Carla Suarez Navarro – Sloane Stephens

1er tour, simple dames
Honneur aux dames, et la galanterie n’a rien à voir avec ce choix. Et une fois n’est pas coutume, l’enjeu sportif passe aussi au second plan. Ce 1er tour entre Carla Suarez Navarro et Sloane Stephens attirera beaucoup de regards parce qu’il symbolisera une grande victoire. Celle de l’Espagnole de 32 ans sur un cancer du système lymphatique (lymphome de Hodgkin) qui lui avait été diagnostiqué en septembre dernier. A peine 9 mois après, la voilà donc guérie et d’attaque pour une 12e et dernière participation à Roland-Garros où elle a atteint deux fois les quarts de finale (2008 et 2014).
Roland-Garros
Même Nadal et Tsitsipas n'ont pas tenu : Comment Djokovic a tué physiquement la concurrence
15/06/2021 À 14:11
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Sur une terre battue qu’elle adore comme la plupart de ses compatriotes, Suarez Navarro lancera donc sa tournée d’adieux (elle espère jouer les Jeux Olympiques et prendre sa retraite sportive après l’US Open) contre une ancienne championne en Grand Chelem (US Open 2017) et finaliste à Paris (2018), Sloane Stephens. Bien que loin de ces références, l’Américaine a repris un peu de poil de la bête avec une demi-finale à Parme dernièrement. Ce match sera l’occasion de revoir le superbe revers à une main de l’Espagnole et devrait être chargé en émotions.

Hugo Gaston – Richard Gasquet

1er tour, simple messieurs
Nous pouvons nous réjouir : c’est sûr, il y aura au moins un Français au 2e tour de Roland-Garros. Au-delà de la boutade au goût douteux, ce choc 100 % tricolore peut lancer la quinzaine sur de très bons rails. Coqueluche de l’édition précédente du tournoi, Hugo Gaston s’est fait de sacrés souvenirs sur la terre parisienne en jouant les huitièmes de finale pour sa première participation au grand tableau, un stade de la compétition que Richard Gasquet a, lui, atteint à cinq reprises (2011, 2012, 2013, 2015 et 2016).
Originaires tous deux du sud de la France, ils n’ont jamais croisé le fer précédemment sur le circuit. Ce duel de générations – l’un a 20 ans, l’autre presque 35 – devrait plaire aux amoureux de tennis. Face à Stan Wawrinka et Dominic Thiem, Gaston a montré l’automne dernier qu’il savait tout faire avec la balle, que son toucher et son sens tactique étaient remarquables. Quant à Gasquet, même s’il doit faire avec une condition physique souvent précaire, il a confirmé à Lyon et Parme qu’il avait de sacrés restes. Une place au 2e tour face à Rafael Nadal (selon toute vraisemblance) est en jeu. Alors Messieurs, épatez-nous donc !

Gaston, à un cheveu de l'exploit : le résumé de son formidable bras de fer face à Thiem

Daniil Medvedev – Alexander Bublik

1er tour, simple messieurs
Daniil Medvedev gagnera-t-il enfin un match à Roland-Garros ? Malgré son statut de numéro 2 mondial, rien n’est moins sûr. Non seulement parce qu’il a encore été sorti d’entrée à Rome et qu’il ne compte qu’une victoire à Madrid sur Alejandro Davidovich Fokina, mais aussi et surtout parce que le tirage au sort ne l'a pas gâté. Le fantasque et talentueux Alexander Bublik lui fera face, lui qui compte notamment un quart de finale dans la Caja Magica à son actif dernièrement.
Les deux hommes n’ont plus joué l’un face à l’autre sur le circuit depuis cinq ans (victoire en dur indoor de Medvedev 6-4, 6-0 à Saint-Pétersbourg à l’époque). Ces derniers jours, ils ont tous les deux participé à l’UTS 4, l’exhibition de Patrick Mouratoglou, sans se faire face sur le court. Une chose semble certaine : Bublik ne devrait pas donner le rythme nécessaire à Medvedev pour se régler à l’échange. Connaissant les excentricités du premier et le caractère volcanique du second, cette partie pourrait être sacrément divertissante.

