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Miracle italien, regrets éternels et "Nole Slam" : Notre Top 50 des matches marquants de Roland

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L Top 50 des matches marquants de Roland-Garros.

Crédit: Eurosport

ParEurosport
01/06/2020 à 21:48 | Mis à jour 05/06/2020 à 14:54

ROLAND-GARROS - Suite de notre classement des 50 matches les plus marquants de l'ère Open à Roland-Garros, que ce soit pour leur esthétisme, leur suspense, leur force émotionnelle ou encore leur portée historique. 2e volet mardi, avec les matches classés de la 40e à la 31e place.

Dossier réalisé par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

  • 1re partie : De la 50e à la 41e place
Roland-Garros

Tout jouer sauf le double mixte et le tournoi des légendes : Forget dévoile son plan

04/07/2020 À 09:49

40. Mats Wilander - Ivan Lendl

Edition : 1982
Huitième de finale
Vainqueur : Mats Wilander (Suède)
Adversaire : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)
Score : 4-6, 7-5, 3-6, 6-4, 6-2

Le "charme" du tennis sur terre battue du début des années 80, abordé comme un gigantesque et, parfois, interminable jeu d'échec. Certains échanges donnent le sentiment d'être joués à la vitesse des cinq minutes d'échauffement de nos jours. Le "sommet" de ce tennis-là sera atteint lors de la finale de cette édition 1982 entre Mats Wilander et Guillermo Vilas. Toujours, à ce jour, la plus longue finale de l'histoire de Roland-Garros. Mais, même notre consultant suédois en convient lui-même, elle est presque irregardable aujourd'hui.

Le huitième de finale disputé une semaine plus tôt par Wilander contre Ivan Lendl ne sombre pas autant dans cette caricature, mais il en a parfois les mêmes accents ronronnants. Cela n'en reste pas moins un match-charnière, marquant le point de départ d'une nouvelle ère. C'est le premier Roland-Garros post Björn Borg, sacré pour la dernière fois en 1981. On ne le sait pas encore, mais Lendl et Wilander seront les deux personnages principaux du roman de Roland dans la décennie 80, trustant six titres en sept ans entre 1982 et 1988.

Lendl est alors archi, archi favori de Roland-Garros. Finaliste un an plus tôt contre Borg, il apparait comme l'héritier. Surtout, il traverse une période incroyablement faste puisqu'il a remporté 92 de ses 95 derniers matches depuis dix mois. Mais à Paris, il tombe sur moins puissant mais plus malin que lui. A 17 ans, Mats Wilander, vainqueur du tournoi Juniors un an plus tôt, épate par sa maturité tactique. Il fait tourner Lendl en bourrique. "Il m'a complètement fait perdre mon rythme, je ne sentais pas la balle", comme l'avouera le Tchécoslovaque. Si Lendl mène un set à rien puis deux manches à une, jamais il ne donne l'impression de maîtriser son sujet et, après plus de quatre heures d'une vraie bataille psychologique, c'est lui qui rend les armes, victime aussi de son complexe de supériorité.

De ce titre en 1982, il reste de Mats Wilander sa finale contre Vilas pour les livres d'histoire, et l'image de son extraordinaire geste de fair-play en demie contre Jose Luis Clerc, lorsqu'il demande à l'arbitre de rejouer la balle de match après un coup droit de l'Argentin annoncé dehors à tort. Mais il ne faut pas s'y tromper : le match-clé, le match-charnière, la finale avant l'heure, ce fut ce succès contre Lendl.

39. Novak Djokovic - Andy Murray

Edition : 2016
Finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Andy Murray (Grande-Bretagne)
Score : 3-6, 6-1, 6-2, 6-4

Convenons-en tout de suite : cette finale n'a pas laissé un souvenir impérissable sur le plan du jeu pur, à l'image d'un tournoi en partie gâché par la pluie. Comme souvent dans leurs duels, ce match a souffert de la ressemblance des styles entre Novak Djokovic et Andy Murray. Or, il faut bien l’avouer, le contraste attire plus aisément l’œil. Mais il était impensable d'en faire l'économie car cette partie entérine l'une des plus grandes performances du tennis moderne.

Ce dimanche 5 juin 2016, Novak Djokovic a réalisé ce que ni Rafael Nadal, ni Roger Federer, ses deux compères mutants, n’ont réussi à faire : en achevant sa quête à Roland-Garros, le Serbe a complété un Grand Chelem à cheval sur deux saisons. Battu en 2012, 2014 et 2015 en finale sur la terre parisienne, il aura finalement vu sa persévérance payer. S’il était le grand favori du tournoi – surtout après le forfait de Rafael Nadal au 3e tour –, il lui aura fallu se défaire d’un Andy Murray de plus en plus à l’aise sur ocre. L’Ecossais l’avait d’ailleurs vaincu trois semaines auparavant pour la première (et unique) fois sur cette surface à Rome.

