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Crépuscule des dieux, Federer sur un fil, Rafa 1er : Notre Top 50 des matches marquants de Roland

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Top 50 Roland-Garros

Crédit: Eurosport

ParEurosport
02/06/2020 à 21:35 | Mis à jour 03/06/2020 à 13:02

ROLAND-GARROS - Suite de notre classement des 50 matches les plus marquants de l'ère Open à Roland-Garros, que ce soit pour leur esthétisme, leur suspense, leur force émotionnelle ou encore leur portée historique. 3e partie ce mercredi, avec les matches classés de la 30e à la 21e place. Il y est notamment question de Rafael Nadal et Roger Federer...

Dossier réalisé par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

  • 1re partie : De la 50e à la 41e place
  • 2e partie : De la 40e à la 31e place
Roland-Garros

Tout jouer sauf le double mixte et le tournoi des légendes : Forget dévoile son plan

04/07/2020 À 09:49

30. Björn Borg - François Jauffret

Edition : 1976
Huitième de finale
Vainqueur : Björn Borg (Suède)
Adversaire : François Jauffret (France)
Score : 6-4, 6-2, 3-6, 4-6, 10-8

Bien avant Nadal, Roland-Garros est entré dans l’ère Björn Borg. A 20 ans, le Suédois est déjà double tenant du titre. Il lamine la concurrence. Face à lui, François Jauffret, 34 ans, parait promis à la même punition que les autres, d’autant qu’il reste sur deux matches en cinq sets... Quand Borg mène 6-4, 6-2, ce huitième de finale n’a vraiment rien pour passer à la postérité. Et pourtant... Deux fois demi-finaliste, une fois quart-de-finaliste, Jauffret est un vieux routier de Roland-Garros. Un dur à cuire.

Paradoxalement, sous le cagnard de cette édition 1976, c’est le jeune Borg qui souffre de plus en plus au fil des jeux. Le vieux Gaulois recolle à deux sets partout. Borg semble faire la différence en début de dernière manche. Il mène 3-0. Mais quand Jauffret, tel Rocky Balboa contre Apollo Creed, se relève encore pour revenir à 3-3, le Central devient hystérique. 20 minutes plus tard, il breake. A 6-5, Jauffret sert donc pour le match. Il ne le gagnera pas. Borg, dans un dernier souffle, s’arrache pour s’imposer 10-8. Quelques années plus tard, il parlera de ce match comme un des "plus durs" de sa carrière.

Le Suédois le paiera d'ailleurs chèrement. Pour lui, c'est une victoire à... qui gagne-perd. Au tour suivant, il s'incline contre Adriano Panatta en quarts. Sans doute usé par sa bataille étouffante face à François Jauffret. Paradoxalement, Panatta était peut-être ravi de voir le vétéran français ne pas aller au bout de son improbable exploit : l'Italien aimait le jeu de Borg et détestait celui de Jauffret, qu'il n'a jamais battu en sept confrontations entre les deux hommes...

29. Henri Leconte - Boris Becker

Edition : 1988
Huitième de finale
Vainqueur : Henri Leconte (France)
Adversaire : Boris Becker (Allemagne)
Score : 6-7, 6-3, 6-1, 5-7, 6-4

Un pur régal. Deux grands attaquants pour verdir un peu la brique pilée. Henri Leconte et Boris Becker avaient déjà ferraillé deux fois à Wimbledon, dans un quart puis une demie, mais ce huitième parisien demeure leur plus beau joyau commun. La veille, l'idole Noah a chuté au même stade de la compétition face à Emilio Sanchez, laissant Leconte dans la peau du sauveur de la patrie tricolore. Balayé en finale par ses propres errements et un Wilander implacable, il ne la sauvera pas jusqu'au bout, mais cette quinzaine reste un des sommets de sa carrière. Et ce huitième de finale contre Becker un de ses plus beaux matches.

C'est une fin d'après-midi sombre et fraiche (Becker joue même avec un pull-débardeur !) mais le spectacle, lui, est servi show. Un feu d'artifice sur cinq sets. Becker enlève le premier au jeu décisif, puis Leconte mène deux sets à un avant de coincer en fin de quatrième manche. "C'était comme un combat de boxe. On se regardait à chaque changement de côté. Si on avait pu s'en mettre une…", rigole Leconte.

En tout amitié, car ces deux-là s'apprécient mais sur le court, ils se rendent coup pour coup. Ça a été un match de mutants, de dingos, ajoute Henri. Après ce match, j'avais dit qu'on avait fait des trous dans la terre, tous les deux. Ça frappait dans tous les sens. Chacun à notre manière, on avait un tennis d'attaque." Un break suffit à Leconte dans le 5e set. Lui que l'on a souvent dit fragile dans sa tête y était presque injouable : Riton a disputé sept matches en cinq sets à Roland-Garros. Il les a tous gagnés.