Jeu en contre, temps passé : Pourquoi Medvedev n'y arrive pas sur terre battue

Roger Federer – Marin Cilic

2e tour, simple messieurs
Ce fut l’affiche des finales de Wimbledon 2017 et de l’Open d’Australie 2018, ils pourraient donc cette fois se retrouver au 2e tour. Roger Federer et Marin Cilic sont actuellement loin des sommets qu’ils côtoyaient lors de leurs derniers duels, et ce pour des raisons différentes. Si le Suisse n’a joué que 3 matches en 17 mois à cause de sa double opération du genou droit, le Croate, lui, navigue autour de la 40e place mondiale depuis un an et demi sans parvenir à retrouver son meilleur niveau. Autre point commun : ils ont partagé récemment une séance d’entraînement à Genève avant de se faire éliminer tous les deux dès leur entrée en lice en Suisse.
Avant de potentiellement croiser le fer, Federer et Cilic devront respectivement se débarrasser d’un qualifié (qui sera donc en confiance avec déjà trois victoires sur la terre parisienne) et d’Arthur Rinderknech qui reste sur un excellent tournoi de Lyon. Autant dire que ce n’est pas gagné pour deux joueurs qui manquent cruellement de références. Mais ce choc précoce entre deux champions en Grand Chelem vaudrait certainement le coup d’œil. En 10 confrontations, le Bâlois s’est imposé 9 fois, Cilic s’octroyant sa seule victoire voici sept ans sur la route de son titre à l’US Open.

"Federer ne vient pas à Paris pour une seule semaine"

Corentin Moutet – Daniel Evans

2e tour, simple messieurs
Ils se sont déjà croisés deux fois et ceux qui ont assisté à ces matches ne risquent pas de les oublier. D’abord à l’US Open l’été dernier, puis à Barcelone il y a quelques semaines, Corentin Moutet et Daniel Evans ont livré de farouches batailles avec de nombreux renversements de situation. Les deux hommes pourraient se retrouver s’ils parviennent à se défaire respectivement des Serbes Laslo Djere et Miomir Kecmanovic. En Catalogne, des amorties, des slices, des volées et des passings gagnants avaient émaillé leur affrontement, pour le plus grand plaisir des quelques spectateurs dont Benoît Paire.
Des noms d’oiseaux et des provocations avaient également été échangées. "C’est le pire mec du circuit. Pas fair-play alors qu’il se fait suspendre pour drogue", s’était notamment emporté Moutet. S’il y a un troisième duel entre le Français et le Britannique, il promet donc d’être bouillant et le public français pourrait bien se laisser prendre au jeu. Car en plus de cette guerre psychologique annoncée, Evans, qui a pris confiance cette saison sur terre battue (il a battu Novak Djokovic sur le chemin de sa demi-finale à Monte-Carlo), et Moutet, qui a gagné dernièrement l’UTS 4 (exhibition), savent tout faire techniquement.

Brouilles, point spectaculaire, service à la cuillère...: Moutet - Evans, c'était complètement fou !

Caroline Garcia – Kiki Bertens

2e tour, simple dames
Voici trois ans, il aurait pu s’agir d’un quart de finale de Grand Chelem. Caroline Garcia et Kiki Bertens faisaient alors toutes les deux partie du Top 10. Mais depuis, si la Néerlandaise a légèrement reculé – elle est désormais 17e –, la Française est, quant à elle, carrément sortie du Top 50 (57e). Et elles n’abordent par Roland-Garros dans les meilleures conditions : on n’a plus revu Bertens depuis un 2e tour perdu à Madrid et Garcia n’a pas réussi à passer les huitièmes de finale à Strasbourg.
Rien ne dit qu’elles franchiront donc les obstacles Polona Hercog et Laura Siegemund au 1er tour. Mais si c’est le cas, la Lyonnaise aura une bonne occasion de réaliser une belle perf’ contre une joueuse qu’elle n’a jamais battue en trois confrontations (la dernière remonte à une demi-finale à Madrid en 2018). Quelques semaines après avoir annoncé que son père Louis-Paul n’était plus son coach, ce choc précoce dans le tournoi pourrait marquer le début d’une nouvelle ère dans la carrière de Garcia.

