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Monumental Wawrinka !

Monumental Wawrinka !

Le 02/06/2019 à 19:23Mis à jour Le 02/06/2019 à 20:18

ROLAND-GARROS - Monumental combat sur le Lenglen dimanche. Stan Wawrinka et Stefanos Tsitsipas ont livré sous le cagnard un duel de plus de cinq heures, remporté 8-6 au 5e set par le Suisse. Qualité, émotion, et un zest de souffle épique, il y a tout eu dans cette rencontre où le mental de fer du "Stanimal" a encore fait la différence. Il retrouvera en quarts son compatriote Roger Federer.

C'était le huitième de finale le plus attendu de ce milieu de quinzaine. La nouvelle star et le revenant. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Stefanos Tsitsipas et Stan Wawrinka n'ont pas déçu. Ils ont même surpassé ces grandes espérances pour offrir sur le Suzanne-Lenglen un véritable monument. Cinq heures et neuf minutes de combat et, dans un mouchoir de poche, la victoire du Suisse au bout de cinq sets aussi épiques que magnifiques (7-6, 5-7, 6-4, 3-6, 8-6). Après deux années entre infirmerie et reconstruction, le grand Stan est définitivement de retour.

Vidéo - Wawrinka - Tsisipas : Les meilleurs moments d'un chef-d'oeuvre

03:00

Son début de tournoi avait mis la puce, et même plusieurs, à l'oreille. La manière dont il avait étrillé Christian Garin. Puis l'autorité avec laquelle il avait ramené, en deux jours, à la raison un Grigor Dimitrov saignant comme rarement ces derniers mois. C'était, à l'évidence, du bon Wawrinka. Mais on attendait de le voir se frotter à un client plus exigeant encore. Stefanos Tsitsipas était parfait pour cela. Le Grec avait parfois balbutié lors de ses premiers tours, avait même semblé émoussé. Mais dimanche, c'était du grand Tsitsipas. Et du grand Wawrinka.

Stefanos Tsitsipas

Stefanos TsitsipasGetty Images

Le miroir de Melbourne

A Melbourne, au mois de janvier, le protégé de Patrick Mouratoglou avait gagné contre Roger Federer un huitième de finale qu'il aurait sans doute dû perdre. Mais le Suisse n'avait pas été capable de capitaliser sur ses nombreuses opportunités. Cinq mois plus tard, Tsitsipas a laissé filer un autre huitième, contre un autre Suisse et, cette fois, il aurait probablement dû le gagner. Non que Wawrinka ait volé quoi que ce soit. Mais si les deux hommes ont tour à tour été dans les cordes, le Grec a semblé porter davantage de coups. Mais à l'instar de Federer sur la Rod Laver Arena, il a beaucoup trop gâché. Le Lenglen fut le miroir de Melbourne.

Il aurait d'abord pu enlever le premier set. A 6-5 dans le jeu décisif, son attaque de coup droit est restée trop courte et Wawrinka l'a transpercé d'un passing de revers. Deux poings plus tard, une horrible double faute offrait cette première manche au Vaudois. Au fond, la destinée de ce combat tenait déjà dans son acte initial : superbe, tendu, mais où l'aîné des deux joueurs aura eu le dernier mot, avec un soupçon de sang-froid supplémentaire.

Wawrinka est un roc

Stefanos Tsitsipas s'est épuisé à courir après le score. Il s'est aussi beaucoup compliqué la vie, y compris dans ses phases de domination nettes, comme dans le deuxième set, qu'il a fini par enlever 7-5 en 77 minutes, alors qu'il aurait largement pu faire l'économie de quelques jeux et d'une demi-heure. La rencontre était alors entamée depuis plus de deux heures et le combo cinq heures - cinq sets relevait presque d'une forme d'évidence. Les deux manches suivantes ont été un peu plus linéaires, l'une pour Wawrinka, qui reprit encore la main, l'autre pour Tsitsipas.

Tout s'est donc réglé dans une cinquième manche au couteau. Là encore, le Grec y aura bénéficié de toutes les opportunités nécessaires. Huit balles de break au total. Huit. Dont trois dans un jeu étouffant à 5-5. Sur certaines, Stan Wawrinka, fidèle à lui-même, s'est montré tel le roc que l'on connait. Sur d'autres, Stefanos Tsitsipas a vraiment mangé la feuille, lâché notamment à plusieurs reprises par son coup droit. Tout le monde connait cette chanson. Et comment elle s'achève.

Une balle de match irréelle

Stan Wawrinka n'a eu qu'une ouverture dans ce set, à 7-6. Il a évidemment sauté dessus. A sa deuxième balle de match, un dernier point dantesque, et un irréel passing slicé de revers glissé au millimètre. Si près de la ligne que son adversaire, sûr de lui, a indiqué une trace. Pas de doute, elle était dehors. Sauf que non. L'arbitre français, Renaud Lichtenstein, est descendu de sa chaise. Verdict : la balle avait bien accroché la ligne, ce que le hawk-eye confirmera.

Vidéo - Un irréel passing slicé de revers au millimètre : la balle de match épique de Wawrinka

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C'est à la fois cruel et mérité pour le jeune Grec. Quand on n'achève pas la bête, le Stanimal frappe en retour. Mais quel match ! Le plus beau de cette quinzaine, et, à coup sûr, un des monuments de la saison. Il va maintenant falloir se relever. Pour le vaincu, qui en verra d'autres, mais gardera quand même cette défaite-là dans un coin du gosier pendant un moment. Pour le vainqueur, aussi, qui va devoir se coltiner ce bon vieux Roger Federer. Après avoir passé huit heures et demie sur les courts entre vendredi et dimanche...

Stan Wawrinka à Roland-Garros.

Stan Wawrinka à Roland-Garros.Getty Images

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