Boris Becker, lui, a-t-il déjà mieux joué sur terre que ce jour-là ? Pas sûr. "Je ne pouvais pas faire beaucoup plus aujourd'hui, glissera d'ailleurs Boum Boum, bon prince. J'ai juste eu la malchance de tomber sur Leconte dès les huitièmes de finale et il joue le tennis de sa vie. Je ne pouvais pas faire mieux, mais ça n'a pas suffi." Comme il nous l'avait confié il y a deux ans, pour le 30e anniversaire de son épique campagne, de cette édition 1998, c'est d'abord ce match contre Becker que Leconte garde en mémoire : "Battre Boris en cinq sets à Roland, quel kif ! On a souvent reparlé de ce match, parce que je crois qu'il l'a marqué".

28. Martin Verkerk - Carlos Moya

Edition : 2003
Quart de finale
Vainqueur : Martin Verkerk (Pays-Bas)
Adversaire : Carlos Moya (Espagne)
Score : 6-3, 6-4, 5-7, 4-6, 8-6

Martin Verkerk, vous vous rappelez ? Avec ses longs segments, ses yeux écarquillés, sa bouche en cul de poule, son service assommoir et son look de cador du camping des Flots-Bleus, le finaliste de cette édition 2003 restera l'une des odyssées les plus incroyables jamais vue à Roland Garros, largement comparable à celle de Gustavo Kuerten en 1997. A la différence que le Brésilien avait gagné le titre et confirmé ensuite, là où le Néerlandais a rapidement replongé dans l'anonymat (relatif) qui était le sien avant cette folle cavalcade.

Doté d'un son physique de colosse et d'un tennis " champagne " basé sur la recherche du K.O permanent, Verkerk, 24 ans, est à l'opposée de l'idée que l'on se fait du terrien, même s'il faut rappeler que cette année-là, il est quart de finaliste à Rome puis demi-finaliste à Sankt Pölten avant de jouer son premier Roland Garros. Son histoire, malgré tout, c'est un peu celle du sprinter qui viendrait s'imposer en solitaire haut du Galibier.

L'intéressé lui-même qualifie de " vaste blague " son parcours parisien. Parcours qui aurait du s'arrêter dès le 2e tour face au Péruvien Luis Horna, contre lequel il était mené 2 sets à 1, 5-2, 0-40. Mais Martin avait tout remonté. Et, dès lors, avait pris feu...

Le grand " n'importe quoi " connaît son apothéose lors d'un quart de finale dantesque face à Carlos Moya, l'ancien vainqueur du tournoi. Verkerk se détache 2 sets à rien, puis se fait remonter à 2 sets partout. Mais cette année-là, sa folie n'a pas de limite. Le Hollandais finit par l'emporter au bout du 5e set après quasiment 4h de jeu. Deux géants sont à terre, l'un au propre, l'autre au figuré.

27. Roger Federer - Tommy Haas

Edition : 2009
Huitième de finale
Vainqueur : Roger Federer (Suisse)
Adversaire : Tommy Haas (Allemagne)
Score : 6-7(4), 5-7, 6-4, 6-0, 6-2

Incontestablement le match-clé de l’unique triomphe du "Maestro" à Roland-Garros. Car, si après trois finales perdues consécutivement (2006, 2007 et 2008) face à sa bête noire Rafael Nadal, Roger Federer a finalement vaincu le signe indien, le Suisse s’est fait quelques frayeurs en chemin. Face à son ami Tommy Haas, il a même frôlé la catastrophe et s’en est sorti in extremis, se donnant ainsi le droit de poursuivre et d’achever sa quête du Grand Chelem en carrière, à l’image d’Andre Agassi dix ans avant lui.

Il est impossible de saisir la portée de cette partie si on fait fi de son contexte. Humilié dans les grandes largeurs quasiment douze mois auparavant en finale, Federer doute alors sérieusement de sa capacité à résoudre le problème Rafa, ultra-favori à un cinquième titre consécutif sur la terre battue parisienne. Mais le 31 mai, l’impensable se produit : le Taureau de Manacor tombe pour la première fois sur le court Philippe-Chatrier sous les coups du Viking Robin Söderling dès les huitièmes de finale. Au moins aussi surpris par ce coup de tonnerre que tous les observateurs, le Suisse le sait : c’est l'occasion ou jamais d’aller au bout. Et toute la pression retombe sur ses épaules le lendemain.