Caroline Garcia à Parme en 2021

Crédit: Imago

Rafael Nadal – Lorenzo Sonego

3e tour, simple messieurs
A ce stade de la compétition, nous entrons dans le domaine du souhait et des supputations. Quoique… Lorsqu’il s’agit de Rafael Nadal à Roland-Garros, une projection de ce type n’est pas vraiment risquée. Sauf accident, le quadruple tenant du titre et 13 fois champion à Paris sera bien au rendez-vous du 3e tour, après avoir disposé d’Alexei Popyrin, puis d’un Français au 2e tour, soit Richard Gasquet, soit Hugo Gaston. Il pourrait alors croiser la route d’un joueur en pleine progression : Lorenzo Sonego, désormais membre du Top 30 (28e et tête de série numéro 26).
Si le match a lieu – Sonego jouera Lloyd Harris puis vraisemblablement Cameron Norrie auparavant –, ce serait peut-être un premier test intéressant pour le Majorquin. A Rome devant son public, l’Italien a ainsi fait des merveilles. Non seulement il a poussé Novak Djokovic au 3e set pour sa première demi-finale en Masters 1000, mais il a aussi fait tomber deux membres du Top 10 lors de son épopée : Dominic Thiem puis Andrey Rublev. Sonego ne ferait vraisemblablement pas de complexes, même s’il affronte une légende qui a désormais sa statue Porte d’Auteuil, et devrait se battre jusqu’au bout. De quoi peut-être forcer Nadal à sortir le grand jeu plus tôt que prévu.

Porté par la foule, Sonego a fait vaciller Djokovic : leur passe d’armes en vidéo

Gaël Monfils – Jannik Sinner

3e tour, simple messieurs
Dans le contexte actuel empreint d’une morosité justifiée, le pari est pour le moins osé. Voir Gaël Monfils au 3e tour de Roland-Garros alors qu’il n’a gagné qu’un tout petit match à Lyon en un peu plus de 15 mois, c’est sans doute faire preuve d’un optimisme quelque peu naïf. Pour y parvenir, il devra vraisemblablement sortir vivant de deux combats contre des terriens espagnols : Albert Ramos Vinolas et Roberto Carballes Baena (potentiellement au 2e tour) qui vient d’ailleurs de battre le Français à Belgrade. Mais avec le soutien du public, certes restreint, et au meilleur des cinq sets, il se pourrait que le loustic reconstruise une partie de sa confiance envolée.
Dans cette hypothèse positive, un beau duel pourrait l’attendre face à Jannik Sinner. Le jeune Italien, qui croisera d’abord Pierre-Hugues Herbert, est très attendu à Roland-Garros après son quart de finale de l’an dernier. Demi-finaliste à Barcelone et perdant valeureux face à Nadal à Rome, il a continué sa progression et intégré le Top 20 mondial à 19 ans. Les deux joueurs sont à égalité 1-1 dans leurs duels sur le circuit, mais ne se sont jamais affrontés sur terre battue. Si le match a lieu, Monfils, fort de ses deux victoires précédentes, aura vraisemblablement plus de choses à montrer sur le court et opposera notamment sa couverture de terrain à la puissance adverse. La perspective nous plaît bien.

