Le choix du 17 mars conforté le 17 juin

Trois mois, jour pour jour. Le 17 mars dernier, Bernard Giudicelli, président de la FFT, et Guy Forget, le directeur de Roland-Garros, annonçaient en prenant de court un peu tout le monde le report du Grand Chelem parisien à la fin de l'été. Une décision controversée à l'époque mais l'annonce ce mercredi des nouveaux calendriers ATP et WTA conforte les deux hommes dans leur prise de risque. Sous réserve d'une nouvelle aggravation de la situation sanitaire d'ici là, qui remettrait évidemment tout en cause, Roland-Garros se tiendra bien au début de l'automne.

Roland-Garros
La jauge abaissée à 1000 spectateurs
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"L'évolution sanitaire nous donne pour le moment raison", a estimé mercredi Bernard Giudicelli, en soulignant que la concertation avec les autres acteurs du tennis était constante depuis le 17 mars. "Nous menons des discussions constructives et permanentes avec les instances que sont l'ATP, la WTA et l'ITF", a-t-il précisé. La date du 20 septembre, évoquée au mois de mars, a été repoussée d'une petite semaine puisque les Internationaux de France 2020 débuteront (pour les tableaux principaux) le dimanche 27 septembre.

Plutôt une bonne nouvelle finalement pour Roland-Garros, puisque cette semaine de battement supplémentaire va permettre l'organisation, chez les hommes, de deux Masters 1000 de préparation, à Madrid et Rome, plus le tournoi de Kitzbühel, qui se tiendra lui... pendant l'US Open. Il n'aurait pas été raisonnable d'envisager un Roland-Garros sans le moindre jeu sur terre battue au préalable. "En reportant Roland-Garros, nous voulions sauver le tournoi mais aussi la saison sur terre battue", a encore ajouté le patron de la FFT.

Guy Forget et Bernard Giudicelli.

Crédit: Getty Images

Un tournoi "complet" avec qualifications, doubles et juniors

C'était une des principales interrogations. Maintenir Roland-Garros oui, mais avec quelle amplitude ? Alors que l'US Open a annoncé la suppression des qualifications et des tableaux de doubles réduits, le tournoi parisien envisage un évènement presque au complet. "Les qualifications font partie intégrante de Roland-Garros et c'était une priorité pour nous, explique Guy Forget. Cette catégorie de joueurs et de joueuses est particulièrement touchée en ce moment et il était important pour nous de les soutenir." Seule incertitude, le nombre de joueurs et de joueuses engagés dans ces qualifications. Les tableaux pourraient être légèrement réduits, à 96 entrées.

Par ailleurs, les tournois juniors, garçons et filles, devraient également être maintenus, tout comme la compétition en fauteuil. La question se pose en revanche encore pour le tournoi des Légendes, qui regroupent d'anciennes gloires du circuit. "Il y aura peut-être un choix à faire à ce niveau-là, mais cela ne nous semble pas être la priorité", rapporte Forget. Le "prize money" complet, lui, sera révélé six à huit semaines avant le tournoi.

12 courts éclairés pour jouer le soir

En reportant le tournoi du cœur du printemps au début de l'automne, les organisateurs se retrouvent confrontés à la question de la différence des conditions de jeu. Fin mai – début juin, nous sommes dans les journées les plus longues. Quand le ciel est dégagé, il est alors possible de jouer quasiment jusqu'à 22 heures. Entre le 27 septembre et le 11 octobre, le coucher du soleil se situera aux alentours de 19h30 en début de quinzaine, de 19h à la fin.

La question se pose surtout pour la première semaine. Avec le toit sur le court Philippe-Chatrier, la question est réglée à compter des quarts de finale, puisque tous les matches se joueront sur le central à partir de ce stade de la compétition. Pour ce qui est des quatre premiers tours, la décision a été prise d'installer des projecteurs sur 12 courts, et non sur les quatre principaux comme prévu initialement. Le début des matches sera lui maintenu à 11 heures le matin.

Le stade de Roland-Garros étant situé en zone urbaine, avec des riverains, il n'est pas envisagé (ni envisageable) de jouer jusqu'à deux ou trois heures du matin comme à Melbourne. "Mais avec les projecteurs sur les 12 courts, juge Guy Forget, nous devrions pouvoir finir entre 21h30 et 22 heures, c'est ce qu'on espère."

Le huis clos "absolument écarté"

C'était l'autre grande question et ce sera l'autre différence majeure avec l'US Open. Il n'y aura pas de spectateurs à Flushing Meadows cette année. Le tournoi new-yorkais se déroulera intégralement à huis clos. Une hypothèse de travail aujourd'hui "absolument" écartée par Roland-Garros. "Vous pouvez l'interpréter comme ça, tout à fait", a assuré Bernard Giudicelli.

Reste à savoir si les tribunes seront pleines ou avec des limitations, par exemple autour de la barre des 5000 personnes, actuellement en vigueur pour cet été. "Nous travaillons encore avec les pouvoirs publics sur les modalités précises d'organisation du tournoi, confie le président de la fédération, un peu plus prudent. Nous avons plusieurs séquences de travail d'ici la fin du mois sur ce sujet avant d'être en capacité de décider quoi que ce soit pour la commercialisation des billets."

A priori, une décision pourrait être prise d'ici la fin du mois ou tout début juillet, afin de démarrer la mise en vente. Mais sauf catastrophe d'ici là, il y aura bien du public porte d'Auteuil pour cette édition 2020.

Quel public pour Roland-Garros en 2020 ?

Crédit: Getty Images

Bercy également maintenu

Paris est une des rares villes à accueillir deux grands événements tennistiques dans l'année. En 2020, ils seront rapprochés dans le calendrier comme ils ne l'ont jamais été. Roland-Garros s'achèvera donc le 11 octobre et le Masters 1000 dans l'est de la capitale doit débuter théoriquement deux semaines plus tard seulement. En l'état, la FFT n'a aucune intention de sacrifier son deuxième rendez-vous phare, qui attire "une clientèle et des partenaires différents", selon Bernard Giudicelli.

Le calendrier ATP au-delà de Roland-Garros reste encore à déterminer, notamment pour une éventuelle tournée asiatique menacée à la fois par l'éloignement et par les dernières nouvelles inquiétantes en Chine sur le front du Covid-19. Mais concernant Bercy, le tournoi serait bel et bien maintenu, et aux dates initiales. Interrogé sur le fait de savoir s'il avait été question de céder la semaine de Bercy dans le calendrier, Bernard Giudicelli a apporté une réponse limpide : "Jamais de la vie."

Le court central de Paris-Bercy en 2018

Crédit: Getty Images

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