La pancarte était déjà lourde à porter. Elle n’a cessé de prendre du poids à mesure que les principales têtes de série du tournoi quittaient la Porte d’Auteuil. La favorite incontestable de Roland, c'était elle : Iga Swiatek, tenante du titre, diabolique sur sa préparation et franchement impressionnante depuis son arrivée à Paris. Et puis, le sort s’en est mêlé.
Ce mercredi, Justine Hénin, dernière reine à avoir conservé sa couronne, et deux fois de suite s’il vous plaît, se cherche toujours une héritière. Depuis le fantastique triplé de la Belge (2005, 2006, 2007), personne n’a réussi une telle prouesse. Pourtant, Swiatek avait la tête de l’emploi. Mais on ne change pas de dimension en un an sans heurts. Surtout à 20 ans. C’est ce qui ressort de ce quart de finale perdu qu’elle n’a jamais réussi à prendre par le bon bout.

Moins en jambes, moins sereine

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"Ça s’est vu, je n’ai pas joué mon meilleur tennis, a-t-elle avoué. Mais Maria (Sakkari, NDLR) a fait un super boulot en jouant sur mon coup droit, qui ne fonctionnait pas aujourd’hui. Bravo à elle d'avoir remarqué ça, elle a choisi la bonne tactique. Moi, j’ai eu beaucoup de mal à choisir mes zones, je n’ai jamais pu trouver les coups qui me rapportent des points habituellement. Mes coups n’étaient ni longs, ni profonds. C’est mon arme principale donc c’est compliqué de jouer sans ça".

Iga Swiatek

Crédit: Getty Images

Mais les raisons de sa défaite ne sont pas uniquement à chercher dans sa raquette. A 20 ans, Swiatek a subi le premier vrai contrecoup de sa jeune carrière. Logique et finalement rassurant tant son assurance mentale et physique des dernières semaines avaient impressionné tous les observateurs. "Je pense que toutes mes semaines passées m’ont rattrapée hier, a-t-elle avoué. Je n’ai pas eu de super journées, je n’ai pas pu bien récupérer parce que j’étais stressée".
Quand je ferme mes yeux, je vois uniquement un court et des balles
Son quart de finale s’est ainsi joué bien avant son entrée sur le Central. Tendue et pas dans un bon rythme physique, elle a aussi vu sa jambe droite la faire souffrir pendant le match, l’obligeant à une pause médicale au début du second set. "Je sais que ce n’est rien de sérieux, a-t-elle expliqué d’entrée. Mais en entrant sur le court, je me suis sentie complètement différente. Je n’ai pas bien dormi hier, seulement quelques heures. J’ai eu l’impression de ressentir les choses deux fois plus fort que d’habitude. Mais c’était compliqué d’expliquer ça rationnellement". Le bandage sur sa cuisse n’aura fait l’effet que d’un simple pansement, pas à même de la préserver du duel qui l’attendait.
Alors que les questions de santé mentale ont pris la Une de l’actualité tennis ces dernières semaines, la jeune Polonaise ressent aussi le besoin de couper. Rien de grave, simplement l’envie de déconnecter pour mieux revenir. "J’ai eu une saison très intense jusqu’à présent, a-t-elle rembobiné. J'ai joué beaucoup de tournois, beaucoup plus que l’année passée. Je suis ravie des résultats que j’ai eus mais j’ai systématiquement travaillé au fond. Donc on va essayer de se détendre un peu, de faire baisser la tension et de prendre un peu de recul. En ce moment, quand je ferme mes yeux, je vois uniquement un court et des balles, donc c’est plutôt usant".
Rien d’alarmant pour autant et c’est avec une philosophie de vieille briscarde qu’elle a choisi d’aborder cette défaite. "Des jours comme ça arrivent, c’est normal", a-t-elle avancé. Pas de doute, on la reverra très rapidement sur terre battue. Pas de doute, si elle continue sa progression, elle devrait encore être au rendez-vous l’an prochain. Avec une pancarte peut-être un peu moins lourde à porter…

Iga Swiatek

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