Indubitablement, la pression était donc sur le "Djoker" qui avait rendez-vous avec l’Histoire. D’ailleurs, ses échecs précédents du côté de la Porte d’Auteuil – et notamment face à Stan Wawrinka un an plus tôt – ont vraisemblablement pesé dans son entame de finale ratée. Mené un set à zéro et bien manœuvré, il s’est cependant rapidement réveillé et les courbes se sont drastiquement inversées. Dominateur à l’échange, très rapide sur le court, le numéro 1 mondial a pris son destin en main pour finalement décrocher le Graal, allongé sur le dos dans un cœur tracé sur la terre. Emprunt remarqué à Gustavo Kuerten.

"C’est peut-être le plus grand moment de ma carrière", avoue d’ailleurs Djokovic, micro en main lors de la cérémonie de remise des trophées. En s’adjugeant enfin la Coupe des Mousquetaires, il rejoignait par la même occasion Roy Emerson avec 12 Majeurs au compteur. "Ce Grand Chelem, c’est quelque chose de si difficile à accomplir… Il faudra du temps avant que ça n’arrive de nouveau", saluera de son côté Murray, bon perdant. Finalement sevré de cette obsession, Djokovic connaîtra ensuite une phase de décompression et devra attendre deux ans avant de renouer avec le succès en Grand Chelem à Wimbledon.

38. Thomas Muster - Albert Costa

Edition : 1995
Quart de de finale
Vainqueur : Thomas Muster (Autriche)
Adversaire : Albert Costa (Espagne)
Score : 6-2, 3-6, 6-7(6), 7-5, 6-2

Si 1995, l'année de son sacre à Roland Garros, Thomas Muster est l'ogre de la saison sur terre battue (victoires également à Mexico, Estoril, Barcelone, Monte Carlo et Rome !), l'Espagnol Albert Costa en est, à 19 ans, l'une des grandes révélations.

Pour son deuxième Roland Garros, celui qui gagnera lui-même le tournoi en 2002 atteint les quarts de finale en éliminant notamment Jim Courier en huitièmes, avant de passer tout près de faire tomber le grand favori de cette édition.

On ne peut pas dire, pourtant, que Muster soit pris par surprise. C'est en effet ce même Costa qu'il a battu en finale du tournoi d'Estoril, quelques semaines plus tôt. Surtout, la machine autrichienne est désormais lancée à plein régime. Après avoir abandonné son tout premier set du tournoi face au Français Gérard Solves, il n'en a plus perdu aucun autre.

Ce sera donc une autre histoire face à Costa, qui mène 2 sets à 1 et résiste jusqu'à 5-5 dans le 4e. Là, alors qu'il vient d'effacer deux balles de deux sets partout, il craque après avoir mené 40-0 sur son service. C'en est trop pour la résistance du jeune Catalan qui finit par capituler dans le 5e set, après 3h17 d'un farouche combat de terriens.

Combat après lequel Muster reprendra tranquillement le cours de son hégémonie, pour ne plus perdre de set jusqu'au triomphe final...

37. Adriano Panatta - Pavel Hutka

Edition : 1976
1er tour
Vainqueur : Adriano Panatta (Italie)
Adversaire : Pavel Hutka (Tchécoslovaquie)
Score : 2-6, 6-2, 6-2, 0-6, 12-10

Adriano Panatta, c'est donc l'homme qui a remporté Roland-Garros en sauvant une balle de match au 1er tour... sur un plongeon. Arrivé à Roland-Garros en outsider numéro un de Björn Borg après son titre "à domicile" à Rome, le charismatique italien est aussi un peu émoussé physiquement. Son premier adversaire, Pavel Hutka, n'a rien d'une terreur sur le papier. Mais Panatta, sans rythme, galère au fil d'un match décousu où chacune des quatre premières manches est nettement dominée à tour de rôle par un des deux joueurs. Panatta va même jusqu'à prendre une "bulle" dans le 4e set.

