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Federer, pour quoi faire ?

Federer, pour quoi faire ?

Le 26/05/2019 à 09:16Mis à jour Le 26/05/2019 à 11:24

ROLAND-GARROS - Il revient. Enfin. Quatre ans après sa dernière visite, Roger Federer est de retour sur la terre battue parisienne. La simple présence du Suisse booste ce début de quinzaine. Mais est-il pour autant raisonnable de le considérer comme un candidat au titre ? Sauf circonstances très favorables, pas forcément...

"Si je pouvais déjà faire quatre matches et rester deux semaines à Paris, ce serait cool". Roger Federer la joue modeste. Il la joue surtout réaliste. Dans tout ce qu'il peut distiller à travers les médias ces derniers jours, comme avec cette phrase dans son interview accordée à L'Equipe, le Suisse affiche une ambition relativement modérée à l'heure de retrouver Roland-Garros. Il a raison.

Après quatre années d'absence, l'homme aux vingt titres du Grand Chelem revient donc porte d'Auteuil. Pour y faire quoi ? Pour se faire plaisir, avant tout. Lorsqu'il avait annoncé fin janvier un peu à la surprise générale son intention de rejouer sur terre battue et notamment à Roland-Garros, Federer avait insisté sur cet aspect. Sa seule vraie source de motivation. Il a été guidé par l'envie, non par le besoin. Ça tombe bien.

Dix ans après son unique sacre parisien qui pèse tant dans sa carrière, il est raisonnable de ne pas attendre trop de lui. Sa présence à Madrid et à Rome a apporté des indications intéressantes. D'abord, papy tient encore la route. Quart de finaliste dans les capitales espagnole et italienne, il demeure compliqué à battre, même sur terre, pour une immense majorité de joueurs. Sur ces deux tournois, il a gagné deux matches au couteau (Monfils, Coric) et en a perdu un troisième (Thiem). Il a glané suffisamment de repères pour savoir qu'il demeurait compétitif, ce dont personne ne doutait vraiment d'ailleurs.

Roger Federer

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Une demie serait formidable vu le contexte

Ne pas le voir en deuxième semaine serait décevant (il n'a été absent des huitièmes qu'à deux reprises au cours de ses 54 dernières participations en Grand Chelem). Un quart et son Roland-Garros serait pleinement réussi (n'oubliez pas qu'il a échoué en huitièmes lors des deux derniers Majeurs). Une demie serait réellement formidable vu le contexte.

Au-delà ? Nous ne serions plus très loin du miracle. Sauf à envisager une hécatombe qui verrait Nadal, Djokovic ou Thiem trépasser avant de l'affronter, soit forcément dans la dernière ligne droite, j'ai plus que du mal à envisager la présence de Roger Federer sur le Chatrier le 9 juin. On parle d'un joueur qui, même avant 2016, avait déjà rétrogradé dans la hiérarchie terrienne. Lors de ses trois dernières participations, il avait échoué en huitièmes ou en quarts et cet horizon-là constitue à nouveau un potentiel plafond de verre.

Le vrai doute, pour Federer, ne tient pas tant à la qualité de jeu qu'à sa capacité à encaisser la répétition des efforts dans le contexte du format trois sets gagnants sur terre battue. On peut d'ailleurs se demander si son inscription de dernière minute à Rome n'entrait pas dans ce cadre. Après tout, à Madrid, il avait déjà recueilli une somme d'informations en jouant trois matches, dont deux très accrochés. Son début d'alerte après le marathon contre Coric à Rome, qui l'a poussé à renoncer à son quart contre Stefanos Tsitsipas, ne constitue pas un indicateur rassurant dans cette optique. S'il devait avoir à enchainer un ou deux matches à rallonge, difficile de l'imaginer durer jusqu'au bout de la deuxième semaine.

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La caravane de Roland

Pour autant, indépendamment de ce qu'il y accomplira, il crée l'évènement à Roland-Garros. Dans deux semaines, la grande histoire de cette édition 2019 sera peut-être la "Duocedima" de Nadal, le deuxième "Djoko Slam" ou l'avènement d'un nouveau champion. Mais la grande affaire de l'amont, c'est bien le retour de Roger Federer. Dans ce Roland-Garros, au fond, il s'apparente un peu à la caravane publicitaire du Tour de France : un évènement à part entière, qui anime l'avant-débat. De la même manière que certains viennent au bord de la route davantage pour voir passer les véhicules colorées et improbables et la caravane que la course en elle-même, certains guettent avec autant d'impatience le simple fait de le (re)voir à l'œuvre dans ce tournoi que le tournoi lui-même.

Alors, Federer, grande attraction des premiers jours plus que grand acteur des derniers ? La première partie est une certitude. La seconde une hypothèse nettement plus aléatoire. Pas sûr que ce soit l'essentiel, d'ailleurs. Rien ne dit que, dans un an, la question de sa présence se posera. A Madrid, il avait laissé planer le doute, évoquant son possible retour en 2020 en Castille comme joueur… ou en touriste. Il vient à Paris pour profiter. Profitons-en. Le reste...

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