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Federer : "Gagner ici a été un des plus grands moments de ma vie"

Federer : "Gagner ici a été un des plus grands moments de ma vie"
Par Eurosport

Le 24/05/2019 à 17:58Mis à jour Le 24/05/2019 à 18:47

ROLAND-GARROS – Le retour de Roger Federer à Paris constitue un des événements de cette quinzaine. Le Suisse célèbre cette année le 10e anniversaire de son unique sacre sur la terre battue de la porte d'Auteuil, mais aussi les vingt ans de sa première participation. Entre souvenirs et retrouvailles, il évoque sa relation spéciale avec Roland-Garros.

Votre retour à Paris constitue un événement. Le ressentez-vous également ainsi ?

Roger FEDERER : D'abord, je suis très heureux de revenir à Paris. Le public de Roland-Garros m'a manqué, évidemment. J'ai joué ici pendant des années. J'ai débuté ici il y a vingt ans. J'ai remporté le tournoi il y a dix ans. Gagner ici a été un des plus grands moments de vie. Il me manquait quelque chose quand je n'étais pas là.

Qu'attendez-vous de ce tournoi ?

R.F. : C'est un peu comme quand je suis revenu en Australie en 2017. Je n'avais aucun objectif précis. C'est un peu pareil ici. Je suis juste content d'être de retour, et en bonne santé. En termes de résultats, je ne sais vraiment pas trop à quoi m'attendre. Pour l'instant, je dirais que ma préparation s'est bien passée. A Madrid, mon corps a bien réagi à une surface sur laquelle je n'avais plus évolué depuis des années.

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Tout va bien malgré votre alerte à Rome où vous aviez déclaré forfait avant votre quart de finale ?

R.F. : Oui, c'était une petite alerte, mais c'était surtout par précaution. Je voulais être certain d'arriver à Roland-Garros à 100%. J'avais le sentiment que si je jouais ce match à Rome, je pourrais prendre un risque et je n'aimais pas ce sentiment. Ce n'était pas une décision facile à prendre mais c'était la bonne je pense.

Vous étiez à Bercy l'automne dernier, vous revoilà à Roland-Garros. Paris aurait-elle à nouveau vos faveurs ?

R.F. : Être physiquement au top, ça aide beaucoup, vous savez. La dernière fois que j'ai senti un vrai problème dans mon corps, c'était à Montréal, il y a presque deux ans (il s'était blessé au dos en finale contre Alexander Zverev, ndlr). Je suis vraiment satisfait de la façon dont mon corps tient le coup depuis. Je n'ai pas laissé Paris de côté, c'était juste une question de calendrier, malheureusement. Je devais me demander à chaque fois "quelle est la bonne décision à prendre ?"

Vous n'avez aucune crainte quant à votre capacité à enchainer de longs matches sur terre battue, sur la durée d'une quinzaine ?

R.F. : Non. Je me suis entrainé dur et j'ai eu des matches durs, dont j'avais besoin, à Madrid et à Rome. Jouer ce type de rencontres, avec de la pression et de l'engagement, c'est ce dont j'avais besoin. Après, évidemment, comme dans tout Grand Chelem, si vous pouvez éviter de jouer des matches trop longs en début de tournoi, ça augmente vos chances d'aller loin dans le tableau. Mais de toute façon, pour l'instant, je veux juste profiter du fait d'être là et gagner mon premier match. Je ne regarde pas trop loin.

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Est-ce que vous pouvez gagner ce tournoi ?

R.F. : Je ne sais pas. C'est un point d'interrogation pour moi. Comme je l'ai dit, d'une certaine façon, je me sens dans la même situation qu'avant l'Open d'Australie 2017. Je suis dans l'inconnu. Je pense que je joue du bon tennis, mais est-ce que ça suffira, face aux tout meilleurs, quand le tournoi commence vraiment à se décider ? Je ne suis pas sûr d'avoir ça dans ma raquette. Mais j'espère pouvoir me mettre en position de répondre à ces questions en allant loin dans le tournoi, justement pour affronter ces gars-là. Mais il faudra déjà arriver jusque-là. En tout cas, c'est clairement un tournoi très excitant pour moi.

Vous qui n'avez pas mis les pieds à Roland-Garros depuis quatre ans, avez-vous trouvé le stade très différent ?

R.F. : Beaucoup de choses ont changé, oui. Cette salle d'interview, déjà. Le Central, aussi, évidemment. Il y a eu beaucoup d'améliorations et d'investissements. On le ressent. Roland grandit et c'est bien de voir ça. Mais en même temps, c'est toujours le vieux Roland-Garros. La même atmosphère, le même parfum.

Quels souvenirs gardez-vous de votre premier Roland-Garros ?

R.F. : J'avais joué le tournoi juniors en 1998. L'année d'après, j'avais eu une wild-card. Il y a vingt ans... J'avais joué Pat Rafter sur le Suzanne-Lenglen. J'étais content de jouer sur un grand court plutôt que sur le 23 ! Je me souviens surtout qu'à l'époque, il y avait des points de bonus si on battait les dix premiers mondiaux. Le N°1, c'était 50 points. Rafter devait être N°5, donc c'était 90 points (les bonus étaient doublés en Grand Chelem, ndlr). En le jouant, je savais que je pouvais prendre un maximum de points, 120 je pense. Ce n'est pas arrivé (il s'était incliné en quatre manches) mais ça reste une super expérience. De cette édition, je me souviens surtout la finale dames entre Steffi Graf et Martina Hingis. On a pratiquement le même âge avec Martina et je me demandais comment elle pouvait accomplir autant de choses aussi jeune, alors que moi j'étais encore dans mes couches.

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Et avant cela, vos souvenirs d'enfance, spontanément, vous ramènent vers qui ?

R.F. : Je me souviens notamment très bien des victoires de Jim Courier (en 1991 et 1992, ndlr). Je jouais des tournois de jeunes sur terre battue à cette époque au moment de Roland-Garros et je rentrais à la maison pour regarder les matches à la télé. Alors, jouer ce tournoi et plus encore le gagner, c'était un rêve qui devenait réalité.

Il y a dix ans, vous remportiez enfin ce tournoi. Est-ce le moment de votre carrière où vous avez ressenti le plus de pression, après l'élimination de Rafael Nadal ?

R.F. : C'est possible, oui. C'est difficile de comparer avec Wimbledon 2003 par exemple. Mais quand Rafa a perdu contre Söderling, je savais qu'au lieu de devenir plus facile, le tournoi allait être encore plus difficile à gérer pour moi, à cause de la pression. Mais c'était intéressant à vivre et je me sens fier d'avoir été capable de résister à cette pression.

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