Gaël Monfils

Crédit: Getty Images

Fiona Ferro – Cori Gauff

3e tour, simple dames
Si on est optimiste pour Gaël Monfils, pourquoi ne pas l’être pour Fiona Ferro ? Ce serait d’ailleurs plus logique de croire à un beau parcours de celle qui s’est qualifiée, comme Caroline Garcia, pour la seconde semaine de l’édition 2020. Numéro 1 tricolore à la 51e place mondiale, elle n’a toutefois pas fait le début de saison qu’elle espérait, souvent gênée physiquement. D’ailleurs, elle n’a plus été vue sur un court en compétition depuis la mi-avril à Istanbul où elle avait abandonné en quart de finale à cause d’une blessure aux abdominaux. Si elle gagne face à une qualifiée pour son entrée en lice Porte d’Auteuil, il lui faudra vraisemblablement défier Jennifer Brady au 2e tour, ce qui s’annonce difficile.
Et en cas de nouvelle victoire, une autre Américaine pourrait lui être proposée : Cori Gauff. A 17 ans, le prodige US ne cesse de progresser. Déjà 25e mondiale, celle qui avait enflammé Wimbledon en 2019 vient d’enchaîner une demi-finale à Rome et un titre – le deuxième de sa très jeune carrière – à Parme. Autant dire qu’elle débarque à Paris gonflée à bloc. Gauff et Ferro n’ont pas encore croisé le fer sur le circuit, les voir le faire en Grand Chelem devant le public français en fin de première semaine serait une aubaine pour le tournoi. Et surtout très enthousiasmant tennistiquement parlant.

Un grand combat pour une grande première : Ferro, c'est tout bon

Serena Williams – Angelique Kerber

3e tour, simple dames
A l’instar d’un hypothétique Federer-Cilic (voir plus haut), le tableau féminin pourrait aussi mettre en scène assez tôt deux protagonistes qui ont partagé plusieurs finales de Grand Chelem (Open d’Australie 2016, Wimbledon 2016 et 2018). Serena Williams et Angelique Kerber ont ainsi potentiellement rendez-vous au 3e tour pour un duel potentiellement nostalgique qui serait leur 10e affrontement (6-3 pour Serena). Mais l’Américaine et l’Allemande avaient été respectivement sorties au 2e et au 1er tour l’an passé, c’est dire si l’affaire est loin d’être conclue.
Serena n’a pas vraiment rassuré en préparation avec un match gagné seulement à Parme. Kerber a, elle, fait un peu mieux avec un huitième de finale à Rome, profitant du malheureux abandon de Simona Halep qui a déclaré forfait pour Roland dans la foulée. La terre battue n’est pas la tasse de thé de la gauchère allemande, malgré ses grandes qualités de contreuse bien adaptées au dur et au gazon. Elle compte néanmoins deux quarts de finale à Paris (2012 et 2018). Ce match serait d’ailleurs le premier sur ocre entre les deux rivales. Rien que pour cette curiosité, le clin d’œil à l’histoire du jeu serait le bienvenu.

Serena Williams à Rome en 2021

Crédit: Getty Images

Matteo Berrettini – Félix Auger-Aliassime

3e tour, simple messieurs
Indubitablement l’un des chocs de la première semaine... s'il a lieu. Sur la lancée d’une excellente préparation sur terre battue – victoire à Belgrade, finale à Madrid et huitième à Rome (battu par Stefanos Tsitsipas) –, Matteo Berrettini aurait tort de ne pas viser (au moins) la deuxième semaine qu’il atteindrait pour la première fois de sa carrière à Roland-Garros. Par deux fois déjà, il a vu son parcours s’arrêter au 3e tour, et cette année, il pourrait y défier Félix Auger-Aliassime pour un duel explosif, deux ans après leur seule confrontation sur le gazon de Stuttgart gagnée par l'Italien (6-4, 7-6).
Pour le jeune Canadien, dont la collaboration avec Toni Nadal a fait l’événement il y a quelques semaines, affronter Berrettini serait une très bonne nouvelle : cela voudrait dire qu’il a gagné deux matches sur la terre parisienne, ce qu’il n’a jamais fait. Battu en qualifications en 2018 et au 1er tour l’an dernier, il cherchera avant tout à débloquer son compteur contre un autre Italien, Andreas Seppi. En cas de duel, Berrettini et Auger-Aliassime devraient faire parler la poudre grâce à leur puissance naturelle au service et en coup droit. Le spectacle en vaudrait assurément la chandelle.

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