Celle-là, ils s'en souviendront. Pour le fond et pour la forme. Mine de rien, Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert commençaient à se demander s'ils retrouveraient un jour le goût si particulier d'une victoire en Grand Chelem. Mine de rien, leur dernier sacre majeur commençait à dater : Open d'Australie 2019. Deux ans et demi. Dernière finale : Wimbledon, la même année. Depuis , la paire de double emblématique du tennis français n'avait plus franchi le cap des quarts de finale. Alors, ce deuxième triomphe parisien leur fait un bien fou.
"Ces derniers temps, on n'arrivait pas à battre les équipes fortes, admet Nicolas Mahut. On s'est posé des questions. On est arrivés ici avec un petit peu de doutes. Chaque match était une épreuve, et à chaque match, on a répondu de manière incroyable." Dans ce tournoi, c'est vrai, rien n'a été simple pour eux, au point que l'Angevin dit qu'ils n'ont "jamais gagné un tournoi en étant en difficulté comme ça". Ils ont sans doute été plus dominateurs par le passé, mais leur refus d'abdiquer, notamment en demi-finale, où ils ont dû sauver trois balles de match, ou lors de la finale contre Bublik et Glub, qui ont servir pour le match, ils ont réussi à passer, même dans un trou de souris.
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Le public, ce moteur

Peut-être n'avaient-ils jamais à ce point formé une équipe. "On s'est regardé dans les yeux et dans nos regards, il y avait quelque chose de très fort, peut-être encore plus que par le passé, dit à ce sujet Mahut. Je crois qu'on a encore appris des choses sur nous pendant ces 15 jours. Ça va nous redonner de la confiance. On savait qu'on était capables de gagner des tournois, parce qu'on en avait gagné plein. Des grands titres aussi. Cela faisait un moment qu'on n'en avait pas. Entre se dire qu'on peut le faire et le faire, il y a un décalage et c'est vraiment pas du tout la même chose."
Mais s'ils se sont portés mutuellement, ils l'ont aussi été par l'environnement. Le retour du public a tout changé pour eux. Sans la foule, brûlante sur le court Simonne-Mathieu notamment jeudi lors de la demi-finale, ils ne seraient sans doute pas allés au bout. "J'ai vraiment le sentiment que l'on a été accompagné, du début jusqu'à la fin, reconnaît Herbert. Ces deux semaines ont été différentes de tout ce que j'ai pu vivre par le passé en tant que joueur de tennis." "Le fait d'avoir ce public-là, c'est... On avait des frissons en permanence", confirme Nico Mahut en cherchant ses mots. Mais l'idée est claire.

Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut

Crédit: Eurosport

C'est un peu les nerfs qui lâchent, cette vague d'émotions qui nous submerge
Le public, Mahut et Herbert en ont aussi bien eu besoin dans cette finale où, là encore, leur vie a été compliquée. Le mérite en revient à leurs adversaires, mais aussi à leurs propres limites du jour, comme en convient l'aîné des deux : "C'était un match compliqué pour nous, cela n'a pas été notre meilleur match en termes de niveau de jeu, mais on s’est accroché, on voulait vraiment offrir cette victoire aussi au public." "Cette énergie que l'on nous donne, reprend Pierre-Hugues Herbert, il faut qu'on la transforme en quelque chose de positif. C'est très dur à faire sur un terrain. On est sur cette finale. On est arrivés avec toutes les meilleures intentions du monde. On a voulu faire que de bonnes choses, redonner au public ce qu'il nous transmet, mais c'était différent."
Voilà pourquoi la décharge émotionnelle a été si forte à la fin du match pour les deux compères. "C'est vrai que c'était fort, très chargé, admet Mahut. J'ai eu du mal personnellement à me contenir. À la fin, effectivement, c'est un peu les nerfs qui lâchent, cette vague d'émotions qui nous submerge. C'est très difficile de la contenir, parce que ce n'est que du bonheur et en même temps, on sait que c'est éphémère. Cela dure très peu de temps ce sentiment où on a l'impression qu'il ne peut rien nous arriver. C'est un mélange de bonheur, un mélange de soulagement aussi, parce que cela a été difficile." "En fait, je crois très sincèrement, qu'on est tous en général à fleur de peau avec tout ce qui s'est passé depuis un an et demi", conclut P2H. Mais que ces retrouvailles valaient le coup...
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