Déjà fébrile au 2e tour contre l’Argentin Jose Acasuso – à un set partout, il avait été mené 5-1 dans le troisième avant de se rebeller –, le numéro 2 mondial se complique la tâche. D’abord impeccable sur son service (il ne perd pas un point sur ses six premiers engagements), il ne parvient pas à saisir ses occasions à la relance, est poussé au tie-break et perd le premier set. Pire, malgré un break d’avance en début de deuxième acte, il se fait remonter et finit par céder à nouveau dans des conditions rendues difficiles par le vent. De préoccupante, la situation devient critique lorsque Federer se retrouve mené deux manches à rien, 4-3 et confronté à une balle de break.

Grippé jusqu’alors en coup droit, il tente le tout pour le tout sur un décalage décroisé… qui prend la ligne. Le Bâlois sert alors le poing de soulagement et habité d’une nouvelle conviction : il a évité le pire et a repris son destin en main. "Honnêtement, quand j'ai gagné ce point, je me suis dit : ‘Voilà, c'est fait, je vais retourner le match.’ Avant, je ne pensais pas trop réussir à le faire car je jouais vraiment très mal du fond de court", confiera-t-il d’ailleurs après sa victoire. Après ce tournant, il marque ainsi neuf jeux consécutifs pour égaliser à deux manches partout. Avant de s’envoler dans l’ultime manche et de célébrer cette belle remontée d’une manière inhabituellement démonstrative pour un "simple" huitième de finale. La suite appartient à l’Histoire du jeu.

Quand Federer revenait de l'enfer : revivez son comeback fabuleux contre Haas sur Eurosport

00:03:07

26. Ivan Lendl - John McEnroe

Edition : 1988
Huitième de finale
Vainqueur : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)
Adversaire : John McEnroe (Etats-Unis)
Score : 6-7, 7-6, 6-4, 6-4

L'eau a coulé sous la Seine depuis la mythique finale 1984 entre les deux hommes. Quatre ans plus tard, Ivan Lendl est double tenant du titre et incontestable numéro 1 mondial. John McEnroe lorgne vainement sa splendeur passée. Ce combat-là parait déséquilibré. Il sera pourtant beaucoup plus accroché que prévu. Souvent superbe. Et toujours empreint d’une forte tension, surtout dans sa première partie puisque le match sera joué en deux jours, à cheval entre le mardi soir et le mercredi matin.

La foule se range à fond derrière McEnroe, contrairement à la finale de 84. Sous le crachin, les deux premiers sets se jouent au jeu décisif. Ils comptent parmi les plus formidables de ces trente dernières années. McEnroe empoche le premier, et Lendl le second, après un incident d’arbitrage sur la balle de set qui met Big Mac dans tous ses états. Coupé dans son élan, l’Américain perd alors progressivement le contrôle du jeu. Arrêté à 4-2 Lendl dans le troisième set, ce huitième s’achève le lendemain midi, sous le soleil, dans une atmosphère plus sobre que la veille. Dommage...

De ce huitième de finale, on dira qu'il fut un match sensoriel. Une tension presque physique entre les deux champions. C'est aussi, et surtout, le choc de la fin d'une époque, du romantisme et d’une certaine idée du tennis. Pour le comprendre, il faut voir et revoir le formidable documentaire "Le crépuscule des dieux", de Benjamin Rassat, consacré à ce match pas comme les autres et qui marque une césure dans l'histoire du tournoi.

25. Stan Wawrinka - Richard Gasquet

Edition : 2013
Huitième de finale
Vainqueur : Stan Wawrinka (Suisse)
Adversaire : Richard Gasquet (France)
Score : 6-7(5), 4-6, 6-4, 7-5, 8-6

Des défaites magnifiques, Richard Gasquet en a connu quelques-unes dans sa carrière et particulièrement à Roland Garros. Mais celle-ci surpasse peut-être toutes les autres par son scénario rocambolesque et sa qualité globale qui vont faire de ce duel d'anciens vainqueurs juniors l'un des plus beaux matches joués Porte d'Auteuil ces dernières années.

S'il n'est pas encore tout à fait " the Man ", Stan a toutefois changé de dimension en cette année 2013 et propose d'entrée un gros défi au Français. Pris à la gorge, ce dernier résiste parfaitement pour se détacher 7-6, 3-0, double break. Wawrinka prend alors un temps mort médical pour se faire soigner la cuisse. Et l'on se dit que ça va être très dur pour lui, désormais mené 2 sets à rien.

