Il n’a pas cherché à tourner autour du pot. "Je n'ai jamais connu de défaites comme ça, surtout ici à Roland-Garros", a-t-il admis rapidement, sans forcément chercher très loin dans ses souvenirs. Dominic Thiem a raison : à Paris, jamais il n’avait pris la porte au premier tour. Mieux, depuis 2016, l'Autrichien fut le plus régulier des outsiders, avec un quart de finale décevant (2020), deux demi-finales emballantes (2016-2017) mais surtout deux finales prometteuses, car synonyme de progrès systématiques (2018-2019).
Ce dimanche, Dominic n’avait rien du "Thieminator" que la Porte d’Auteuil s’était habitué à accueillir année après année. Renversé comme un bleu par le vétéran Pablo Andujar, au terme d’un combat inégal de 4h28 de jeu et cinq sets accrochés (4-6, 5-7, 6-3, 6-4, 6-4), le numéro 4 mondial était tout simplement à côté de ses pompes. Une constante depuis plusieurs semaines, où sa préparation pour Roland-Garros ne se sera jamais passée comme prévue. A Lyon, déjà, il s’était inquiété de sa situation. A Paris, il n’a pas voulu se bercer d’illusions.
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"Je n’avais pas du tout perdu ma motivation, a-t-il expliqué en réponse à une première question. Mon jeu n’était simplement pas là aujourd’hui. Tous mes coups manquaient de puissance, n’étaient pas assez précis, je n’ai pas bougé suffisamment donc tout mon jeu s’est déréglé." Lucide, Thiem sait qu’il ne méritait pas forcément mieux, même après deux premiers sets remportés sans forcément impressionner.

Le "désastre" du retour sur la balle de break

Alors, une simple thèse du jour sans ? Non, le mal de Thiem est bien plus profond et il ne s’en est pas caché. "Honnêtement, je ne sais pas pourquoi j’ai ce niveau, a-t-il admis, désarmant de sincérité. Je suis revenu sur les courts il y a deux mois désormais, je me suis super bien entraîné, avec une intensité réelle. Mes coups étaient là à l’entraînement et j’ai senti une progression à Madrid et Rome. Mais à Lyon et ici, ce n’était pas le réel moi, je dirais. Ou en tout cas pas la version capable de gagner de grands titres".

Dominic Thiem dépité lors de son 1er tour à Roland-Garros (2021)

Crédit: Getty Images

Sur courant alternatif dans son match, Thiem a pourtant tout tenté pour aller à la bagarre. A l’expérience, mue par un réflexe de survie digne des plus grands, il est allé se procurer une balle de break à 2-2 dans la dernière manche qui aurait grandement facilité sa mission. Ratée. "Dans ce genre de matches, il y a toujours des petites chances pour revenir, a-t-il analysé. Mais je ne jouais pas assez bien pour m’échapper au score ou pour faire pencher le match de mon côté dans ce 5e set. Si vous avez une balle de break dans la dernière manche et que vous ratez un retour sur second service, on peut parler de désastre, non ?". La question n’appelait pas de réponse, évidemment.
C’est bien tout le problème de Thiem actuellement. Le syndrome Noah semble connaître une résurgence aiguë dans son cas. Quand vous êtes montés si haut pour atteindre votre but, remporter un titre majeur, il peut vous arriver de connaître un sacré vertige une fois celui-ci atteint quand il s’agit de se retourner sur l’ascension passée. "C’est quelque chose d’incroyable d’atteindre ce genre d’objectifs mais, dans le même temps, tout est complètement différent après coup."

"Regardez Novak en 2016"

Relancé sur les cas Sampras ou Wilander, eux aussi dans le dur après la conquête de leur Graal respectifs (US Open pour l’Américain, place de numéro 1 pour le Suédois), Thiem a voulu être optimiste quant au chemin qu’il veut suivre, en s’inspirant des trajectoires des deux mythes. "Oui, c’est mon but et je suis sûr que Sampras et Wilander ne sont pas les seuls, a-t-il avancé. Regardez Novak Djokovic, même si c’est à un autre niveau que le mien, son titre ici en 2016 a aussi provoqué beaucoup de turbulences."
Alors, Thiem n’a pas d’autres solutions miracles que d’attendre que la confiance revienne, petit à petit. Que son statut redevienne une force plutôt qu’une faiblesse et que les choses finissent par rentrer dans l’ordre. "C’est un processus d’apprentissage et malgré la défaite, aussi douloureuse soit-elle, j’espère toujours pouvoir revenir plus fort, a-t-il expliqué. Actuellement, je ne sais juste pas quand…"

Dominic Thiem à Roland-Garros (2021)

Crédit: Getty Images

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