sur la ligne de départ.

Novak Djokovic n'a donc jamais semblé en aussi bonne posture pour enfin composter sur sa clinquante carte de visite le titre qui lui fait encore défaut. Ces trois dernières années, il a buté sur Nadal. Deux fois en finale, une fois en demie, sur le fil, 9-7 au 5e set. Avant ce malheureux triptyque, il était tombé en 2011 sur un Federer en état de grâce.  Il est raisonnable de penser que, aussi bien pour "Rodgeur" que pour "Rafa", le contexte est nettement plus défavorable en 2015 qu'il ne l'était en 2011 pour le Suisse et sur la période 2012-2014 pour le Majorquin. Raisonnable, oui. La raison mène décidément tout droit à un sacre de Djokovic.

Djokovic et Nadal à Monte-Carlo.

Djokovic et Nadal à Monte-Carlo.AFP

Quand le destin savonne la planche de la logique

Pour l'en priver, il faudra donc quelque chose de "déraisonnable". Un joueur sublimé, tel Federer en 2011. Un Nadal retrouvé. Au moins partiellement. Ou bien encore que Roland-Garros se découvre un joueur en mode "Cilic Flushing 2014". Tout ceci est possible, bien sûr. Mais ces divers scenarios sont moins probables que celui qui semble guider Djokovic tout droit vers la Coupe des mousquetaires. Depuis des années, Djokovic sait qu'il peut gagner Roland-Garros. Cette fois, on pourrait presque dire qu'il "doit" gagner. Ça n'a l'air de rien, mais c'est moins simple à gérer qu'il n'y parait.

Gare, quand même. D'abord parce que les neuf finales de Nadal doivent inspirer le respect, au minimum. Le battre ici sera une autre paire de manches, Djokovic en sait quelque chose. Si les deux joueurs se croisent en quarts de finale, la pression sera beaucoup, beaucoup plus forte sur les épaules de Novak. Puis rien n'est jamais écrit ni figé. En 1984, John McEnroe DEVAIT triompher à Paris. Jusqu'au milieu du troisième set de la finale face à Ivan Lendl, c'était écrit. Avant de s'effacer. Michael Chang ne DEVAIT pas être couronné à 17 ans en 1989. Lendl était tellement plus fort que tout le monde ce printemps-là. Borg DEVAIT gagner l'US Open un jour. Et je pourrais poursuivre ainsi longtemps. Parfois, entre ce qui DOIT arriver et le verdict de l'histoire, le destin prend un malin plaisir à savonner la planche de la logique. C'est cette part d'imprévisibilité, d'entorse à la raison que Djokovic se devra de maitriser, en plus de tout le reste.

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