Le dernier acte, en revanche, est tendu comme un arc. Incapable d'imposer son tennis d'attaquant à ce limeur tchécoslovaque, le Romain s'embarque dans un dangereux marathon. A 9-10, 30-40, le voilà même au bord de l'abîme avec une balle de match contre lui. Comme souvent, il vient chercher son salut au filet. Après une première volée, Pavel Hutka glisse un pernicieux petit passing de revers croisé. Il est parfaitement touché. A la desperado, Panatta plonge alors sur sa gauche et c'est en pleine extension qu'il effectue sa volée de revers... gagnante. Un miracle.

Sacré Adriano... A Rome, il avait déjà réussi à sauver 11 balles de match au 1er tour avant de s'imposer pour finalement remporter le titre. A Paris, une seule a suffi pour lui garantir une place dans la légende. Quelques minutes plus tard, Panatta finit par gagner ce match, 12-10 au 5e. Sa quinzaine triomphale s'achèvera par un titre, via, notamment, une victoire sur Björn Borg, qu'il restera à jamais le seul à avoir battu à Roland-Garros. Mais ça, c'est une autre histoire.

36. Paul-Henri Mathieu - John Isner

Edition : 2012
2e tour
Vainqueur : Paul-Henri Mathieu (France)
Adversaire : John Isner (Etats-Unis)
Score : 6-7(2), 6-4, 6-4, 3-6, 18-16

C’est une belle histoire comme le sport peut parfois en écrire. Celle de la volonté et de la passion d’un homme que l’on disait perdu pour le tennis. "Je ne sais pas quoi dire, c'était un match fou, j'ai du mal à croire que je l’ai gagné." Tels furent les premiers mots de Paul-Henri Mathieu après son exploit contre John Isner lors du 2e tour de l’édition 2012 de Roland-Garros. Un exploit, oui. Déjà sur le plan statistique pur : il aura fallu 5h41 au Strabourgeois pour l’emporter et battre le record du nombre de jeux dans un match du tournoi depuis l’introduction du tie-break.

Mais ces chiffres paraissent bien futiles au regard de ce qu’il avait traversé auparavant. Eloigné pendant plus d’un an des courts (de novembre 2010 à janvier 2012) à cause d’une blessure grave au genou gauche, il avait placé ses espoirs dans une ostéotomie subie le 11 mars 2011. Le principe de cette chirurgie lourde ? Couper l’os pour redresser la jambe. "Je me suis fait opérer du genou, j’ai dû récupérer mes muscles, réapprendre à courir. C’était très difficile mentalement. Passer au-delà de ses doutes, être patient, attendre le bon moment pour rejouer", confiait Mathieu dans le documentaire Intérieur Sport qui lui était alors consacré.

En 2012, il se relance donc sans classement mais avec un supplément d’âme. Remonté à la 261e place avant Roland, il est invité par l’organisation et réalise une première grosse performance en renversant l’Allemand Bjorn Phau, 85e à l’ATP, au 1er tour (2-6, 4-6, 6-4, 6-3, 6-0), et ce avec le petit orteil fracturé. Face à John Isner, 11e mondial qui avait poussé Rafael Nadal au cinquième set l’année précédente, le défi est tout autre. Mais la magie opère encore : Mathieu galope aux quatre coins du court comme un jeune premier investi d’une mission.

Dans l’ultime set, on touche au sublime. Et physiquement, c’est bien le Français qui prend le dessus face au géant américain de plus en plus en difficulté pour pousser sur les jambes au service. A la 7e balle de match, "Paulo" voit le coup droit croisé de son adversaire sortir dans le couloir, lève les bras au ciel et se prend la tête à deux mains, incrédule. "J'ai réussi à venger Nico Mahut et j'en suis fier", fera-t-il remarquer ensuite en référence à un autre match légendaire joué à Wimbledon, deux ans plus tôt. L’émotion est intense, l’ambiance indescriptible sur le Philippe-Chatrier à la tombée du jour, pour ce qui restera comme l’apogée de la "deuxième vie" tennistique d'un miraculé, comme il aime à l’appeler. Un grand moment et un exemple d’abnégation.

35. Ken Rosewall - Rod Laver

Edition : 1968
Finale
Vainqueur : Ken Rosewall (Australie)
Adversaire : Rod Laver (Australie)
Score : 6-3, 6-1, 2-6, 6-2

Si elle est née sous les pavés de mai 68, la première édition "Open" de Roland-Garros est aussi sortie de terre sous une bonne étoile. Sa toute première finale a mis aux prises Ken Rosewall et Rod Laver et il n'était pas possible d'imaginer plus belle affiche. Laver et Rosewall, les deux plus grands champions australiens de tous les temps, sont aussi et surtout les deux meilleurs joueurs du monde à l'époque. Ils se sont partagé les honneurs chez les professionnels et, sans surprise, lorsque le circuit regroupe enfin pros et amateurs pour lancer cette nouvelle ère "ouverte", ils sont encore au-dessus du panier.