Mais le Suisse, physiquement " retapé ", repart au contraire courageusement au combat et relance les débat en s'adjugeant le 3e set. C'est à partir du 4e set que le match devient hallucinant. Les deux hommes prennent feu, par moments, et enchaînent les coups splendides. Le public du court Suzanne-Lenglen est en transe.

Rejoint à 2 sets partout après avoir obtenu de nombreuses occasions, Gasquet est loin d'abdiquer, au contraire. Il est héroïque lors d'un 5e set qu'il domine globalement, et dans lequel il obtient deux cruciales balles de break à 5-5, dans une ambiance indescriptible. Mais il fait de mauvais choix, notamment sur un passing de revers à sa portée, et Wawrinka s'en tire avant de conclure, gagnant le droit de disputer son premier quart de finale à Paris. Dramatique et superbe !

24. Rafael Nadal – Roger Federer

Edition : 2005
Demi-finale
Vainqueur : Rafael Nadal (Espagne)
Adversaire : Roger Federer (Suisse)
Score : 6-3, 4-6, 6-4, 6-3

Un match qui n'aura pas marqué les esprits par sa qualité, mais néanmoins empreinte d'un contexte particulier : c'est le premier " Fedal " de l'histoire sur terre battue, a fortiori à Roland Garros.

Le jeune Espagnol, toutefois, a déjà marqué des points " psychologiques " face à son futur grand rival en le dominant un an plus tôt lors de leur toute première rencontre, à Miami, puis en frôlant la victoire à nouveau à Miami, en finale cette fois, quelques mois plus tôt. Entre-temps, il s'est imposé comme l'homme fort de la terre battue en décrochant six titres sur cette surface, dont Monte Carlo et Rome avant Roland. Bref, il est loin de partir en simple " outsider " face l'incontestable n°1 mondial du moment.

Le jour de ses 19 ans, Nadal va d'ailleurs très vite faire comprendre à Federer qu'il ne faudra pas compter aller le chercher sur ses terres. Il use sans abuser de cette simplissime mais tellement efficace tactique consistant à pilonner le revers adverse avec son lift monstrueux. Cela dit, c'est surtout en coup droit et au service que le Suisse rate davantage qu'à l'accoutumée.

Malgré tout, le Maestro n'est pas si loin d'embarquer Rafa dans un dangereux 5e set puisqu'il se détache 3-1 dans le 4e. Mais il plonge lors d'une fin de match jouée dans une obscurité tombante, alors que la pluie avait retardé le coup d'envoi de ces demi-finales. Après 2h47, profitant d'une nouvelle accélération de coup droit manquée, Nadal se qualifie pour sa première finale de Roland-Garros. Pas la dernière... Entre les deux champions, ce duel-ci a conditionné beaucoup de choses...

23. Michael Chang - Stefan Edberg

Edition : 1989
Finale
Vainqueur : Michael Chang (Etats-Unis)
Adversaire : Stefan Edberg (Suède)
Score : 6-1, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2

C'est " l'autre " chef d'œuvre de la victoire historique de Michael Chang à Roland-Garros. Sans avoir la dramaturgie de son huitième contre Ivan Lendl – on devrait y revenir... -, sa finale contre Stefan Edberg reste un monument. Une opposition de style totale, déjà, entre le grand blond attaquant suédois et le petit musculeux défenseur américain, qui vont se livrer ce jour-là à un inventaire très exhaustif des merveilles qu'ils sont capables de produire sur un terrain.

Comment Edberg a-t-il pu la perdre, cette finale marathon de 3h41, après avoir mené 2 sets à 1, break au début du 4e set, puis break encore au début du 5e set ? Très clairement, la réponse tient en une statistique : 5/26, comme son taux de réussite sur balles de break. Dont 10 vendangées dans le 4e set, notamment 5 dont 3 consécutives à 3-3, dans ce fameux 7e jeu pour le coup crucial.

Le n°3 mondial peut s'en vouloir de s'être montré un peu timide sur la plupart de ces opportunités. Mais le mérite en revient malgré tout à ce diable de Chang, qui l'avait déjà surpris trois mois plus tôt à Indian Wells par sa capacité à le retourner vite et bien pour l'empêcher d'arriver trop tôt au filet.

De pauses pipi en plein milieu de set en passings plein de malice, le brillant Michael finit par renverser la tendance. " Je pensais sincèrement que le match était plié. Et puis, Stefan m'a donné une petite ouverture. Et je me suis remis à y croire. " Sous les yeux de Tony Trabert, dernier vainqueur américain à Roland Garros en 1955, Michael Chang devenait ainsi, à 17 ans et 3 mois, le plus jeune vainqueur de l'histoire en Grand Chelem...

