Malgré son silence, elle reste sous le feu des projecteurs. Les réactions s'enchaînent après le boycott annoncé de la presse par Naomi Osaka lors de la prochaine quinzaine de Roland-Garros (30 mai-13 juin). Après Guy Forget, le directeur du tournoi, Gilles Moretton, le président de la Fédération française de tennis (FFT), et la WTA, c'est au tour des autres stars du jeu de s'exprimer sur le sujet ce vendredi. Rafael Nadal, 13 fois champion et quadruple tenant du titre, et Ashleigh Barty, numéro 1 mondiale et titrée en 2019 à Paris, ont ouvert le bal du fameux "media day" d'avant-compétition, et ils ne se sont pas défilés.
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Pas question pour le Majorquin d'attaquer personnellement sa collègue japonaise, bien entendu. Mais après avoir dit respecter la décision de l'intéressée, il a clairement fait passer son message. "Je la comprends, mais d'un autre côté, pour moi, sans la presse, sans tous ces gens qui voyagent avec nous sur le circuit à travers le monde et écrivent sur nos accomplissements, nous ne serions pas les athlètes que nous sommes. Nous n'aurions pas cette reconnaissance et nous ne serions pas aussi populaires. Non ? Les médias sont très importants dans notre sport", a-t-il fait remarquer avec bon sens.

Barty : "La presse ? Pour moi, ça fait partie du job"

Une manière pour Nadal de mettre indirectement Osaka face à ses responsabilités. Une position d'ailleurs partagée par Ashleigh Barty. "Pour moi, échanger avec la presse, ça fait partie du job. Nous savons à quoi nous attendre quand nous devenons joueurs ou joueuses de tennis. (...) Parfois, les conférences de presse sont difficiles, c'est vrai, mais ce n'est pas quelque chose qui me dérange", a-t-elle expliqué. La numéro 1 mondiale a, par ailleurs, mis en relief le rapport très personnel que chaque sportif ou sportive pouvait construire avec les médias, et que certains pouvaient y être plus sensibles. C'est en ce sens qu'elle a expliqué "ne pas avoir à faire de commentaires" sur ce que ressentait Osaka.
Mais elle a réussi personnellement à dédramatiser l'exercice, jugé dangereux pour la santé mentale des athlètes par Osaka. "Ce que je dis, j'entends ou ce que vous (les journalistes, NDLR) me demandez pendant ces conférences de presse ne m'empêche pas de dormir la nuit. J’essaie de rendre l’exercice un petit peu plus léger et de m’amuser avec vous. Mais encore une fois, je ne peux pas m’avancer sur ce qu’elle traverse en ce moment, donc je suppose que vous lui demanderez la prochaine vois que vous aurez l’occasion de parler avec elle", a-t-elle conclu. Mais quand ce prochain rendez-vous médiatique avec la numéro 2 mondiale aura-t-il lieu ? C'est toute la question.

Pour Medvedev, les réseaux sociaux sont plus dangereux pour la santé mentale des joueurs

En attendant, Daniil Medvedev avait aussi un mot à dire sur le sujet, renversant d'une certaine manière la perspective. Si les joueuses et joueuses ont souvent moins envie de faire face aux médias après une défaite, l'exercice peut aussi faire du bien selon lui. "Parfois, j'arrive en conférence face à vous (les journalistes, NDLR) de mauvaise humeur, et je peux ressortir de cet échange en me sentant mieux", a-t-il estimé. Une manière de voir la conférence de presse comme une séance de psychothérapie suivant un mauvais match sur le court.
Le Russe a insisté sur le fait qu'il n'avait jamais eu vraiment de problème avec un journaliste qui l'aurait provoqué de manière déplacée. Pour lui, les réseaux sociaux sont d'ailleurs plus dangereux pour la santé mentale des athlètes. "Il y a beaucoup de haine sur les réseaux sociaux, surtout contre les joueurs de tennis, sûrement à cause des paris sportifs. Et honnêtement, je ne les utilise plus autant depuis que je suis devenu populaire", a-t-il confié. Loin de nier l'existence du sujet de l'équilibre psychologique des joueurs, Medvedev refuse ainsi de faire de la presse un bouc émissaire.
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