L'avantage avec Daniil Medvedev, c'est qu'il est entier. Et qu'il ne fait rien, ne dit rien à moitié. Avec lui, c'est tout ou rien. Jusqu'au coup d’envoi de ces Internationaux de France, sur l'ocre parisien, c'était le néant absolu. 4 participations, 4 éliminations au premier tour et le sentiment qu'entre lui et cette surface exigeante, il n'y aurait jamais de mariage. "Vous aimez être dans la poussière comme un chien ?", avait-il même lâché à l'UTS il y a moins d'un mois. Mais les coups de foudre ont une faculté déconcertante : ils s'imposent à vous sans que vous ayez votre mot à dire.
Ce dimanche, Daniil Medvedev est un autre homme. Toujours aussi entier, certes. Mais plus aussi buté quant à son désamour chronique avec la surface orange. Alors qu'il passait un sérieux test en 8e de finale face à Cristian Garin, habitué et amoureux de terre battue, le Russe a montré un visage conquérant, autoritaire et franchement séduisant. "Franchement, il a été au-dessus dans les deux premiers sets", a même reconnu sa victime du jour. De quoi s'autoriser une offensive de charme auprès d'un public parisien déjà conquis.
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Objectif quarts en poche

Alors, est-ce le début d'une love story à Paris ? "Franchement, je l'espère, s'est-il marré en conférence de presse. On ne sait jamais mais je l'espère. J'espère pouvoir venir ici de nombreuses fois ici, faire de grands résultats, pourquoi pas gagner". Entier et donc ambitieux. Avant le tournoi, s’il ne faisait guère d’idées sur son hypothétique parcours, il avait cependant coché la case quart de finale comme résultat idéal. "Je serais alors aussi heureux que si j'avais gagné le tournoi", s’était-il amusé. Il y est. Et avec la manière. Alors, forcément, ça vous change un homme.
"C'est évidemment un sentiment bien meilleur que d’être éliminé au premier tour, rentrer chez soi le mardi comme ça m’est déjà arrivé deux ou trois fois quand je perdais le dimanche, a-t-il rembobiné. Ce n’était vraiment pas agréable. Donc j’espère que ça sera mieux d’année en année". N'a-t-il pas surjoué ce désamour avec l'ocre ? Faut-il encore le croire quand il estime que le gazon ne lui va pas non plus au teint ? "Je comprends votre question, a-t-il souri, l'œil complice. Mais quand j'ai dit ça, je suivais simplement mes résultats : j'avais un bilan de 0 victoire-4 défaites ici, j'avais perdu à Madrid, à Rome, à Hambourg. J’étais sur une réelle série de matches perdus sur terre donc c'était vrai".

Et maintenant, Tsitsipas…

Mais ça ne l'est plus. Cette métamorphose surprenante, il l’a sentie venir dès son premier entraînement. Ces fameuses conditions de jeu, ces balles Wilson et cette terre qui va à ravir à son tennis. "Ici, finalement, ça va vite, les rebonds sont rapides, et il faut jouer quasiment comme si c'était sur du dur, a-t-il expliqué à nouveau sur son inattendu temps-fort terrien. J'ai déjà dit aussi plusieurs fois que j'aime les balles ici. J'ai aussi appris que je peux bien me déplacer sur terre battue. Mais pour cela, il faut que je décoche des bons coups, parce que sans bons coups, les bons joueurs vous font bouger à droite et à gauche, et il est impossible de gagner les points. C'est ce qu'il s'est passé dans de nombreux tournois, plusieurs fois. Mais ici, à Paris, avec ces balles, avec ces conditions, j'arrive à sortir des coups qui ne permettent pas à l'adversaire de me contre-attaquer. C'est bien parce que je peux bien me déplacer sur terre battue. Voilà ce que j'ai appris".

Daniil Medvedev salue le public, ce dimanche à Roland : il est qualifié pour les quarts de finale du tournoi

Crédit: Imago

La leçon terrienne de Medvedev va désormais passer un autre crash-test, bien plus exigeant. Ce quart de final explosif face à Stefanos Tsitsipas, peut-être le plus sexy du tableau final, déterminera sans doute son approche pour les saisons de terre battue à venir. Car c’est un vrai client qui se présente, "un des meilleurs dans les Top 3, Top 4, avec Sascha, Novak et Rafa sur la terre battu", a-t-il constaté. Mais avant de penser à l'autre, la tête de série numéro 2 a tenu à penser à lui. Car la clé de ce quart, c'est peut-être lui qui la possède.
Alors, promis, mardi, sur le court, vous ne verrez pas la tête de cochon aperçue à l'UTS. Un coup de foudre, ça vous change un homme. "Comme je l'ai déjà dit, la vie est plus belle lorsqu'on est positif quoi qu'il arrive, que l'on ait gagné 20 Grands Chelems ou 0 Grands Chelems, a-t-il expliqué avec philosophie. Je crois que c'est plus facile de vivre lorsqu'on est positif. C'est ce que j'essaye de faire, autant que faire se peut". "Cela ne marche pas à tous les coups", a-t-il ajouté dans un sourire entendu. Mais pour l'instant, ça ressemble à la recette miracle.
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