22. Rafael Nadal - Mariano Puerta

Edition : 2005
Finale
Vainqueur : Rafael Nadal (Espagne)
Adversaire : Mariano Puerta (Argentine)
Score : 6-7, 6-3, 6-1, 7-5

L'entrée dans une nouvelle ère. Personne n'imagine que, 14 ans plus tard, Rafael Nadal règnera encore en maître sur Roland-Garros et qu'il affolera les compteurs dans des proportions délirantes jusqu'à remporter (à ce jour), 12 fois le Grand Chelem parisien. En finale, porte d'Auteuil, l'Espagnol a battu Federer à quatre reprises, Djokovic et Thiem deux fois chacun, Wawrinka, Söderling et Ferrer. Mariano Puerta, son premier rival du dernier dimanche, est sans doute aussi le moins prestigieux.

C'est pourtant aussi un de ceux à avoir le plus bousculé le Majorquin. Et cette finale 2005, tennistiquement parlant, est peut-être la plus intense et la plus passionnante de la glorieuse douzaine de Nadal. Le set initial, notamment, est une pure merveille de tennis sur terre battue, entre deux gauchers dont la force brute résonne aux quatre coins du Chatrier. Honnêtement, il faut s'accrocher pour trouver un plus beau set dans une finale de Roland-Garros au XXIe siècle. Puerta l'arrache au jeu décisif après 1h12 d'une suffocante baston.

Mais tout ce qui va séparer Nadal de ses confrères tient déjà dans cette finale. Quand Puerta, lessivé par cette entame, va mettre deux sets à s'en relever, le jeune Rafa, lui, continue comme si de rien n'était. Il domine les deux manches suivantes avant que l'Argentin ne ressorte des cordes. Dans la 4e manche, il breake à 4-4 avant d'obtenir deux balles de deux sets partout dans le jeu suivant. Que serait-il advenu dans un 5e set ? On ne le saura jamais. Nadal va s'en sortir et aura le dernier mot. Comme toujours.

Si, rétrospectivement, le contrôle positif de Puerta a terni le parcours de l'Argentin, il n'efface pas la qualité de ce duel. Toni Nadal, il y a deux ans, avouait que ce combat contre Puerta constituait à ses yeux "la plus belle et la plus dure" finale de son neveu. Il a raison, sur les deux points. Une journée historique à double titre puisqu'elle a marqué le couronnement du nouveau roi de la terre et le seul tournoi du Grand Chelem remporté par un joueur de moins de 20 ans depuis l'US Open 1990.

21. Björn Borg – Manuel Orantes

Edition : 1974
Finale
Vainqueur : Björn Borg (Suède)
Adversaire : Manuel Orantes (Espagne)
Score : 2-6, 6-7, 6-0, 6-1, 6-1

De Björn Borg, on garde, à juste titre, le souvenir d'un joueur si dominateur qu'il éparpillait ses adversaires avec une violence (au tableau d'affichage, s'entend) rarement vue. Elle culminera lors de l'édition 1978, au cours de laquelle l'idole nordique ne laissera échapper que 32 jeux sur la quinzaine, record inégalé, que ce soit à Roland-Garros ou ailleurs. Mais lors de sa première conquête, en 1974, il a davantage emprunté les chemins de traverse plus que l'autoroute. En huitième puis en quart, il a eu besoin de cinq sets contre Erik Van Dillen et Raul Ramirez, avant d'être bousculé en demi-finale par Harold Solomon, qui lui prend une manche.

La finale ne sera pas différente. Pire, pour sa grande première, Borg se retrouve mené deux manches à rien par Manuel Orantes. L'Espagnol, avec son superbe revers, mène rapidement 6-2, 4-1. La réplique du jeune Borg (il venait d'avoir 18 ans...), est cinglante : il claque quatre jeux en... sept minutes puis obtient trois balles de set à 5-4. Ce drôle de 2e set est loin d'en avoir fini avec les rebondissements. Orantes s'arrache pour pousser Borg au tie-break, qu'il remporte 7 points à 4. Voilà le Suédois dans de beaux draps.

Si Borg est dos au mur, Orantes, lui, est épuisé. Le match bascule sur le tout premier jeu du 3e acte. L'Espagnol est au service. Il s'accroche, sauve des balles de break mais fini par craquer. C'est le point de bascule. A partir de là, le match devient à sens unique. Manuel Orantes ne marquera que deux jeux sur les trois derniers sets. Il venait de se fracasser sur l'extraordinaire solidité physique et psychologique de cet extra-terrestre venu du Nord. Il ne serait pas le dernier.

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