Le tout premier tournoi de l'ère Open s'est joué à Bournemouth, en avril 1968, sur terre battue. Rosewall y a battu Laver en finale. Un mois et demi plus tard, sans surprise, les deux "Aussies" se retrouvent en finale porte d'Auteuil. Rosewall, l'aîné, s'impose à nouveau, en quatre sets dont l'aridité du score de chacune des manches ne rend pas justice à la qualité des débats. Car cette finale 1968, malgré un manque de dramaturgie, est alors considérée comme un des plus grands matches jamais joués sur ocre.

Rosewall remporte-là son 2e titre à Roland-Garros... 15 ans après le premier. Puis il passa chez les pros. Et on ne peut s'empêcher de se demander, si l'ère Open avait débuté deux décennies plus tôt, combien de couronnes parisiennes aurait coiffé le natif de Sydney. Car sur terre battue, il était le plus fort. Plus fort que Laver, même. Un an plus tard, "Rocket" prendra sa revanche en finale face au même Rosewall, sur qui le poids des ans commençait doucement à se faire sentir.

Ken Rosewall sur le Central de Roland-Garros après sa victoire en finale contre Rod Laver, en 1968.

Crédit: Getty Images

34. Gustavo Kuerten - Thomas Muster

Edition : 1997
3e tour
Vainqueur : Gustavo Kuerten (Brésil)
Adversaire : Thomas Muster (Autriche)
Score : 6-7(3), 6-1, 6-3, 3-6, 6-4

La " Gugamania " parisienne est née officiellement ce vendredi 30 mai 1997, sur le court n°1 de Roland-Garros. C'est le jour où Gustavo Kuerten, un grand escogriffe brésilien de 20 ans que personne ne connaît, classé 66e mondial et arrivé cette année-là à Paris sans y avoir jamais gagné le moindre match, attire pour la première fois l'attention sur lui, sur sa mythique tenue aux couleurs de son pays et sur son jeu tout en étincelles.

Face à lui, le vainqueur de l'édition 1995 a certes connu une saison sur terre battue inhabituellement difficile. Mais il est toujours n°5 mondial et demeure un solide prétendant à la victoire finale. Il est surtout toujours aussi pugnace, puisqu'il remporte le 1er set après que Kuerten ait servi pour celui-ci à 6-5, et trouve encore les ressources de revenir au score après avoir été mené 2 sets à 1.

Aussi, quand Muster se détache 3-0 au 5e set, à peu près tout le monde pense – logiquement – que la messe est dite. Tout le monde, sauf Kuerten qui continue de se battre comme un lion et à délivrer sans ciller ces grands coups d'assommoir que l'on découvre alors. Et quand Kuerten débreake pour revenir dans la course, il est ovationné par le public parisien, touché par l'énergie communicative déployée par ce drôle de Brésilien aux cheveux longs, sorte d'OVNI débarqué de nulle part sur la planète terre.

Il faut du cœur et une foi inébranlable, vraiment, pour harasser Muster au bout d'un 5e set à Roland Garros. Seul Pete Sampras y était parvenu jusqu'à présent à Roland Garros. Gustavo Kuerten deviendra donc le deuxième à réussir cet exploit. Et, contrairement à l'Américain, il le confirmera tour après tour pour devenir le vainqueur le plus improbable, peut-être, de l'histoire du tournoi. Et devenir, à jamais, " Guga " dans le cœur des Français...

33. Novak Djokovic - Jo-Wilfried Tsonga

Edition : 2012
Huitième de finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Jo-Wilfried Tsonga (France)
Score : 6-1, 5-7, 5-7, 7-6(6), 6-1

Pas "vache ", Jo-Wilfried Tsonga a récemment répondu à l'invitation de Gaël Monfils pour venir commenter avec lui, sur sa chaîne Twitch, ce fameux quart de finale perdu contre Novak Djokovic en 2012. Même si le temps a fait son œuvre depuis, Jo, devenu sur ce Roland Garros le premier joueur français de l'ère Open à atteindre les quarts de finale ou mieux de tous les Grands Chelems, n'a pu s'empêcher de grimacer en revisionnant ses quatre balles de match obtenues en vain dans le 4e set, dont deux d'affilée à 5-4, puis deux autres à 6-5 (sur service adverse).

