Diego Schwartzman a souri, mais derrière la plaisanterie se nichait sans doute le véritable fond de sa pensée. Interrogé sur un potentiel quart de finale contre Rafael Nadal lundi après sa victoire contre Jan-Lennard Struff, alors que l'Espagnol n'avait pas encore entamé sa rencontre face à Jannik Sinner, l'Argentin avait émis un souhait : "Rafa doit déjà battre Jannik. Et s'il gagne, j'espère que Sinner le fera bien courir !"
Un vœu pieux. Rafael Nadal n'a eu besoin que de trois sets pour écarter le jeune Italien et il est peu probable qu'il conserve la moindre séquelle de ce match. Diego ne pourra donc compter que sur lui-même. Il sait ce qui l'attend. Interviewé sur le court Suzanne-Lenglen après son huitième de finale, il avait, déjà, ironisé. "Je suis très content d'être de retour en quarts de finale à Roland-Garros. Un peu moins content d'y retrouver, peut-être, Rafa."
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Diego Schwartzman Rafael Nadal

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Le souvenir de 2018

"El Peque" en a soupé de Nadal, d'une manière générale et à Roland-Garros en particulier. Ce sera leur troisième duel en quatre ans sur les courts de la porte d'Auteuil. Nadal a évidemment remporté les deux duels, en quart de finale en 2018, puis en demie deux ans plus tard. Mais autant l'an passé, il n'avait eu besoin que de trois sets (malgré une alerte dans le troisième), autant en 2018, Schwartzman avait bluffé son monde pendant un set et demi.
Sous la grisaille, sur une terre lourde et des balles à l'unisson, il avait mené 6-4, 3-2, service à suivre. Une esquisse d'exploit historique, vite rangée au placard par la pluie, qui avait renvoyé les deux acteurs aux vestiaires jusqu'au lendemain. Là, au sec, sous le soleil, Nadal était redevenu lui-même pour s'imposer finalement assez tranquillement en quatre manches. "Je n'ai pas été proche de la victoire. Je lui ai compliqué la vie", avait-il alors résumé, bien conscient du monde qui sépare ces deux phrases.
Battre Rafael Nadal sur terre en trois sets gagnants s'apparente à une sorte d'Everest tennistique, mais l'Argentin en est convaincu, le préalable est de se persuader qu'il est possible de le battre. C'est loin de suffire, mais c'est indispensable. Et, si possible, en faisant abstraction du contexte terrien et parisien. "Au début de chaque match contre Rafa, explique-t-il, vous devez entrer sur le court en pensant à gagner le match, à chaque opportunité que vous allez vous procurer, à votre tactique, à votre propre jeu." Il va même plus loin :
"Il faut oublier que c'est Rafa de l'autre côté du filet. Il faut penser à autre chose que 'C'est Rafa à Roland-Garros'. Si vous commencez à vous dire que vous allez devoir batailler quatre ou cinq heures, si vous pensez à tout ce qu'il représente ici, c'est trop difficile."

Diego Schwartzman voit toujours la vie en rose à Roland

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Physiquement, c'est très dur. Mentalement, c'est très dur
Tout en sachant pertinemment à quel point la tâche est complexe, le protégé de Juan Ignacio Chela ne veut donc surtout pas se présenter sur le Central en victime résignée. Il s'est hissé en quarts, il s'est donné une autre chance de défier le maître des lieux. Voilà son approche. "On a joué deux bons matches ici, rappelle-t-il. Affronter Rafa dans ce genre de tournois, c'est le meilleur moyen de s'étalonner, de savoir à quel point on joue bien. C'est toujours un super challenge. Puis je l'ai déjà battu une fois."
Vrai. Et sur terre battue, qui plus est. C'était à Rome, en septembre dernier, juste avant Roland-Garros. Un succès sans bavure (6-2, 7-5), mais qui ne l'avait toutefois pas empêché d'être submergé trois semaines plus tard à Paris. Une fois encore, le fossé qui sépare le format trois sets du format cinq sets avait asséné sa vérité.

Avec des courses à n'en plus finir et de jolis coups, Schwartzman a fait tomber Nadal

"Jouer Djokovic, Federer ou Rafa en trois sets gagnants, c'est très différent, avait alors consenti Diego Schwartzman. Tu sais que tu dois jouer ton meilleur tennis pendant trois, quatre, cinq heures. Ce n'est pas facile. Pas facile du tout. Physiquement, c'est très dur. Mentalement, c'est très dur." Voilà pourquoi la meilleure chose à faire est de ne pas trop penser à tout ça. Même si, ça aussi, c'est loin d'être simple.
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