C’est une réponse au bazooka. Et un avertissement de taille pour Naomi Osaka. Ce dimanche, dans un communiqué conjoint, les quatre tournois du Grand Chelem ont mis en garde la Japonaise quant à son choix de boycotter les conférences de presse, pour préserver la "santé mentale des athlètes". Et la sanction potentielle a de quoi faire reculer la tête de série numéro 2 : "Nous avons informé Naomi Osaka que, dans l’hypothèse où elle continuerait à manquer à ses obligations médiatiques, elle s’exposerait à de nouvelles sanctions. Des infractions à répétition pourraient engendrer des sanctions plus sévères, y compris l’exclusion du tournoi", est-il ainsi précisé.
Si Guy Forget ou Gilles Moretton s’étaient déjà élevés contre le choix de la Japonaise, on attendait encore une réponse claire du tournoi. Elle ne s’est pas faite attendre. Qualifiée pour le 2e tour après sa victoire inaugurale sur le Central, Osaka a tenu parole et ne s’est pas présentée en conférence de presse. "Naomi Osaka a décidé aujourd’hui de ne pas se conformer à ses obligations médiatiques contractuelles, détaille le communiqué. Le juge-arbitre de Roland-Garros a donc décidé de lui appliquer une amende de 15 000 $ conformément à l’article III H. du Code de conduite".
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Mais ce n'est pas tout. L'intention des quatre tournois était clair : mettre la pression sur tous ceux qui pourraient être tentés de faire de même, dès Osaka lors du prochain tour. Et répondre d’une même voix à une problématique qui pourrait se poser pour tous. Un nouveau boycott de la Japonaise pourrait même provoquer "le déclenchement d’une enquête pour faute grave, qui pourrait mener à des amendes plus lourdes et des suspensions pour les Grands Chelems à venir".

Naomi Osaka face à Patricia Maria Tig au premier tour de Roland-Garros 2021

Crédit: Getty Images

Les Majeurs ont tenté de joindre Osaka, sans succès...

Dans ce communiqué conjoint, les quatre tournois insistent sur la volonté de traiter la question psychologique, assistés par les retours des joueurs et joueuses du circuit. C’est sans doute là que le bas blesse pour Osaka. Car la dernière phrase du texte ne laisse que peu de place au doute quant à la position de la Japonaise dans l’affaire. "Tous les tournois du Grand Chelem demeurent engagés à poursuivre des discussions en vue d’améliorer chaque aspect de l’expérience des joueurs, y compris dans le cadre des relations avec les médias, est-il ainsi écrit. Mais nous considérons que ceci n’est possible qu’à travers des discussions respectueuses et constructives".
Face à ce coup de pression grandeur nature, Osaka n’a pas encore répondu. Une chose est sûre : si Osaka voulait sauter les conférences de presse pour s’assurer une tranquillité mentale, sa décision risque de se retourner contre elle. Car, désormais, fatalement, chacune de ses prises de paroles sera scrutée à la loupe. En salle de presse. Ou ailleurs ?
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