Le Serbe, qui avait déroulé en début de match, a alors une fois de plus fait montre de son hallucinante capacité à ne plus rien rater dos au mur. Même les coups les plus extraordinaires, comme les deux qu'il sortit pour effacer les deux premières balles de match, d'une volée de coup droit autoritaire puis d'une accélération de coup droit sans la moindre retenue.

Tsonga gardera plus de regrets de sa 3e balle de match, une accélération de coup droit dans la bande, tandis que le Serbe sauvait encore brillamment la dernière, d'un smash. Avant de revenir sur le fil au jeu décisif.

Dans le 5e set, le Français s'écroulait physiquement. Il venait de frôler ce qui aurait probablement été l'un des plus grands exploits français à Roland Garros, face à un n°1 mondial qui venait de remporter quatre des cinq derniers Grands Chelems. Il en restera des regrets éternels peut-être, mais aussi un souvenir pour la vie.

32. Stan Wawrinka - Andy Murray

Edition : 2017
Demi-finale
Vainqueur : Stan Wawrinka (Suisse)
Adversaire : Andy Murray (Grande-Bretagne)
Score : 6-7(6), 6-3, 5-7, 7-6(3), 6-1

L'un des matches les plus brutaux physiquement jamais joués à Roland Garros. Les deux hommes n'en sortiront d'ailleurs pas indemnes et seront tous deux contraints de stopper leur saison quelques semaines plus tard puis de se faire opérer, Murray de la hanche et Wawrinka du genou. A ce jour, ni l'un ni l'autre n'ont rejoué une demi-finale de Grand Chelem...

Mais quel match nous offrent-ils ce jour là à Roland ! Une démonstration de détermination et de volonté. Au panache et à la puissance de Wawrinka, qui frappe ce jour-là 87 coups gagnants (contre seulement 36 à son adversaire), le Britannique oppose sa fameuse résilience et son invraisemblable jeu défensif. C'est ainsi qu'il remporte la 1ere manche après avoir sauvé une balle de set dans le tie break, puis se détache 2 set à 1 après avoir été mené 3-0 dans le 3e.

Le 4e est l'apogée de cette fabuleuse partie. Il ne comporte aucun break mais une collection de points magnifiques. Et il faut toute l'obstination de Wawrinka pour revenir à deux sets à rien au bout d'un nouveau jeu décisif, qu'il conclut alors qu'on flirte déjà avec les quatre heures de jeu.

S'il ne le sait pas encore, " Stan the Man " a fait le plus dur. Murray donne des signes de fatigue et s'écroule physiquement dans le 5e set. C'était clairement, pour lui, le match de trop. Pour Wawrinka aussi, qui n'aura pas la fraîcheur nécessaire pour résister à Rafael Nadal deux jours plus tard en finale.

31. Stefan Edberg - Boris Becker

Edition : 1989
Demi-finale
Vainqueur : Stefan Edberg (Suède)
Adversaire : Boris Becker (RFA)
Score : 6-3, 6-4, 5-7, 3-6, 6-2

Un splendide duel d'attaquants entre les deux joueurs-phares de la fin des années 80... Cette demi-finale de l'édition 1989 est un pur bonbon, au point même qu'on peut se demander si ce n'est pas le meilleur match jamais joué par les deux hommes. A Roland, donc. Un comble quand même !

Après avoir remporté les deux premières manches, Stefan Edberg commence à se faire de plus en plus régulièrement transpercer par les passings de Boris Becker qui n'est pas loin de son apogée et dont le tennis "total" s'adapte un peu mieux, en tout cas ce jour-là, à la terre battue. Avec Agassi, l'Allemand est le seul, à cette époque, à être capable de retourner en avançant, côté revers, le service kické d'Edberg. C'est une arme précieuse, qui lui permet de neutraliser son rival.

Becker revient à 2 sets partout et breake d'entrée de 5e set. C'est alors que le match va se jouer sur un coup de dés. Dès le premier point du jeu suivant, Boris glisse sur un service-volée et se tord le pouce. Il tente de ne rien en montrer, obtient même plusieurs balles de 2-0, mais il n'est, à partir de là, plus le même. Le Suédois débreake immédiatement et c'est lui qui s'envole vers la victoire, synonyme de finale (sa seule) à Roland-Garros.

Ce sera face à Michael Chang. On sait ce qu'il est advenu. Un Becker au niveau des 3e et 4e set de cette demi-finale aurait-il été capable de mettre fin au conte de fées de l'Américain et de remporter finalement un titre dans sa carrière sur terre battue, le plus beau de tous ? Dieu seul le sait, et encore...

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