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Promis, Herbert n'a pas voulu imiter Mahut : "Je n'ai pas fait exprès d'être mené deux sets zéro !"

Promis, Herbert n'a pas voulu imiter Mahut : "Je n'ai pas fait exprès d'être mené deux sets zéro !"

Le 27/05/2019 à 18:32Mis à jour Le 27/05/2019 à 18:34

ROLAND-GARROS – Comme Pierre-Hugues Herbert le dit lui-même, c'est une "drôle de coïncidence". Au lendemain de la remontée improbable de son pote Nicolas Mahut contre Cecchinato, l'Alsacien a accompli une performance similaire lundi face à Daniil Medvedev. Jamais il ne s'était imposé en ayant été mené deux sets à rien. Un succès en forme de cap ? Peut-être.

Inséparables. Même quand ils ne foulent pas le court en même temps. Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut ont une longue vie de couple en double, mais ce qu'ils viennent de vivre à vingt-quatre heures d'intervalle restera peut-être paradoxalement comme un de leurs plus forts souvenirs "en commun". Le dimanche pour l'Angevin, le lundi pour P2H, ils ont tous deux réussi à s'imposer en cinq sets après avoir été menés deux manches à rien. Et pas face à des sous-fifres puisque ces exploits ont été signés face à Marco Cecchinato et Daniil Medvedev.

Alors, forcément, Herbert y a pensé pendant qu'il bataillait sur le court 14. Mais promis, les deux compères ne se sont pas concertés. "Ce qui est sûr, rigole l'Alsacien, c'est qu'on ne l'a pas fait exprès ! Il n'y a pas de challenge entre nous. On n'en est pas encore là avec Nico. Je n'ai pas fait exprès d'être mené deux sets zéro. Au début du troisième, je pensais juste à rester dans le match. Je me disais 'essaie de prendre le troisième et on verra'". On a vu.

Pierre Hugues Herbert, vainqueur de Daniil Medvedev

Pierre Hugues Herbert, vainqueur de Daniil MedvedevGetty Images

" Magique de partager ça avec le public "

Ce set, il l'a donc gagné et à partir de là, Mahut est resté dans son esprit. "Ça m'a fait croire en moi, estime-t-il. J'ai vu son match hier (dimanche) et Nico m'a montré la voie par son attitude, sa façon de partager avec le public au cinquième set. Merci Nicolas de m'avoir montré que c'était possible... même à 37 ans." Dans ce double exploit, Pierre-Hugues Herbert voit "une coïncidence troublante". "On a fait beaucoup de choses ensemble dans nos carrières, mais là, de vivre la même expérience l'un après l'autre, c'est quand même un peu bizarre. Mais c'est génial."

Au-delà du clin d'œil plus que sympathique pour les deux amis, cette victoire va compter pour Herbert. Même sans la référence à Mahut la veille, battre Medvedev en Grand Chelem, c'est une performance. "Toutes les victoires ont une saveur spéciale à Roland-Garros mais celle-là, plus que les autres, assure-t-il. C'est le 14e mondial, il a fait un début de saison incroyable, donc oui, ce match a beaucoup d'importance pour moi." Pour la performance, et le ressenti. Car émotionnellement, sur ce court 14 si électrique, l'Alsacien a vibré comme rarement : "c'était un peu magique de partager ça avec le public. A la fin, je suis tombé comme un sac à patates."

Sa victoire, il la doit d'abord à sa ténacité car il s'est retrouvé dos au mur plus d'une fois. Ces deux sets dans la vue, bien sûr, mais aussi ce break d'entrée concédé au cinquième set. Il a recollé aussi sec mais a dû s'épuiser ensuite à faire la course derrière Medvedev, qui servait en premier. Une fin de match épique, avec une qualité de jeu enfin conjointe des deux hommes. Malgré la fatigue. Ou grâce à elle, peut-être. En ce qui concerne P2H en tout cas. "Avec la fatigue, je me pose moins de questions, juge-t-il. Quand j'ai 100% de mon énergie, j'ai tendance parfois à jouer moins naturellement, à trop refléchir. Quand on n'a plus les jambes, on se lâche, il n'y a plus le choix et, paradoxalement, ça m'aide."

Vidéo - 3h54 de combat et un come back de folie : Herbert s'est sublimé face à Medvedev

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Le bon moment pour se consacrer au simple

Puis il y a le public, sans lequel il ne s'en serait probablement pas sorti ce lundi. L'an passé, Herbert avait déjà expérimenté ce court. C'était alors le 18. Aujourd'hui, c'est le 14. Plus la même numéro, mais la même fièvre. "J'aime beaucoup ce court, dit-il. Le public a été super. Il y a des moments où je n'entendais rien, à part les cris. Si ce n'est pas à Roland-Garros, je ne gagne pas ce match. C'est le public qui m'a aidé à m'accrocher et m'a fait sentir que je pouvais l'emporter. Je ne pouvais pas lâcher." Au bout l'attendait donc la toute première victoire de sa carrière en surmontant un débours de deux sets.

Ce n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard si elle arrive maintenant. Cette année, pour la première fois de sa carrière, Pierre-Hugues Herbert a décidé de se consacrer beaucoup plus largement au simple. "Après Melbourne, j'ai senti que c'était le bon moment pour le faire, explique-t-il. Pour l'instant, ça ne se passe pas trop mal mais on dressera le bilan à plus long terme." A 28 ans, il n'a plus de temps à perdre. Mais tout est affaire de timing selon lui : "je n'ai pas de regrets de ne pas m'être davantage consacré au simple plus tôt. Au contraire, car c'est le double qui me permet d'en être là où j'en suis en simple aujourd'hui".

Une victoire comme celle face à Daniil Medvedev, dans le fond comme sur la forme, ne peut que l'aider à aller voir plus loin. "Est-ce que ça peut être un déclic ? On le saura plus tard, avance-t-il prudemment. Mais je pense être capable de réaliser de belles choses." Medvedev ne dira pas le contraire. Et maintenant, repos. Mérité et nécessaire avant de remettre le couvert mercredi. Un vrai repos. L’avantage de ne pas s’aligner en double...

Vidéo - Un rallye dantesque et un passing parfait au bout : Herbert a mis le court 14 en fusion

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