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Hoang : "Gaël, je le connais à la télé, il a l'air super gentil"

Hoang : "Gaël, je le connais à la télé, il a l'air super gentil"

Le 30/05/2019 à 21:25Mis à jour Le 30/05/2019 à 22:18

ROLAND-GARROS – Invité surprise des 16es de finale, Antoine Hoang a honoré sa wild-card. A 24 ans, ce garçon au parcours atypique et la personnalité posée profite avec du recul de son petit bonheur parisien. Il affrontera Gaël Monfils samedi. Comme tout amateur de tennis, il l'a beaucoup vu. A la télé.

L'aventure d'Antoine Hoang ressemble à beaucoup d'autres qui ont émaillé les Majeurs, année après année. Le tennis évolue, le matériel, le physique, tout ce que vous voudrez, mais ces aventures-là, tellement, humaines, ont-elles quelque chose d'immuables. Ces petites histoires typiques de la première semaine ne génèrent pas la légende des Grands Chelems, mais elles en font tout le sel. Sur le court comme après son match, Hoang, jeudi, ce fut une énorme vague de fraicheur.

Le mot-clé pour lui ces jours-ci, et plus encore ce jeudi, c'est "découverte". Après sa victoire en quatre sets et près de quatre heures contre Fernando Verdasco, de très loin la plus notable de sa carrière, il a ainsi eu les honneurs de la grande salle de conférence de presse. Et s'est retrouvé un peu embêté quand les premières questions ont fusé… en anglais. "Je vais faire de mon mieux", a-t-il rigolé, dans la langue de Shakespeare. Mais au fond, il prend tout ça avec un grand sourire. "J'ai un peu plus de sollicitations que d'habitude, mais je le fais avec plaisir, ce sont des bonnes choses qui m'arrivent", sourit-il.

Vidéo - Ambiance de corrida sur le court n°1 : "le matador" Hoang a dompté le "taureau" Verdasco

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Trajectoire atypique

En franchissant deux tours à Roland-Garros, Antoine Hoang a gagné deux fois plus de matches sur le circuit principal au cours des trois derniers jours que depuis le début de sa carrière. Il n'en comptait donc qu'un jusqu'ici, en début d'année, à Montpellier contre Steve Darcis. A bientôt 24 ans, son éclosion peut sembler tardive. Elle l'est dans l'absolue, mais nettement moins dans le contexte de son histoire personnelle. Ce garçon posé, que ses proches décrivent comme "cérébral", a poursuivi ses études jusqu'à la licence, ce qui a retardé son apparition sur le circuit.

Alors, s'il n'est plus tout jeune, il se sent encore au tout début de sa trajectoire. "Un garçon comme Corentin (Moutet), il a quatre ans de moins que moi, mais il a beaucoup plus d'expérience, relève-t-il. Je ne joue sur les challengers que depuis l'année dernière. Tout est nouveau pour moi. Il ne faut pas confondre la jeunesse et la fraicheur. Je ne suis plus très jeune selon les critères habituels, mais je me sens très frais dans le milieu". S'il n'a pas le CV "normal" d'un joueur de son âge, il possède aussi une marge de progression inhabituelle.

" Ce serait absurde d'avoir peur de choses dont on rêvait "

Jusqu'ici, le premier tour de Montpellier avait donc constitué son sommet. Roland-Garros, le court numéro un, Verdasco, c'est évidemment une autre dimension. "Je n'avais jamais joué devant autant de monde, glisse le Sudiste, actuellement 146e au classement ATP. L'ambiance était incroyable du premier au dernier point. Avant le match, il y avait déjà une hola. Clairement, l'atmosphère m'a beaucoup aidé aujourd'hui (jeudi)." Aidé, mais jamais pesé. Cela s'est senti au moment de servir pour le gain du match : il a lâché ses coups comme si de rien n'était et a terminé sur deux énormes services.

"Je suis content de ne pas m'être laissé envahir par l'évènement, poursuit le protégé de Lionel Zimbler. J'ai pensé que c'était de ça dont je rêvais depuis longtemps. Alors, je me suis dit 'ne commence pas à avoir peur, ce serait absurde d'avoir peur de choses dont on rêvait. T'es là où tu voulais être, alors il n'y a aucune raison d'avoir peur', voilà ce que j'ai pensé." C'est là, sans doute, que sa maturité l'aide. Il y a des nouveautés plus simples à appréhender à 24 ans qu'à 19 ou 20.

C'est à peu près avec le même état d'esprit que ce joueur d'échecs abordera son prochain match. Un rendez-vous particulier à triple titre. D'abord parce qu'il jouera pour une place en deuxième semaine d'un Grand Chelem. Ensuite parce qu'il va découvrir un grand court, le Chatrier ou le Lenglen. Enfin parce qu'il y aura en face un certain Gaël Monfils. Cela pourrait faire beaucoup d'un seul coup, mais tout semble passer tranquillement. Jouer sur le Chatrier ? "J'ai fait une exhib' avec Jo (Tsonga) sur Central, ça m'ai aidé un peu à dédramatiser le court, dit-il. De toute façon, il y a tellement de choses dont je n'ai pas l'habitude, que je n'ai pas envie d'avoir peur."

Antoine Hoang.

Antoine Hoang.Getty Images

Son père privé de tribunes

Pas même de Monfils, même s'il l'admet, l'avoir et le voir de l'autre côté du filet sera spécial pour lui. "Il m'a tellement fait vibrer, confie le héros du jour. Il m'a transmis tellement d'émotions. Gaël, je le connais à la télé, il a l'air super gentil. J'ai l'image de quelqu'un d'agréable, on a envie de l'encourager !" Promis, samedi, il "mettra tout ça de côté". Derrière son côté candide découvrant un monde nouveau et presque féérique, Antoine Hoang sait d'où il vient et ce qu'il veut. "J'ai plutôt la tête sur les épaules, explique-t-il. Quand ça marche, il faut sourire, mais ne pas oublier de se remettre au boulot. Je sais qu'après Roland, je vais retourner sur les challengers pour préparer la saison sur gazon."

Mais avant le retour sur herbe, il reste la terre. Il savourera, mais après. "Là, j'ai mis le portable de côté pour ne pas trop voir les messages et me laisser disperser", dit-il. Et il ne changera pas ses habitudes. Même les plus douloureuses. Ainsi, son père n'aura toujours pas le droit de venir le voir jouer. Explications : "il m'a entrainé quand j'étais jeune et aujourd'hui, quand il est sur le terrain, j'ai tendance à plus penser à ce qu'il pense lui qu'à ce que je dois faire moi. C'est compliqué parce qu'il aimerait être là, mais il l'accepte, il sait que c'est pour mon bien. C'est, entre guillemets, quelque chose qui me dérange et j'essaie de mettre toutes les chances de mon coté." Mine de rien, Antoine Hoang sait ce qu'il veut.

Vidéo - Monfils : ''Hoang ? Je ne le connais pas bien''

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